• Çağdaş Türkiye Semineri : 27/10/2011

    Erasmus Semineri "Çağdaş Türkiye"

    Düzenleyenler : Elise Massicard, Esra Atuk, Magali Boumaza
    27 Ekim 2011 Perşembe, saat 16:00’da, IFEA’da,
    Elise Massicard
     tarafından açılış seansı.
    Sunum dili Fransızca’dır.

  • Çalıştay Soyadı ve yönetim. Türkiye'de soyadının yerleşmesi ve neticeleri 15/04/2011

    Workshop: "Soyadı ve yönetim. Türkiye'de soyadının yerleşmesi ve neticeleri" 

    "Tanzimat’dan bugüne Türkiye’de yönetim ve idare tarzları " semineri kapsamında 

    15 Nisan Cuma 2011'de saat 09:00-18:00 arası 
    Katılımcılar: 
    Emmanuel Szurek, EHESS/ENS
    Marc Aymes, CNRS/CETOBaC
    Olivier Bouquet, Université de Nice Sophia Antipolis
    Christian Bromberger, Université de Provence
    Meltem Türköz, Işık Üniversitesi
    Élise Massicard, CNRS/IFEA
    Benoît Fliche, CNRS/IFEA
    Samim Akgönül, Université de Strasbourg

     

  • Çalıştay: Siyaset Bilimcinin Toplumdaki Duruşuna Çapraz Bakışlar : Fransa/Türkiye: 17/02/2012

    Çalıştay 
    Siyaset Bilimcinin Toplumdaki Duruşuna Çapraz Bakışlar : Fransa/Türkiye 
    17 Şubat Cuma 2012 
    IFEA’da
    {flv}17022012_intro-nora{/flv}
    Açılış konuşması - Nora Şeni
  • É. Massicard - La judiciarisation contrastée de la question alévie. De la Turquie à l’Europe

    Élise Massicard, "La judiciarisation contrastée de la question alévie. De la Turquie à l’Europe", Revue française de science politique 2014/4 (64), Paris 2014 pp.711-733 DOI:10.3917/rfsp.644.0711

  • E. Massicard - The Alevis in Turkey and Europe: Identity and Managing Territorial Diversity

    Élise Massicard, The Alevis in Turkey and Europe: Identity and Managing Territorial Diversity, Oxford, Routledge, 2012. 260p. ISBN 978-0-415-66796-8

    This book examines the development of identity politics amongst the Alevis in Europe and Turkey, which simultaneously provided the movement access to different resources and challenged its unity of action.

    While some argue that Aleviness is a religious phenomenon, and others claim it is a cultural or a political trend, this book analyzes the various strategies of claim-making and reconstructions of Aleviness as well as responses to the movement by various Turkish and German actors. Drawing on intensive fieldwork, Elise Massicard suggests that because of activists’ many different definitions of Aleviness, the movement is in this sense an "identity movement without an identity."

  • É. Massicard : Aleviler: Cumhuriyet Tarihyazımında Unutulmuş Özneler?

    Élise Massicard, "Aleviler: Cumhuriyet Tarihyazımında Unutulmuş Özneler?" in Bülent Bilmez (derl.) Cumhuriyet Tarihinin Tartışmalı konuları, Tarih Vakfi yayınları, 2013 p.140-150
  • É. Massicard : Democratization in Turkey? Insights from the Alevi Issue

    Élise Massicard, Democratization in Turkey? Insights from the Alevi Issue in C. Rodriguez, A. Avalos, H. Yılmaz, A. I. Planet (eds.) Turkey's Democratization Process [Routledge Studies in Middle Eastern Politics] Routledge, oct. 2013 ISBN 978-0-415-83696-8 p.
  • É. Massicard : Post-hérité. Un retour du patronyme en Turquie contemporaine ?

    Élise Massicard : Post-hérité. Un retour du patronyme en Turquie contemporaine ? in Politiques du nom : la réforme des noms propres en Turquie et ses enjeux, Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine 2013/2 60-2, p 87-105

    En ligne sur Cairn.info : http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RHMC_602_0087

  • É. Massicard : Quand le militantisme s’adapte au terrain

    Élise Massicard, Quand le militantisme s’adapte au terrain. Continuités et discontinuités dans les carrières militantes au sein du mouvement aléviste en Turquie et en Allemagne in Continuités et discontinuités dans le militantisme, Politix 2013/2 (N° 102) p.89-108
  • É. Massicard Le fonctionnaire inachevé ? La figure du maire de quartier (muhtar)

    Élise Massicard Le fonctionnaire inachevé ? La figure du maire de quartier (muhtar) in M. Aymes, B. Gourisse, É. Massicard (dir.), L'art de l'État en Turquie. Arrangements de l'action publique de la fin de l'Empire ottoman à nos jours, Paris, Karthala, 2014. p.259-292

  • É. Massicard, B. Fliche : Die Ulusoy-Familie in der republikanischen Türkei: Abstammungsgebundene religiöse Autorität und Versuche ihrer Transformation

    Élise Massicard, Benoît Fliche : "Die Ulusoy-Familie in der republikanischen Türkei: Abstammungsgebundene religiöse Autorität und Versuche ihrer Transformation" in Langer R., Aguiçenoglu H, Karolewski J., Motika R. (dirs) Ocak und Dedelik. Institutionen religiösen Spezialistentums bei den Aleviten, [Heidelberger Studien zur Geschichte und Kultur des modernen Vorderen Orients 36] PeterLang, Frankfurt am Main, 2013. 350p. ISBN 978-3-631-57676-2

  • É. Massicard, N. Watts (dir.) Negotiating Political Power in Turkey: Breaking up the Party

     

    Élise Massicard, Nicole Watts (dir.) Negotiating Political Power in Turkey: Breaking up the PartyRoutledge Studies in Middle Eastern Politics, Oxford, Routledge, 2012, 208p. ISBN 978-0-415-62518-0

    This edited collection looks at how political parties in Turkey actually work, inside and out. Departing from traditional macro-level analyses, the book offers a new sociological approach to the study of political parties, treating them as non-unitary entities composed of many different groups and individuals who both cooperate and compete with one another.
    The central proposition of the book is that parties must be studied as clusters of relationships in specific locales rather than as unitary ‘black boxes.’ This ground-up approach provides new insights into the internal workings of political parties; why parties gain and lose elections and other political resources; and the ways in which power is negotiated and exercised in Turkey and beyond.
    Chapters include studies of Islamic and Islamist parties from the 1970s to the present, ethnic Kurdish parties, center- and extreme right parties, and the far left, as well as independent candidates. The authors pay particular attention to relations – and the blurry boundaries-- between parties and civil society groups, religious associations, non-governmental organizations, ethnic and socio-economic groups, and state institutions, and to the variability of external and internal party politics in different geographies such as Adana, Mersin, and Diyarbakir.

  • Élise Massicard - État et religions en Turquie : 07/04/2011

    Séminaire "Turquie Contemporaine"
    Jeudi 7 avril à 16h30 à l'IFEA
    Élise Massicard
    (IFEA)
    État et religions en Turquie
    Intervention en français.

  • Élise Massicard - Türkiye'de Devlet ve dinler : 07/04/2011

    "Çağdaş Türkiye" Semineri
    7 Nisan Perşembe, saat 16:30'da, IFEA'da,
    Élise Massicard
     (IFEA)
    "Türkiye'de devlet ve dinler"
    Sunum dili Fransızca'dır.

  • Élise Massicard : Constructions identitaires territoires et réseaux : le cas des alévis de Turquie

    La problématique principale de ma recherche concerne la construction d'une identité collective alévie en Turquie et dans la migration turque en Europe depuis la fin des années 1980. La littérature théorique concernant les identités collectives est surtout consacrée au phénomène du nationalisme. Cependant, les études sur le nationalisme sont, dans une certaine mesure, généralisables aux processus de construction d'autres identités collectives, infranationales ou supranationales. Ce n'est que relativement récemment que le rôle de la distance et de la mobilité dans les phénomènes de construction d'identités collectives ont été soulignés. Ainsi, en 1983, Benedict Anderson met en évidence le fait que le sentiment national doit beaucoup à l'espace-temps créé par l'imprimé (la presse surtout) et à ce qu'il appelle la "sérialisation" (des statues aux cimetières militaires en passant par le recensement des populations) ; en outre, il se penche sur le rôle de "ceux de l'extérieur" ou de "ceux de la périphérie" dans l'apparition et l'articulation du nationalisme, approche qu'il approfondit dans un ouvrage plus récent avec la notion de "nationalisme à distance", par laquelle il souligne le rôle de l'exil (physique ou intérieur) dans la genèse du nationalisme .
    Dans cette perspective, nous travaillons sur l'hypothèse selon laquelle la territorialité, la mobilité et leurs recompositions sont centrales pour l'étude des phénomènes de construction identitaire. En ce qui concerne la question alévie, cette dimension semble d'autant plus incontournable que la mobilité est au cœur de la société alévie contemporaine. En effet, les dernières décennies ont marqué pour la société turque en général un bouleversement spatial et social. Or, l'exode rural entamé dans les années 1950 a touché la société alévie de manière disproportionnée, qui était jusque-là en grande majorité confinée dans des communautés rurales. Cet exode rural massif a entraîné une différenciation sociale rapide et la dissolution des communautés sur plusieurs espaces, dans une continuité village - bourg le plus proche - chef-lieu - métropole - étranger. Depuis lors, on assiste à une circulation importante entre ces différents espaces, dans la mesure où, comme dans la société turque en général, les migrations ne sont pas unidirectionnelles ni définitives. La notion de territoire circulatoire, territoire à la fois social et spatial qui fait sens pour les migrants et fait fi des frontières nationales, semble ici particulièrement pertinente. Or, cette dimension territoriale et migratoire est très peu intégrée dans les recherches concernant l'alévisme, qui oscillent entre monographies de village , études "orientalistes" sur la nature de l'alévisme comme système de croyance , et analyses du mouvement identitaire alévi dans ses dimensions discursives (par exemple, reconstructions de l'histoire alévie ) – ces deux derniers phénomènes étant accentués par les représentations essentialistes et a-historiques dont se nourrit le mouvement identitaire alévi contemporain. Pour réaliser un travail sociologique, il est donc impératif de rendre compte des pratiques et des constructions identitaires dans leurs dimensions sociales, et notamment de leur aspect spatial, territorial. Il s'agira d'étudier le rôle du territoire dans les constructions identitaires, c'est-à-dire de comprendre dans quelle mesure les constructions identitaires se concrétisent différemment sur différents espaces, et pourquoi.

    L'approche par un territoire d'origine

    Pour réintroduire la dimension spatiale dans cette problématique générale, j'ai tout d'abord choisi de travailler plus spécifiquement sur une région donnée et sur ses migrants, ce qui permet de reconstituer les trajectoires socio-spatiales (individuelles et familiales), ainsi que leur arrière-plan sociologique, dans le but de croiser parcours migratoires et trajectoires identitaires. Plusieurs critères ont guidé le choix de la région de Sivas (la seconde province de Turquie par sa taille, située à environ 500 km à l'est d'Ankara) : tout d'abord, il s'agit d'une région à peuplement mixte alévi-sunnite, mais aussi turc-kurde, où des constructions identitaires diverses ont vu le jour. En outre, il s'agit d'une province très politisée, investie de sens jusqu'au niveau national et utilisée comme symbole et référence par différents discours politiques et identitaires nationaux. Enfin, Sivas est une région qui a généré beaucoup de migrations, à la fois dans les métropoles turques et en Europe .
    Intégrer la dimension spatiale à une approche en termes de construction identitaire permet en premier lieu de prendre la mesure de la structuration socio-spatiale du réseau migratoire. En effet, la migration de Sivas, que ce soit vers les métropoles ou vers l'étranger, est constituée en très grande partie de migration en chaîne (qui n'est pas structurée partout de la même manière), qui a commencé dans les années 1950 et continue jusqu'à aujourd'hui. Il s'agit, en outre, d'une migration spontanée, qui n'est organisée ni par l'Etat, ni par le marché, d'où l'importance, dans la mobilité, de structures sociales comme la famille. Les réseaux sociaux (notamment familiaux et villageois) forment ainsi à la fois des vecteurs et des supports de la migration et de la mobilité . Nombre de ces groupes montrent une capacité certaine à fonctionner en réseau et à se perpétuer dans le temps tout en se dispersant dans l'espace. Ces groupes "infra-communautaires" (on ne peut pas parler, à ce niveau, d'un seul groupe alévi, mais plutôt d'une multiplicité de sous-groupes), forment pourtant le support des constructions identitaires.

    L'approche par les acteurs

    Ainsi, les formes de migration semblent structurer la constellation spatiale des migrants. Cependant, elles sont aussi structurées par les usages qu'en font les acteurs, notamment dans une perspective de construction identitaire. C'est là qu'intervient une seconde concrétisation méthodologique permettant de croiser une analyse des constructions identitaires et des recompositions territoriales : une approche par les acteurs. En effet, une approche en termes de construction d'identités collectives implique le repérage des acteurs privilégiés de ces constructions, des ressources qu'ils mobilisent, des stratégies qu'ils développent. Cette approche par les acteurs doit rendre compte, en l'occurrence, de la construction de stratégies sur plusieurs lieux. Dans cette perspective, un différentiel entre plusieurs lieux peut être utilisé comme atout, et ce, non seulement du point de vue économique (le fameux dicton afghan “ les contrebandiers ont besoin de frontières ”), mais aussi pour des stratégies ou des mobilisations politiques, religieuses ou identitaires. Cette conception de la territorialité et la mobilité comme ressource, qui correspond à une approche d’individualisme méthodologique, passe par la reconstitution de parcours migratoires individuels et leur mise en relation avec les trajectoires identitaires. Un exemple nous permettra d'illustrer notre propos :
    Hüseyin K. est né dans un village du nord de Sivas. Il descend d’un lignage de dignitaires religieux alévis, nommés dede – une charge héréditaire qui consistait, traditionnellement, à rendre visite à ses talip (laïcs rattachés par descendance) dans divers villages, y tenir des cérémonies religieuses, y régler les conflits et à entretenir et transmettre à ses descendants le monopole du savoir religieux. Hüseyin K. a parfois suivi son père dans ses pérégrinations de village en village, où il a acquis les rudiments du savoir alévi. Il n’a jamais lui-même dirigé de cérémonie. Mais il se considère également comme le descendant direct du saint fondateur de ce lignage – l’un des plus étendus et rayonnants d’Anatolie - ce qui devrait lui conférer divers avantages symboliques, dont le plus visible est la garde du mausolée du saint. Or, il y a de cela quelques générations, la charge a été "usurpée" par une branche rivale de la famille, qui s’est "arrogée" le prestige, la garde du mausolée et, partant, le bénéfice des sacrifices que l’on y apporte des quatre coins d’Anatolie.
    Hüseyin K. est parti à Istanbul à neuf ans. Il a ciré des chaussures et vendu des allumettes dans la rue pour soutenir ses parents qui ne pouvaient porter la charge de cinq enfants. Au bout de quelques années d’école, il fait une formation en comptabilité et décroche vite un premier contrat. Puis, son frère aîné monte une entreprise de vente et l’emploie comme commis. Hüseyin K. profite de son expérience professionnelle et des contacts qu’elle lui permet de nouer pour créer des relations de confiance. Bientôt, il est embauché comme chef comptable dans une coopérative privée d’habitation où il gagne très bien sa vie. Il quitte alors, malgré les protestations de sa famille regroupée là, le gecekondu où il avait passé quinze ans et s’installe dans une coopérative privée très chic non loin des bords du Bosphore. Peu après, il y sera élu au conseil d’administration et embauché comme comptable. Il évolue alors dans un milieu très aisé qu’il apprend vite à connaître. Pour parfaire son éducation, il commence par correspondance les études d’économie qu’il n’a jamais pu faire. Rares sont les personnes qui, parties de rien ou si peu, cumulent deux emplois et de nombreuses responsabilités professionnelles et sociales, et cela à 30 ans… Charges qui lui valent de devenir le recours pour toute sa famille, et même au-delà, pour trouver un emploi ou résoudre des problèmes en tout genre.
    Or, Hüseyin K. n’est pas seulement un jeune cadre dynamique : il s’engage également dans des activités sociales et politiques. Tout d’abord dans sa résidence, où il tente d’empêcher la construction d’une mosquée en dirigeant un camp laïc à l'intérieur du conseil d'administration... ce qui lui vaudra des menaces de mort régulières des activistes du MHP . Mais Hüseyin K. est également actif dans un gecekondu d’Istanbul, où est regroupée la moitié de son village et où il s'engage dans l’association alévie (qui regroupe surtout les villages et familles liées à son lignage) jusqu’à la diriger aujourd’hui, non sans quelques conflits politiques dans ce quartier à l’atmosphère très tendue. Il y est apprécié notamment parce qu'il “ sait parler aux jeunes ” et ne ressemble pas aux dirigeants traditionnels, "paternalistes" et "autoritaires". Il a des projets originaux, veut, par exemple, installer dans l’association un petit musée où on rassemblera les objets champêtres aujourd’hui disparus, pour “ recréer l’atmosphère authentique du village ”. Ainsi, il s’intéresse à son passé et à ce lignage mystérieux dont il ne reste de traces écrites que dans quelques ferman ottomans… ou presque : récemment, l’un des membres de la branche rivale de la famille, avec l’aide de l’association de village qu’elle contrôle, a écrit un livre sur l’histoire et les mérites du lignage – tout en y affirmant sa descendance légitime - et s’est empressé de le mettre sur internet. C’en était trop pour Hüseyin K. : il décide de se mettre à la recherche de ses origines pour rétablir la "vérité". Il fait tout d’abord modifier son nom de famille - trop commun - en “ fils de ” pour affirmer sa descendance du fils aîné, donc légitime, du saint… auquel il fait ériger à ses frais un mausolée au village. Les partisans de sa branche commencent à porter leurs sacrifices à ce mausolée flambant neuf. Dès lors, Hüseyin K. passe ses week-ends et ses vacances entre archives ottomanes stambouliotes et la recherche de dedes et d'anciens à bonne mémoire dans les villages rattachés à son lignage. Il va bientôt terminer son livre, qui démontre l’insuffisance et la partialité de l'ouvrage rival et rétablit la "vérité", preuves à l'appui. Son site internet est déjà prêt à l’accueillir.
    Mais la bataille est inégale : le dirigeant du clan rival, installé depuis une vingtaine d'années en Allemagne, y est maître de conférences à l’université, ce qui lui donne une certaine aura scientifique. Il est actif et reconnu dans la Fédération alévie d’Europe… à tel point qu’il fait partie des deux candidats importés d’Allemagne par le Baris Partisi, parti "de la paix", à connotation alévie, pour les élections de 1999, et est l’un de ceux qui a fait les meilleurs scores – il s’agit en effet d’une autorité dans la région, car tous ceux qui ont oublié "l’usurpation" le respectent – sans que ceux-ci atteignent toutefois les espérances du parti. Hüseyin K. pense aussi à faire de la politique, dès qu’il aura plus de temps, mais ne sait pas exactement dans quel parti s’engager.
    Cette trajectoire construite sur plusieurs lieux témoigne d’investissements croisés : diverses ressources (descendance, savoir – sous ses différentes formes, argent, politique, notoriété etc.) sont accumulées, puis réinvesties dans une géographie qui lie le village, la région (définie électoralement, d’une part ; par les personnes liées à ce lignage, d’autre part - les deux ne se recoupant pas), deux gecekondu d’Istanbul, deux coopératives privées huppées, et une ville d'Europe. Les investissements dans le quartier et le village témoignent, en tout état de cause, de l’utilisation de ressources liées au local : "authenticité", ancrage, interconnaissance. Mais le local ne prend un sens plus large que dans la mesure où il est articulé à d’autres espaces qui offrent des dividendes plus importants et des ressources différentes (articulation à des discours politiques, ouverture sur l’Etat par le processus électoral pour le niveau national ; ressources financières, prestige, caution “ d’universalité ” et de “ modernisme ” pour l’Europe). C’est la conversion entre diverses ressources et différents lieux qui fait la force des stratégies et la centralité des médiateurs.

    Territoires et réseaux sociaux entre contrainte et ressource identitaire

    Dans cette perspective, le lieu peut être conçu comme champ de possibilités en éventuelle relation avec d’autres. La mise en réseau de différents lieux par les acteurs et le recyclage de ressources d’un espace à un autre peuvent alors être considérés comme stratégies. Ce qui compte n'est pas seulement la mobilité physique d'un entrepreneur, mais aussi, et peut-être surtout, sa possibilité de partir, ainsi que sa capacité à faire intervenir plusieurs territoires dans des stratégies. À partir de trajectoires d’entrepreneurs politiques ou identitaires, on peut éclaircir les utilisations de territoires, les relations différentielles entretenues avec eux, et les mises en relation de lieux.
    Néanmoins, une telle approche montre des limites. Tout d'abord, si chaque lieu est porteur de ressources propres, il s'accompagne également de contraintes spécifiques. Les acteurs et les groupes disposent des ressources des espaces traversés ou investis, mais sont également soumis à leurs contraintes et limites inhérentes, qui influent à leur tour sur leurs stratégies : s'engager au village ou même au gecekondu nécessite de respecter une certaine éthique, des normes comportementales précises, qui pourront à leur tour être mal perçues dans d'autres contextes et limiter l'éventail des lieux susceptibles d'être investis. Pour cerner la perception des différences d'opportunités liées au contexte, ainsi que leur rôle dans les choix des acteurs, on peut utiliser le concept de "structure d’opportunité". Ce concept part de l'idée que l'action collective ne peut réussir que dans certaines conditions, et définit les conditions favorables ou non pour le succès des mouvements sociaux . À cela, il faut ajouter une seconde limite de cette approche : les ressources d’un espace ne sont pas forcément transposables ou convertibles dans d’autres lieux, ou seulement “ au rabais ”, comme le montre le relatif échec électoral du concurrent d'Hüseyin K .
    Dans ces conditions, comment évaluer la part de contrainte et la part de ressource que représentent les territoires et les mobilités pour de telles stratégies identitaires ? On peut avancer que les formes de migration - comme la migration en chaîne - structurent les formes de mobilité (ses lieux privilégiés, ses rythmes) et, a fortiori, les structures d’opportunité liées à ces lieux (comme les ressources spécifiques liées au village, au bourg le plus proche, au gecekondu, à la ville européenne). Les formes de migration influencent également les stratégies identitaires, qui seront différentes selon si un groupe est dispersé dans l'espace et socialement, si les structures d’autorité se maintiennent ou se recomposent. Peut-on faire une typologie qui permettrait de mieux saisir comment les formes de migration structurent les ressources pour les stratégies identitaires ? Dans une telle typologie, le facteur temporel de la structuration des migrations est important : une migration subite et massive ne façonne pas les structures de mobilité et d'opportunité de la même manière qu'une migration continue, qui permet d'entretenir les relations durables entre le lieu d'origine et les points de chute. Cependant, les formes de migration ne déterminent pas les structures d'opportunités ni les stratégies identitaires. Les acteurs peuvent à leur tour élargir et recomposer l'éventail de lieux et de ressources formé par la migration initiale. C'est ce que fait Hüseyin K. lorsqu'il déménage dans une résidence huppée et y poursuit son engagement social à travers le conseil d'administration, l'articulant ainsi à des discours politiques nationaux et gagnant des dividendes financiers qu'il réinvestit ailleurs, par exemple au village.
    Les réseaux sociaux mis en œuvre par ces migrations se trouvent également dans une dialectique entre ressource et contrainte pour ces constructions identitaires. En effet, les réseaux peuvent tout à la fois leur tenir lieu de contrainte (vecteur de mobilité qui influence fortement les lieux et les formes de migration ; contrôle social ; répertoire de rôles préexistants) et de ressource (réservoir de relations, possibilité de les densifier). Dès lors, la question pertinente est celle de l'utilisation et de la mise en relation de ces réseaux par les acteurs. Il semble que les réseaux restent centraux au-delà de la première période de migration, où ils sont utilisés pour la recherche de logement et d'emploi. En effet, ils se recomposent à la faveur des opportunités et des territoires investis . En outre, on assiste à des stratégies familiales de points de chute à moyen terme et à une diversification des utilisations des réseaux par les acteurs (stratégies d'investissement, entreprises créées en commun, occupation collective de créneaux professionnels, stratégies identitaires ou politiques) (Günes-Ayata 1990). À cet égard, si la mobilité s'appuie sur ces réseaux sociaux, elle peut également être le moyen de les élargir et d'intégrer de nouveaux acteurs, comme le montre encore une fois la trajectoire d'Hüseyin K.
    Il est souvent difficile de distinguer réseaux familiaux, politico-religieux et communautaires, car ces derniers s'entrecroisent et s'interpénètrent à la faveur d'entrepreneurs qui les mettent en relation et tentent de les densifier ou de diversifier leurs registres. Ainsi, dans le quartier de gecekondu où est actif Hüseyin K., l'association alévie à vocation identitaire a été créée par les directeurs d'une vingtaine d'associations de villages, tous de la même région et reliés à un même lignage sacré. Peu après, cette association est reliée à une fédération alévie nationale, pour des motifs principalement financiers. Les réseaux villageois et infra-communautaires préexistants s'articulent dès lors sur un discours national, s'élargissent à des acteurs nouveaux, et s'enrichissent d'une composante identitaire, registre sur lequel, dès lors, les acteurs peuvent jouer, mais qu'ils ne peuvent pas ignorer.
    Il semble ici pertinent de problématiser les constellations changeantes, les différentes échelles (famille nucléaire, famille étendue, village, tribu, mais aussi liens "faibles" comme les collègues de travail…), leur(s) articulation(s) et le(s) registre(s) mobilisé(s). Quelle est la marge de manœuvre des acteurs dans ces recompositions pour des stratégies identitaires ? Comment émergent des entrepreneurs de réseaux, et comment deviennent-ils centraux ? On peut à cet égard distinguer plusieurs facteurs, comme l'amplitude, la densité, la proximité, ou encore la multiplicité des réseaux mis en œuvre.
    Faut-il pour autant opposer territoires et réseaux ? Certes, les réseaux sont dans une certaine mesure "déterritorialisés" (Badie 1995). Cependant, les réseaux mêmes font dans une certaine mesure territoire, et les espaces traversés peuvent être appropriés : on connaît la route, ponctuée de points de chute obligatoires ; des migrants d'Europe passant leurs vacances en Turquie, revenant du village pour prendre l'avion à Istanbul, s'arrêteront chez leurs parents à Ankara et parleront non seulement des nouveautés familiales, mais souvent aussi de la situation politique et "identitaire". En outre, les allées et venues peuvent même représenter une importante ressource identitaire, comme on le constate dans le cas d'Hüseyin K. qui passe le plus clair de son temps au volant de sa voiture. Surtout, à côté de ces liens "horizontaux", réticulaires, se constituent aussi des liens "verticaux" au territoire, avec des phénomènes d'appropriation de l'espace, de création de repères symboliques et identitaires, produisant ainsi des constellations en archipel.
    Les constructions identitaires s'inscrivent largement dans ce cadre, dans des contextes sociaux et relationnels donnés. La trajectoire d'Hüseyin K. montre qu'il est difficile de penser les stratégies identitaires en-dehors de réseaux mobilisés, investis ou reconvertis, fonctionnant comme supports et ressources - même si elles n'y sont pas réductibles-. Ainsi, nombre de mobilisations qui semblent, au premier abord, purement identitaires s'appuient sur des réseaux sociaux. Par exemple, lors des émeutes "alévies" du quartier de Gazi à Istanbul en mars 1995, des groupes d'autres quartiers périphériques comme Ümraniye ou Okmeydani viennent très vite en renfort, probablement mobilisés dans un premier temps par des réseaux familiaux, villageois, politiques ou d'interconnaissance, plus que par un réflexe "identitaire". Il semble que l'identitaire ne soit ici qu'une ressource parmi d'autres, mise en relation avec d'autres ressources par des acteurs, notamment à la faveur de réseaux préexistants, élargis, voire créés. Cette analyse en termes d'utilisations différentielles des territoires et des réseaux, dialectique entre contrainte et ressource, ouvre la perspective théorique de la fluidité de la vie sociale.

    Territoire et constructions identitaires : contexte, ressource et référence

    Quel est, dès lors, le rôle du territoire dans les constructions identitaires ? Le territoire oscille entre contexte d'action, ressource et référence dans les stratégies identitaires. Contexte d'action, lorsque l'on fait jouer le registre identitaire pour une mobilisation électorale dans une circonscription donnée, comme ce fut le cas du rival d'Hüseyin K. aux élections de 1999. Ressource, lorsqu'il s'agit d'utiliser les ressources propres à un territoire donné, comme l'ancrage, l'interconnaissance ou "l'authenticité". Enfin, le référentiel territorial peut lui-même devenir identitaire. Par exemple, la métonymie "Sivas" est utilisée comme signal identitaire alévi à un niveau national, voire international (puisqu'elle est usitée également dans la migration) depuis le massacre qui y a eu lieu lors d'une manifestation culturelle alévie en 1993. Or, ce territoire est approprié symboliquement par d'autres groupes, et utilisé comme référence dans différents discours identitaires ou politiques nationaux. Même les mobilisations larges, qui se construisent souvent sur plusieurs espaces, peuvent ainsi se servir du territoire, du terroir comme d’une ressource symbolique ou réelle.
    On peut ici interroger la distinction classique entre mobilisation territoriale (qui s'appuie largement sur le hemsehrilik, le "nationalisme de clocher", lui-même à géographie variable selon les utilisations qui en sont faites) et mobilisations politiques ou identitaires. En effet, les mobilisations territoriales autour de Sivas sont presque toujours intégrées dans des mobilisations politiques ou identitaires. Les associations de village, installées dans les métropoles ou en Europe, qui regroupent les villageois dans le but d'aider au financement des enterrements et d'investir dans le terroir d'origine, sont de plus en plus regroupées sur des bases identitaires ou politiques ; parallèlement, les fédérations à base territoriale et politiquement orientées se multiplient. Pour Sivas en tout cas, les mobilisations uniquement "territoriales" (dans le but d'investir au village ou dans la région), en dehors de toute prétention politique, se font de plus en plus rares.
    À cet égard, il semble important de souligner que le village, contrairement aux énoncés des théories de la modernisation, n'a pas perdu sa pertinence – ni comme contexte d'action, ni comme référence, ni comme ressource. Les villages sont réinvestis, non seulement en raison des retours partiels des migrants du travail aujourd'hui à la retraite, mais aussi symboliquement. Ainsi on observe, notamment en milieu alévi, des déplacements de tombes, la création de mausolées, de pèlerinages, la mise en place d'un tourisme religieux à dominante rurale et à connotation identitaire forte. La pertinence du village comme contexte d'action et référence est encore visible en ville, dans la multitude des associations de village. De nombreux jeunes nés dans les métropoles se considèrent comme membres d'un village, même s'ils n'y sont jamais allés. Ainsi, si la frontière urbain / rural existe dans le regard des autres, elle est souvent transgressée dans les pratiques géographiques et sociales – pas seulement dans les stratégies identitaires - , et elle n'est pas forcément pertinente dans l'identité ressentie. Dans ce contexte qui fait intervenir la mobilité et une multiplicité de lieux en relation, la centralité ne demeure pas forcément un attribut des métropoles.

    Conclusion

    Dans une perspective de constructions identitaires, il semble nécessaire d'abandonner une vision "essentialiste" du territoire, visant à définir ce qu'un territoire "est", pour une vision "relationnelle". En outre, les lieux et espaces investis sont tour à tour contexte d'action, ressource, et référence, qualités qui ne sont concevables que dans une perspective relationnelle. Mais certaines questions méthodologiques restent ouvertes. Tout d'abord, comment travailler avec une vision relationnelle du territoire ?
    À cet égard, l'analyse de trajectoires d'entrepreneurs identitaires et de leur utilisation de territoires permet de mettre à jour des stratégies plus ou moins clairement reconstituables. En ce qui concerne les "consommateurs" de discours identitaires, ou les reproducteurs de pratiques identitaires, il est cependant beaucoup plus difficile de reconstituer et de rendre compte de leurs pratiques territoriales, au-delà de leurs parcours migratoires.
    Enfin, les approches de science politique et les théories de la transnationalité postulent souvent une dichotomie entre les pays d'accueil de la migration d'une part et les pays d'origine d'autre part. Les cas étudiés au cours de notre recherche indiquent plutôt une continuité de lieux différenciés, mis en relations par des structures (par exemple réticulaires) elles-mêmes activées par des acteurs, sans coupure claire. Si les constructions identitaires se jouent souvent sur plusieurs espaces, il semble qu’on assiste, plus qu’à une dichotomie radicale entre la Turquie et l’Europe, à une continuité de lieux différenciés et diversement investis, où la frontière nationale ne représente qu’un saut qualitatif parmi d'autres. Le terme de "translocal" semble ici plus approprié que le terme "transnational". On semble ainsi assister, au niveau des stratégies identitaires et politiques, à une articulation importante entre mobilisations internes et externes, qui met en relation, de manière différentielle, champs migratoires internationaux et formes de mobilité internes. Cette géographie qui dépasse le cadre de l'Etat-nation donne aux acteurs la capacité de définir les territoires pertinents ; elle nécessite un regard renouvelé sur le rôle de la territorialité dans les stratégies politiques et identitaires.

    Références bibliographiques

    • Amiraux Valérie, “ Les limites du transnational comme espace de mobilisation ”, Cultures et Conflits, n°33-34, numéro spécial “Les anonymes de la mondialisation ”, sous la direction de Cesari Jocelyne, 1999, pp. 25-50.
    • Anderson B., Imagined Communities: Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, London and New York, Verso, 1983.
    • Anderson Benedict, The Spectre of Comparisons. Nationalism, Southeast Asia and the World, Londres, Verso, 1998.
    • Badie Bertrand, La fin des territoires. Essai sur le désordre international et sur l’utilité sociale du respect, Paris, Fayard, 1995.
    • Gokalp Altan, Têtes rouges et bouches noires, Paris, Société d'ethnographie, 1979.
    • Günes-Ayata Ayse, “ Gecekondularda Kimlik Sorunu, Dayanisma Örüntüleri ve Hemsehrilik ”, Toplum ve Bilim, n° 51/52, 1990, pp. 89-101.
    • Kriesi Hans-Peter, The political Opportunity Structure of New Social Movements: Its Impact on Their Mobilization, Berlin, WZB, “ FS” (III), 1991, pp. 91-103.
    • Lubig Evelyn, Wie die Welt in das Dorf und das Dorf in die Welt kam, Saarbrücken, Breitenbach, 1998.
    • Massicard Elise, “ C’est ici que la République a été fondée, c’est ici qu’elle sera détruite ”, Intégration, mobilités et mobilisations politiques autour de Sivas (Turquie), Paris, Etude du CERI, 2001.
    • Mélikoff Irène, Sur les traces du soufisme turc. Recherches sur l'Islam populaire en Anatolie, Istanbul, Isis, “ Analecta Isisiana ” (III), 1992.
    • Seufert Günter, “ Between religion and ethnicity : a Kurdish-Alevi tribe in globalizing Istanbul ”, in Ayse Öncü, Petra Weyland (dir, Space, Culture and Power. London, Zed Books, 1997, pp. 157-177.
    • Van Bruinessen M., “ Aslini inkar eden haramzadedir ! The debate on the ethnic identity of the Kurdish Alevis ”, in Kehl K., Kellner-Heinkele B., Otter-Beaujean A. (eds.), Syncretistic Religious Communities in the Near East, Leiden, Brill, 1997.
    • Vorhoff Karin, Zwischen Glaube, Nation und neuer Gemeinschaft – Alevitische Identität in der Türkei der Gegenwart, Berlin, Klaus Schwarz, 1995.
  • Elise Massicard "Challenges of Diversity: Perspectives from the Alevi Issue" 17/06/14

    Summer School 2014 : "Human Rights – A Recurrent History" Istanbul 14 - 27 June
    Mardi 17 juin 2014 à 14h à l'IFEA
    Elise Massicard (IFEA)
    "Challenges of Diversity: Perspectives from the Alevi Issue"
    Sur invitation. Présentation en anglais
    www.srii.org

  • Elise Massicard "Le contexte politique turc à la veille des élections locales du 30 mars" 27/03/14

    Conférence-débat ADFE-IFEA
    Jeudi 27 mars 2014 à 18h30 à l'IFEA
    Elise Massicard
    "Le contexte politique turc à la veille des élections locales du 30 mars"
    En collaboration avec l'association démocratique des Français à l'étranger (ADFE) d'Istanbul
    Pour participer, se pré-inscrire à l'adresse This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
    Intervention en français

  • Elise Massicard “Negotiating Political Power in Turkey - Breaking up the Party” 10/10/13

    ISTANBUL POLICY CENTER-SABANCI UNIVERSITY-STIFTUNG MERCATOR INITIATIVE andINSTITUT FRANCAIS D’ETUDES ANATOLIENNES cordially invite you to the book launch of

    “Negotiating Political Power in Turkey -Breaking up the Party”edited byElise Massicard(Institut Français d'Etudes Anatoliennes) andNicole F. Watts(San Francisco State University)

    The event is hosted byAyşe Kadıoğlu(Dean of Faculty of Arts and Social Sciences at Sabancı University & IPC Senior Scholar)

    Thursday, October 10, 2013, 18.30-20.00
    Istanbul Policy Center, 6th floor

    About the book:
    This edited collection looks at how political parties in Turkey actually work, inside and out. Departing from traditional macro-level analyses, the book offers a new sociological approach to the study of political parties, treating them as non-unitary entities composed of many different groups and individuals who both cooperate and compete with one another.

    The central proposition of the book is that parties must be studied as clusters of relationships in specific locales rather than as unitary ‘black boxes.’ This ground-up approach provides new insights into the internal workings of political parties; why parties gain and lose elections and other political resources; and the ways in which power is negotiated and exercised in Turkey and beyond.

    The event will be held in English and take place in the form of a casual dinner. Please send your RSVP toGülcihan Çiğdem until October 7, 2013 (e-mail This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it., (212) 292 4939 ext. 1417).

  • F. Bilici É. Massicard S. Vaner - Religion et société

    Faruk Bilici, Élise Massicard et Semih Vaner, Religion et société in A. Kazancιgil, F. Bilici, D. Akagül (dir.) La Turquie, d'une révolution  à l'autre, Paris: Pluriel, Sciences-Po/CERI, 2013 p. 119-143
  • Focales no 7 La décentralisation en Turquie

    Élise Massicard et Ulaş Bayraktar, La décentralisation en Turquie, Focales 07 août 2011, Agence Française de Développement

  • Focales no 7 Türkiye'de yerinden yönetim

    Élise Massicard ve Ulaş Bayraktar, Türkiye'de yerinden yönetim, Focales 07 Ağustos 2011, Fransa Kalkınma Ajansı

  • Gouverner, administrer en Turquie depuis les Tanzimat

    Organisatrice : Élise Massicard
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    Ce séminaire a pour objectif d’étudier les modes de gouvernement et d’administration en Turquie et sous l’Empire ottoman depuis les Tanzimat. En se distanciant de l’idée répandue d’un État fort et autonome par rapport à sa société, il interroge l’homogénéité apparente et souvent considérée comme naturelle de « l’État », et tente d’en ouvrir la boîte noire pour mettre en lumière à la fois les divisions internes aux institutions et la porosité de la sphère administrative aux forces sociales. Résolument interdisciplinaire (histoire, science politique, sociologie, anthropologie, géographie), il articule des interrogations liées à la socio-histoire des institutions, à d’autres ayant trait à la conduite des politiques publiques.
  • Gözlem Merkezlerinin Tanıtımı (güncel değil)

    İstanbul Şehri Gözlem Merkezi | Türk Siyaseti Gözlem Merkezi | Kafkasya Gözlem Merkezi

    IFEA Gözlem Merkezleri koordinasyonu Élise Massicard
     tarafından yapılan Güncel Çalışmalar kapsamında yer alır.

    Kafkasya Gözlem Merkezi IFEA'nın Bakü'de şubesidir.

    İstanbul Şehri Gözlem Merkezi (OUI)

    Araştırma konusu İstanbul megapolünün, ülkenin kalbi, ekonomik, toplumsal ve siyasal değişimlerin laboratuvarı, Türkiye’nin adeta küçük bir modeli olması, İstanbul Şehri Gözlem Merkezi'ni enstitü bünyesinde günümüz Türkiye’si üzerine gerçekleştirilen araştırmaların önemli bir odağı haline getirmekte. Merkez, bir bilgi, belge, kaynakça ve harita toplama birimi olarak çalışmalarını sürdürürken bir yandan da Avrupa ve Türkiye arasında bir buluşma noktası işlevini üstlenmekte. Merkez önecelikle İstanbul'un metropolleşmesine eşlik eden oldular üzerine eğilmekte (kentsel gelişme, çevre, taşınmazlar, siyasi ve ekonomik yaşam, kültür politikaları). Hem bir bilgi ve belge merkezi hem de kaynak ve harita merkezi olarak işleyen OUI hem bir araştırma hem de araştrmanın değerlendirildiği bir merkezdir. 

    Bir Belge ve Kaynak Merkezi

    Merkezde haritalar, fotoğraf koleksiyonları, tematik dosyalar, istatistikler ve çeşitli kitap ve süreli yayınlar bulunmakta. Bünyesinde barındırdığı harita ve planlar –1/500’den 1/500 000 ölçeğine kadar– Osmanlı ve Cumhuriyet dönemlerinin yanı sıra günümüz Türkiye’si ve İstanbul’unu da kapsamakta. Basında çıkan haberlerin yer aldığı tematik dosyalar ve OUI kütüphanesi düzenli olarak güncellenmekte. Bazı belgelere internetten de ulaşılabilmekte (istatiksel bilgiler, araştırma programları sonuçları, staj araştırma ve raporları, konferans ve kolokyum belgeleri,etc.)

    Bir Buluşma Noktası

    Merkez, İstanbul’la ilgilenen araştırmacı ya da çeşitli iktisadi aktörlere danışma ve rehberlik hizmeti sunmakta; istenildiği takdirde, ilişkiye geçilmesi gereken olası muhatapları da belirleyebilmektedir (kurumsal ve akademik muhataplar, iktisadi aktörler, meslek odaları, vakıf ve dernekler). Böylelikle merkez, İstanbul çevrelerine yabancı ve Türkçe bilmeyenler için bir tür aracı işlevini görmektedir. Araştırma ve danışma programları kapsamında çeşitli Avrupa kurumlarıyla (UE, CoE, OCDE, vs.) işbirliği geliştirilmiştir. 

    Bir Araştırma ve Değerlendirme Merkezi

    Ve tabii ki bir araştırma merkezi... Bünyesindeki araştırmacıların kendi çalışmaları bir yana, merkez çeşitli kurumlarla –özellikle Doğu ve Güney Akdeniz’deki diğer şehir gözlem merkezleriyle– ortaklaşa çalışarak bölge kentlerindeki güncel değişimleri belirlemeye yönelik programlar geliştirmektedir.

    İletişim:

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    Türk Siyaseti Gözlem Merkezi

    2005 yılı Mart ayında Fransız Anadolu Araştırmaları Enstitüsü, çağdaş Türkiye'nin siyasi sosyolojisi üzerine araştırmalarını genişletmek ve bu ülkeye artan ilgi kapsamında ortaya çıkan sorulara cevap verebilmek amacıyla Türk Siyaseti Gözlem Merkezi'ni (OVIPOT) kurdu. OVIPOT'un birincil hedefi Türk siyaseti sosyolojisi araştırmaları yapmaktır (hem kamu girişimleri ve kurumsal boyutlarıyla, hem de toplumsal seferberlik ve partizan örgütler boyutuyla) ama aynı zamanda bu çalışmaları Türkiye'nin Avrupa Birliği'ne üyeliğine bağlı dinamiklerle ilişkilendirmektir. OVIPOT hem bir araştırma ve araştırmanın değerlendirildiği yer, bir bilgi ve belge merkezi hem de araştırmacıların ağırlandığı ve yetiştirildiği bir merkez olarak işlemektedir. Tüm bu etkinlikleri kapsamında OVIPOT Türkiye ile Fransa ve daha geniş anlamda  Akdeniz ve Avrupa araştırma camialari arasında bir köprü olmayı hedeflemektedir. 
    OVIPOT, CNRS'te araştırma sorumlusu ve IFEA araştırmacısı Elise Massicard'ın sorumluluğundadır.

    Bir Araştırma Merkezi

    Üyelerinin yaptığı çalışmalar dışında, OVIPOT araştırma programlarına katılmakta,bilimsel aktiviteler düzenle ve daha genel olarak da kendi araştırma konuları üzerine çalışan Türk ve Avrupa bilimsel kurumları arasındaki alışverişi destekler.

    Belge ve Kaynak Merkezi

    OVIPOT, Türkiye üzerine sosyal bilimler alanında çalışana araştırmacılara ve uzmanlara yönelik olarak internet sitesini belge, analiz ve bilgilerle beslemektedir (Türk siyasi sistemi üzerine sentezler, staj araştırma ve raporları, kolokyum ve konferans belgeleri, vs.) OVIPOT aynı zamanda çağdaş Türkiye konularında IFEA kütüphanesinin zenginleştirilmesine katkıda bulunmaktadır.

    Son olarak, OVIPOT, Çağdaş Türkiye'nin tanınmasına faydalı internet bağlantılarından oluşan bir liste sunmaktadır ve Hypothèses üzerinde Türk siyaseti üzerine bir blogu vardır.

    Bir karşılama ve eğitim merkezi

    OVIPOT, Türk siyaseti ve Türkiye’nin Avrupa Birliği’ne üyeliği konularıyla ilgilenen doktora öğrencilerinin ve araştırmacıların buluştuğu bir merkezdir. Burada staj yapabilmek için staj yapmak bağlantısını tıklayın.
    OVIPOT, “Çağdaş Türkiye” üzerine bir seminer düzenlemektedir. “Erasmus” öğrenci dolaşımı çerçevesimnde Avrupa’dan gelen üniversite öğrencilerine yönelik olan bu seminer IFEA stajyerlerine ve konuyla ilgili herkese de açıktır.

    Kafkasya Gözlem Merkezi

    Statü ve tarihçe
    Merkez, Eylül 2002’de Fransa Dışişleri Bakanlığı’nın inisiyatifiyle IFEA ve Azerbeycan’daki Fransa Büyükelçiliği arasındaki bir işbirliği kapsamında kuruldu. Bakü Şubesi, IFEA’ya Kafkasya üzerine daha yakından bilgi aktarabilmek için şubenin ilk sorumlusu Bayram Balcı bu şehre yerleşmesiyle Kasım 2003’te etkinliklerini başlattı. Merkezin ikinci sorumlusu Thorniké Gordadzé, Ağustos 2010’da Gürcistan Dışişleri Bakanı yardımcısı olabilmek için görevi bıraktı. Merkez 1 Eylül 2011’de Inalco’da doçent, dilbilimci Gilles Authier’nin sorumluluğunda yeniden açıldı.

    Bakü şubesinin Hazar Denizi ve Karadeniz, Kuzey ve Güney Kafkasya, İran’ın kuzeyi ve Yakın Doğu Kafkas diasporaları arasındaki geniş alanı kapsayan bölgesel bir misyonu vardır. Bakü şubesi bir araştırma oluşumu olduğu gibi Fransa ve Azerbeycan arasında sosyal bilimlerde ilişkilerin geliştirilmesini hedefleyen bir merkezdir. 

  • Journée d'études : Armées des frontières, frontières des armées : 02/12/2011

    Journée d'études
    « Armées de frontières, frontières des armées »
    Le 2 décembre 2011, CERI, Salle Jean Monnet, 56 rue Jacob, 75006 PARIS.

    Journée d'études organisée grâce à l'aide financière de l'ANR Transtur :
    « Ordonner et transiger : modalités de gouvernement et d'administration en Turquie et dans l'Empire ottoman, du XIXe siècle à nos jours ».

  • Journée d'études Nommer et ordonner ? L'introduction des noms de famille en Turquie 15/04/2011

    Journée d'étude "Nommer et ordonner ? L'introduction des noms de famille en Turquie"

    Dans le cadre du séminaire "Administrer et gouverner en Turquie depuis les Tanzimat"

    Vendredi 15 avril 2011 de 9 à 18h à l’IFEA
    Intervenants
    Emmanuel Szurek, EHESS/ENS
    Marc Aymes, CNRS/CETOBaC
    Olivier Bouquet, Université de Nice Sophia Antipolis
    Christian Bromberger, Université de Provence
    Meltem Türköz, Işık Üniversitesi
    Élise Massicard, CNRS/IFEA
    Benoît Fliche, CNRS/IFEA
    Samim Akgönül, Université de Strasbourg

  • L'autre Turquie

    Elise MASSICARD, L'autre Turquie, Presses Universitaires de France, 2005, 362 pages
  • L'équipe de l'OVIPOT

    Responsable

    Élise Massicard

    Chargée de recherche au CNRS

    Thèmes de recherche

    • Sociologie politique de la Turquie (mobilisations, personnel politique)
    • Sociologie localisée des partis politiques en Turquie
    • Territorialité politique, pouvoirs locaux, décentralisation
    • Mobilisations transnationales et migratoires
    • Sociologie des mouvements sociaux
    • Mobilisations identitaires (alévisme)
    • Sociologie des institutions

    Contact

    Institut Français d'Études Anatoliennes (IFEA)
    Palais de France - Nur-i Ziya Sokak, 10
    P.K. 54 - 34433 Beyoğlu - Istanbul, Turquie
    Mail : elise.massicard(a)gmail.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
    Téléphone : 00 90 (0212) 244 17 17
    Fax : 00 90 (0212) 252 80 91

    Possibilités d'accueil

    L’IFEA accorde 2 types de bourses : bourses d'aide à la mobilité et bourses de courte durée

    • BAM : la campagne 2011-2012 est close
    • BCD : la campagne 2011 est close
    L'IFEA accueille également des étudiants bénéficiant de bourses TÜBİTAK
    Effectuer un stage de courte durée (n'excédant pas 2 mois) est également possible, et ce tout au long de l'année. Les stages ne sont pas rémunérés.
    Les candidats sont invités à adresser leur curriculum vitae accompagné d'une lettre de motivation précisant le cadre dans lequel s'inscrit ce projet de stage ainsi que les dates envisagées.L'adresse de contact est ifea.istanbul(at)gmail.com
  • La science politique dans la cité: regards croisés France-Turquie : 17/02/2012

    Journée d'étude
    La science politique dans la cité: regards croisés France-Turquie
    Vendredi 17 février 2012
    à l'IFEA
    Introduction par Nora Şeni

    L'objectif de cette journée organisée par l'IFEA est de réunir des politistes de France et de Turquie pour réfléchir et débattre sur la place de la science politique dans la cité, alors que l'interrogation sur l'engagement des politistes devient plus pressante ces derniers temps dans les deux pays. Qu'en est-il des modalités d'intervention des politologues dans le débat politique ? La question est plus étroite que celle, très courante et jamais épuisée, de la responsabilité politique des « intellectuels », catégorie bien plus large ; il s’agit ici de la question de la responsabilité, voire du devoir, des savants d’intervenir au nom d’une connaissance scientifique dans le débat politique à partir de leur « chaire ». Selon la doxa wéberienne - la fameuse « neutralité axiologique » -, la position de savant ne donne pas, voire interdit, tout pouvoir d’intervention qui porterait atteinte à la dignité à la fois du savant et du politique, à partir de l’idée qu’on ne saurait dériver d’une connaissance scientifique, une valeur quelconque. Le rôle de la discipline doit-il être limité à l’invitation au débat rationnel, à l’éclairage des choix possibles à partir d’éléments objectifs, ou doit-il s’étendre à des recommandations politiques substantielles ? Le politiste en tant qu’expert intervient-il dans le débat politique d’une autre manière, et plus légitimement, que celui qui le fait au titre de ses engagements politiques ou d’une conception morale de ses fonctions ? Il ne s’agira pas ici de livrer des réponses normatives, mais d’apporter un regard comparatif sur la manière dont ces questions se posent, et sur les positionnements qu’adoptent les politistes, dans les deux pays.

  • La Turquie - Semih Vaner

    La Turquie, sous la direction de Semih VANER, Paris, Fayard / Ceri, 2005, 727 pages

  • Le quartier : le retour ou la fin ? La fabrique du quartier à l'épreuve des transformations et des politiques urbaines 2-3/05/2013

    ATELIER REGIONAL SUR LES MUTATIONS URBAINES

    Panel 1 || Panel 2 || Panel 3 || Panel 4 || Panel 5 || Conclusion

    ifealogopetit ifri cetobac

    2, 3 mai 2013 / Istanbul

    Journées d'études organisées par l'Institut Français de recherche en Iran (IFRI), l'Institut Français d'Etudes Anatoliennes (IFEA) et le Centre d'Etudes Turques Ottomanes Balkaniques et Centrasiatiques (CETOBAC).

    "Quartiers : le retour ou la fin ?

    La fabrique du quartier à l’épreuve des transformations et des politiques urbaines"

    Les quartiers d’Istanbul et de Téhéran en miroir avec les capitales et villes de la région

    Alors qu’à Téhéran la référence au quartier et l’usage du terme se répand et devient une préoccupation visible et affirmée des politiques publiques, à Istanbul, il apparaît dans le vocabulaire et l’imaginaire urbain mais sans pour autant représenter un cadre d’action pertinent pour les édiles politiques qui menacent même de le supprimer. Cet atelier reviendra sur les usages et le sens du quartier comme cadre de pensée et d’action, comme référence symbolique et matérielle mais aussi comme lieu de mémoire dans un contexte général de transformations urbaines.

    La tendance à opposer le quartier, comme une réalité pleine et proche, à une ville, jugée trop vaste et mal connue est aujourd’hui remise en cause. Le quartier, lui-même, ne se donne jamais tout entier. Il comporte autant de trous, de zones indécises que la ville. Dans un contexte de métropolisation, le quartier peut aussi devenir synonyme de résistance, s’apparenter au village et devenir un « état d’esprit » véhiculé dans les séries télévisées (Louis Wirth).

    Les projets de rénovation urbaine en cours dans les deux villes conduisent à une disparition rapide du tissu social, du patrimoine et des identités locales qui se sont construites au fil du temps. Un phénomène qui semble bien contradictoire, à Téhéran, avec la volonté de la Municipalité de renforcer la gestion urbaine de proximité. À Istanbul, ce phénomène s’accompagne d’une muséification et d’un projet d’ingénierie sociale s’appuyant sur la création de quartiers ottomans.

    La notion de quartier se joue donc à la croisée de constructions socio-spatiales, politiques et temporelles mais aussi de représentations mentales et d’une diversité d’usages. Entre instabilité dimensionnelle et incertitude existentielle (Piolle), il s’agira d’essayer d’appréhender le quartier comme une « médiation socio-spatiale » entre l’inconnu et le connu, le dedans et le dehors, l’intérieur et l’extérieur, l’accord et le désaccord, entre soi et l’autre (Di Méo). Le quartier sera donc considéré comme l’échelle d’observation la plus efficace pour analyser la spatialisation des substances sociales (Michel Lussault).

    Ce colloque se veut transdisciplinaire mais aussi trans-période. Etant donné que « la ville se fait sur la ville », autrement dit que la longue durée est indispensable à la sédimentation des populations et des gouvernances sur le tissu urbain, il s’agira de prendre en considération les quartiers anciens et leur recomposition mais aussi la création de nouveaux quartiers en marge de la ville. Ces phénomènes sont une réalité connue de la totalité des villes qui seront abordées dans cet atelier, à savoir en premier lieu Istanbul et Téhéran mais aussi Alexandrie, le Caire, Athènes et Beyrouth.

    Nous donnerons « quartier libre » pour sortir le quartier de son isolement - spatial, temporel, politique et épistémologique.

    Les responsables scientifiques : Cilia Martin (CETOBAC/IFEA) et Mina Saïdi (IFRI)
    Comité scientifique : Jean-François Pérouse, Nathalie Clayer, Mina Saïdi et Cilia Martin

    Avec le soutien du laboratoire Mosaïques de l'Université Paris-Ouest, la Défense et de l'Institut Français

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  • M. Aymes B. Gourisse É. Massicard : L'art de l'État en Turquie. Arrangements de l'action publique de la fin de l'Empire ottoman à nos jours

    Marc Aymes, Benjamin Gourisse, Élise Massicard, L'art de l'État en Turquie. Arrangements de l'action publique de la fin de l'Empire ottoman à nos jours, Paris, Karthala, janvier 2014, 432p. ISBN 9782811110253

  • Matières à transfaire. Espaces-temps d’une globalisation (post-) ottomane

    Programme de recherche financé par l'Agence nationale de la recherche (réf. ANR-12-GLOB-003)

    À l’encontre des travaux qui analysent la mise en circulation de pratiques, d’instruments, de normes et de savoirs comme étape subséquente à leur production localisée, le projet Transfaire vise à étudier les instruments techniques et symboliques produits et reproduits par la circulation. Notre objectif est double. Il s’agit, d’une part, de proposer une nouvelle approche des connexions, concomitances et interdépendances dont les espaces (post-)ottomans ont pu être partie intégrante, à l‘encontre des analyses se bornant à penser les échanges en termes de diffusion et d’importation à sens unique ; et d’autre part, de dresser une chronologie révisée des modalités de gouvernance et d’extraversion de l’Empire et de la République, découplée des grandes césures qui ont marqué les histoires politiques locales ou régionales, en général considérées ipso facto comme valables pour l’ensemble de la vie politique.

    À la problématique du « transfert », qui présume de domaines censément « propres » à chacune des régions concernées, notre questionnement substitue une approche des modalités du transfaire, attentive aux processus de traduction et de coproduction des vecteurs normatifs et matériels du politique. Il veut penser les interrelations afin que, sous couvert de « transfert », ne soit pas simplement reconduite la marqueterie de régions (géométriquement et chronométriquement) incommensurables. 

    Le projet Transfaire fait fond sur les résultats et les pistes ouvertes par le groupe de recherche Transtur (« Ordonner et transiger : modalités de gouvernement et d’administration en Turquie et dans l’Empire ottoman, du XIXe siècle à nos jours »), coordonné par Élise Massicard et financé par l’ANR entre 2008 et 2012 (plus d’informations ici). Il s’en distingue en portant une attention renouvelée aux phénomènes d’extraversion, de traduction et de transferts, dont la compréhension nécessite la mise en place d’une boîte à outils théorique et méthodologique, ainsi qu’un programme consacré, que les thèmes traités et les contraintes de temps rencontrées dans Transtur n’ont pas permis d’investir. Ainsi Transfaire vient-il pérenniser une dynamique de recherche déjà lancée, afin de faire émerger des percées théoriques généralisables et de produire du savoir à forte utilité sociale, dans une période de transformation des équilibres régionaux dans lesquels sont pris les pays de l’espace post-ottoman.

    L’équipe de Transfaire regroupe 25 chercheurs et enseignants-chercheurs historiens, politistes, sociologues, anthropologues et géographes. Ses priorités se déploient selon 3 axes :

    1. les matérialités de l’objectivation politique,
    2. l’analyse des instruments normatifs de la décharge publique,
    3. Épreuves et acteurs de la traduction.

    L’organisation générale se structure autour de deux noyaux géographiques autour desquels gravitent les membres de l’équipe : l’un parisien, au Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques, l’autre stambouliote, à l’Institut français d’études anatoliennes. Sur chacun des deux sites, un correspondant permanent, recruté sur un statut de chercheur post-doctorant, veille à l’organisation logistique et scientifique des activités de l’équipe. En concertation avec le coordinateur principal du projet – Marc Aymes – les deux correspondants permanents – actuellement Ségolène Débarre et Benjamin Gourisse – assurent la synchronisation des activités des membres de l’équipe. Ils organisent les séminaires bimensuels, qui entretiennent la cohésion et l’échange au sein des groupes de travail, ainsi que les assemblées générales annuelles, au cours desquelles les difficultés rencontrées par chacun sont exposées, les travaux présentés, et les projets éditoriaux discutés.

    La communication scientifique et la valorisation passeront par plusieurs dispositifs : deux journées d’études annuelles seront organisées, ainsi qu’un colloque international de présentation des travaux de l’équipe, à la fin de la troisième année du programme ;des collaborations seront nouées avec des membres du LabEx Tepsis (Ehess / Pres Hesam), dont le Cetobac est partie prenante ; un site internet sera prochainement mis en place, au fur et à mesure que l’avancement des travaux permettra d’assurer la richesse de son contenu. 

     

  • Neighborhoods: the return or the end? The building of the neighborhood challenged by changes and urban policies 2-3/05/2013

    REGIONAL WORKSHOP ON URBAN MUTATIONS

    Panel 1 || Panel 2 || Panel 3 || Panel 4 || Panel 5 || Conclusion

    ifealogo-couleur ifri cetobac

    Neighborhoods: the return or the end

    The building of the neighborhood challenged by changes and urban policies


    Istanbul and Tehran neighborhoods compared to the capitals and cities of the region

    2013 May 2, 3 / Istanbul

    While in Tehran the reference to the neighborhood and the use of the term is spreading and becoming a visible and assertive concern of the public policies, it appears in Istanbul in the vocabulary and urban imaginary but without actually representing a relevant framework for the city councillors who even threat to eradicate it. This workshop will review the purpose and the meaning of the neighborhood as a framework of thinking and action, as a substantive and symbolic reference but also as a place of memory in the broader context of urban transformations.

    The tendency to oppose the neighborhood, as a full and close reality, to the town, considered too large and poorly understood, is today called into question. The neighborhood never gives itself as a whole. It has as many gaps and undefined areas as the city. In a framework of metropolisation, the neighborhood can also become synonymous of strength, relate to the village and become a "state of mind" conveyed in the television series (Louis Wirth).

    The urban renovation projects ongoing in both cities, lead to a fast disappearance of the social fabric, heritage and local identities that were built over the years, a phenomenon that seems contradictory in Tehran, with the will of the local community to strengthen the local urban management. In Istanbul, this phenomenon is accompanied by a museification and a social engineering agenda, through the creation of Ottomans neighborhoods.

    The notion of neighborhood is therefore unfolding at the crossroad of socio-spatial constructions, political and chronological, as well as mental representations and a range of diversified uses. Between dimensional instability and existential uncertainty (Piolle), there will be an attempt to understand the neighborhood as a "socio-spatial mediation" between the unknown and the known, the inside and the outside, the agreement and disagreement between self and other (Di Meo). The neighborhood will therefore be considered as the most effective scale of observation to analyze the spatial distribution of social substances (Michel Lussault).

    This symposium involves a transdisciplinary as well as transperiodical character. Since "the city builds itself on the city", that is to say that a long term duration is essential to the settlement of populations and the governances on urban fabric, we will have to consider the old neighborhoods and their reconstruction as well as the creation of new neighborhoods beyond the build-up area of the city. These phenomena are a known reality for all the cities that will be discussed in this workshop, first of all Istanbul and Tehran but also Alexandria, Cairo, Athens and Beirut. We’ll give "free time" to take out the neighborhood of its isolation –on a spatial, temporal, political and epistemological scale.

    With the support of laboratoire Mosaïques Paris-Ouest University and Institut Français

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  • OVIPOT - Présentation

    Créé en mars 2005, l’Observatoire de la Vie Politique Turque(OVIPOT) est un pôle de recherche de l’Institut Français d’Études Anatoliennes (IFEA) d’Istanbul.Il est placé sous la responsabilité d'Élise Massicard, chargée de recherches au CNRS, pensionnaire scientifique à l'IFEA.

     

    Son objet est la vie politique turque et plus généralement le système politique turc

    • les institutions et acteurs à l'oeuvre ;
    • son architecture constitutionnelle ;
    • les débats contemporains qui l'animent ;
    • le développement d’un Etat de droit ;
    • les relations internationales

    L’objectif principal de l’OVIPOT est de promouvoir une observation et une analyse du système politique turc en rapport avec les dynamiques de mutations et de réformes nées de la candidature de la Turquie à l’Union Européenne. Dans ce cadre, l’OVIPOT souhaite favoriser les recherches comparatives et devenir un centre d’information, d’accueil et de ressources dans l’espace turco-européen et euro-méditerranéen.

    Un pôle de recherche et d’expertise

    L’OVIPOT, outre les recherches menées par ses animateurs, participe à des programmes de recherche, organise des manifestations scientifiques et plus généralement favorise les échanges entre les institutions scientifiques turques et européennes travaillant sur ses thématiques de recherche.

     

    Un pôle de documentation et de ressources

    L’OVIPOT met en ligne sur Internet progressivement un certain nombre d’informations, d’analyses et de ressources documentaires destinées aux spécialistes et aux chercheurs en sciences sociales qui sont amenés à travailler sur la Turquie. L’OVIPOT contribue également à l'enrichissement du fonds documentaire de la Bibliothèque de l’IFEA sur les thématiques politiques de la Turquie contemporaine.
    Enfin, l'OVIPOT propose une liste de liens internet utiles pour la connaissance de la Turquie contemporaine et anime un blog régulièrement mis à jour.

     

    Un pôle d’accueil

    L’OVIPOT accueille en permanence des étudiants, des doctorants et des chercheurs s’intéressant à la vie politique turque et à la candidature de la Turquie à l’Europe. Les modalités pratiques d'accueil sont détaillées dans la rubrique Équipe.
    Un pôle de formation
    Il organise un séminaire sur la Turquie contemporaine. Destiné aux étudiants européens en mobilité « Erasmus », il est ouvert également aux stagiaires de l’IFEA et à toute personne intéressée par ces questions.
  • OVIPOT - Tanıtım

    2005 yılı Mart ayında kurulan Türk Siyaseti Gözlem Merkezi (OVIPOT), Fransız Anadolu Araştırmaları Enstitüsü’nün bir araştırma bölümüdür. CNRS araştırma sorumlusu ve IFEA araştırmacısı Elise Massicard'ın sorumluluğunda bulunan OVIPOT'un araştırma alanı Türk siyasal yaşamı ve daha genel olarak Türk siyasal sistemidir :

    • kurumlar ve aktörler;
    • anayasal yapı;
    • güncel tartışmalar;
    • hukuk devletinin gelişimi;
    • uluslararası ilişkiler.

    L’objectif principal de l’OVIPOT est de promouvoir une observation et une analyse du système politique turc en rapport avec les dynamiques de mutations et de réformes nées de la candidature de la Turquie à l’Union Européenne. Türkiye’nin Avrupa Birliği üyeliğine adaylığından doğan reform ve dönüşüm dinamikleriyle ilgili olarak ve özellikle de bir “ulusalcılık” olgusunun gelişmesiyle ilişkilendirilmiş gözlem ve analizi OVIPOT’un birincil hedefidir. Bu çerçevede OVIPOT, karşılaştırmalı araştırmaları destekleyen, Türk-Avrupa ve Avrupa-Akdeniz alanlarında etkinlik gösteren bir bilgi ve belgeleme merkezi haline gelmeyi amaçlamaktadır.

    Bugünlerde OVIPOT araştırmalarını özellikle seçimler ve temel sorunsalları, gündemdeki siyasal ve sosyal dönüşümler çerçevesinde siyasi partilerin yeniden yapılanması, Türk islamiyeti ve liberalizm arasındaki ilişkiler üzerine yoğunlaştırmaktadır. 

    Bir Araştırma ve Uzmanlık Bölümü

    Türk Siyaseti Gözlem Merkezi, bünyesindeki araştırmacıların ilgi alanları dışında başka araştırma programlarına da katılmakta, bilimsel toplantılar düzenlemekte ve daha genel olarak da Türkiye’de ve Avrupa’da bu konular üzerine çalışan bilimsel kurumlar arasındaki alışverişi teşvik etmektedir.

    Bir Kaynak ve Belge Merkezi

    OVIPOT, Türkiye üzerine çalışan araştırmacıların ve uzmanların kullanımına yönelik olarak internete düzenli olarak bilgiler ve belgesel kaynaklar koymaktadır. (ovipot.blogspot.com)

    Bir karşılama merkezi

    OVIPOT düzenli olarak öğrencileri, doktora öğrencilerini ve Türk siyasal yaşamı ve Türkiye’nin Avrupa’ya üyeliğiyle ilgilenen uzman araştırmacıları ağırlamaktadır. Dolaşım halindeki Avrupalı öğrencilere yönelik olarak araştırma ve metodoloji seminerleri düzenlemektedir.

  • Séminaire Turquie contemporaine : 27/10/2011

    Séminaire Erasmus "Turquie contemporaine"

    Organisateurs : Elise Massicard, Esra Atuk, Magali Boumaza
    Jeudi 27 octobre 2011 à 16h à l'IFEA
    Séance d'introduction par Elise Massicard
    Intervention en français

  • Toplumsal Tarih mars 2012

    Toplumsal Tarih "IFEA Çalışmaları"
    Mart 2012, n. 219.
    Élise Massicard:
    "Çağdaş Türkiye'de soyadı değiştirme: Sonradan edinilen isimler"
  • Toplumsal Tarih Mart 2012

    Toplumsal Tarih "IFEA Çalışmaları"
    Mart 2012, n. 219.
    Élise Massicard:
    "Çağdaş Türkiye'de soyadı değiştirme: Sonradan edinilen isimler"
  • Trans-acting Matters: Areas and Eras of a (Post-)Ottoman Globalization

    Research program funded through the French Agence Nationale de la Recherche (ref. ANR-12-GLOB-003)

    As opposed to studies which analyze the diffusion and circulation of practices, instruments, norms, and forms of knowledge as a stage subsequent to their localized production, the Transfaire project aims to study symbolic and technical instruments that are produced and reproduced by circulation. Our goal is dual in nature: on the one hand, we propose a new approach to connections, concomitances, and interdependencies in which (post-)Ottoman spaces are to be considered an integral part, contrary to studies which limit themselves to considering exchange in terms of one-way diffusion and importation. On the other hand, we aim to draw up a revised chronology of the modalities of governance and extroversion of the Empire and the Republic, detached from the great rifts which have marked narratives of political history.

    Instead of employing the notion of “transfer,” which assumes that there are elements which are allegedly “specific” to each of the regions concerned, our approach focuses on modalities of “trans-action” [transfaire], and pays close attention to processes of translation and co-production of normative vehicles and of the fabric out of which politics is made. Thinking in terms of interrelations is central to this endeavour, in order to avoid that the idea of incommensurable regions be reintroduced under the guise of “transfer.”

    The project Transfaire builds upon the results and the scholarly work already yielded by the research group Transtur (“Order and Compromise: Patterns of government and administration in Turkey and the Ottoman Empire”), which was coordinated by Élise Massicard and funded through the French Agence Nationale de la Recherche in 2008–2012. Transfaire thus aims to build upon and reinforce an active research network already well in place, and to help promote the formulation of generalizable perspectives that may speak to globalization theory more broadly.

    The team of Transfaire brings together 25 researchers and professors from the fields of history, political science, sociology, anthropology, and geography. Its priorities are organized along three main lines of inquiry:

    1. The forms of materiality of political objectivization
    2. The analysis of devolutions and normative (re)investment
    3. The challenges and actors of translation.

    The general organization is structured around two geographical poles, one in Paris (at the Centre d’Études Turques, Ottomanes, Balkaniques et Centrasiatiques), the other in Istanbul (at the Institut Français d’Études Anatoliennes), around which the members of the team gravitate. At each one of the two sites a permanent correspondent, recruited as a post-graduate research assistant, sees to the organization of the team’s activities. The two permanent correspondents – currently Ségolène Débarre and Benjamin Gourisse – work together with the project’s main coordinator – Marc Aymes – to ensure the pooling and sharing of activities amongst the team members. Bimonthly seminars enhance the cohesiveness of the project’s activities; yearly work meetings, held in executive session, allow individual difficulties to be addressed, completed work to be presented, and publishing projects to be discussed by the entire team.

    Scientific dissemination and visibility will be carried out by multiple methods: academic workshops; an international conference presenting the results of completed research; public outreach activities; and the creation of a website aimed to publicize the project’s developments as they unfold.

  • Tüm IFEA Dosyaları

    IFEA Dosyaları iki diziden oluşmaktadır: “Günümüz Türkiyesi” ve “Şimdiki zamanda miras"

    Dizi: Günümüz Türkiyesi

    Bu dosyaların amacı Türkiye'yi yakından ilgilendiren bir konunun ya da tartışmanın çerçevesinin, kolay anlaşılabilir bir şekilde referanslar verilerek ve argümanlar öne sürülerek çerçevesinin çizilmesidir. "Hafif" ve pratik olan bu yayınlar hem uzmanlardan oluşan hem de günümüz Türkiyesi'nde değişimler üzerine bilgi sahibi olmak isteyen herkese hitap etmektedir.

  • Workshop - Les reconfigurations contemporaines des relations public/privé en Turquie : 12/10/2012

    Les reconfigurations contemporaines des relations public/privé en Turquie
    The reshaping of public-private relationships in contemporary Turkey

    ***

    IFEA, 12 octobre 2012
    ANR TRANSTUR – CERI (groupe sociologie historique de l’économique) – IFEA