Lieu d’exercice du travail

Institut français d’études anatoliennes (IFEA)
Nuri Ziya Sok 10 34433 Beyoğlu

Date de prise de fonctions

le 1er septembre 2019

Fonctions

Sous l’autorité du directeur de l’IFEA la fonction consistera en :

  • l’accueil physique, téléphonique ;
  • la correspondance quotidienne ;
  • la préparation et la diffusion du bulletin d’information mensuel en deux langues ;
  • la traduction des contenus destinés à la mise en ligne ;
  • l’organisation logistique des événements scientifiques ;
  • le traitement des dossiers de bourse ;
  • la rédaction de demande d’autorisation, d’ordres de missions ;
  • la rédaction des conventions de partenariats, de bourse, de soutien ;
  • la gestion et le suivi des chambres d’hôtes de passage ;
  • la gestion et le suivi de commandes de diverses natures.

Qualifications requises et qualités recherchées

  • excellente maîtrise du turc et du français, à l’oral et à l’écrit ;
  • très bonnes qualités rédactionnelles ;
  • gestion administrative de dossiers ;
  • connaissance des outils de bureautique ;
  • compétences en communication ;
  • rigueur dans le travail ;
  • sens du travail en équipe ;
  • capacité d’adaptation ;
  • sens de l’organisation ;
  • esprit d’initiative.

Conditions de recrutement

Contrat d’agent de droit local à durée déterminée de deux mois avec possibilité de contrat à durée indéterminée ensuite.

Régime horaire de 38 h par semaine.

Conditions salariales

Grille des salaires de niveau 4, échelon 1, avec un treizième mois de salaire.

Contact

Merci d’adresser les candidatures (lettre de motivation, CV en français et en turc) au
plus tard le 9 août 2019 à l’adresse : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it..

Küratör: Sümbül Kaya / Didem Danış
Görüşme ve Fotoğraflar: İpek Boldağ
Çeviri: Ayşegül Bozan / Isabelle Gilles
Grafik Tasarımı: Suzy Legile

"Yaşayan Hafıza” sergisi Suriyeli mültecilere yardım amacıyla sivil
toplum kuruluşlarında aktif bir şekilde çalışan 10 vatandaşın kişisel
portresine ışık tutmaktadır.   Sergide yer bulan hayat hikayeleri,
yurttaşlığın sadece devlet ve vatandaşlar arası dikey ilişkiler
bütününden ibaret olmadığını, kişiler arası gündelik ilişkilerin de
vatandaşlık olgusunun önemli bir unsuru olduğunu ortaya koymaktadır.

Ziyaret saatleri:
Pazartesi- Cuma 09:00-13:00 / 14:00-17:00

Avec les beaux jours commence une nouvelle saison de fouilles.
Deux de ces fouilles sont étroitement liées à l’IFEA, Porsuk et Labraunda. La première puisqu’elle fut initiée sous l’impulsion d’un ancien directeur de l’IFEA, Emmanuel Laroche dont nous fêtons le centenaire cette année ; la seconde puisqu’elle est dirigée par l’actuel pensionnaire scientifique de l’IFEA, Olivier Henry. http://dipnot.hypotheses.org/839

Par Hosham Dawod (IR CNRS, responsable de l'antenne de l'IFPO en Irak)

Au moment où la citadelle d'Erbil vient d'être classée au patrimoine mondial de l'Unesco, les établissements en charge du patrimoine et de l'archéologie irakiens ont depuis quelques jours lancé des appels pressants en direction de la communauté internationale, pour sauver les sites archéologiques et le patrimoine culturel mésopotamien. Le représentant du secrétaire général des Nations-Unis en Irak a fait de même, ainsi que la directrice de l'Unesco

La région nord-ouest qui se trouve à présent sous le contrôle de Da'esh (l'État islamique en Irak et au Levant) et ses alliés comprend quelques 4500 sites archéologiques. Le marché parallèle des objets archéologiques est à nouveau florissant, après le saccage des musées irakiens en 2003 et les événements tragiques de Syrie depuis 2011, à cause de la situation actuelle en Irak. 

Il est urgent qu'une mobilisation de grande ampleur se mette en place pour défendre l'héritage civilisationnel de cette région, qui est une partie essentielle de l'histoire universelle. La liste de diffusion Iraqcrisis et le BISI (British Institute for the Study of Iraq) sont extrêmement mobilisés depuis un mois, de même que les personnalités indépendantes et influentes telles que Lamia al-Gaylani, archéologue irako-britannique, pour alerter.

Le livre d’Albert GABRIEL, Voyages archéologiques dans la Turquie orientale , avec un recueil d'inscriptions arabes par Jean Sauvaget, Paris : E. de Boccard, 1940, 2 vol. (XVI-374 p., CX pl.) : ill., cartes, plans, épuisé vient d’être édité en turc :

Şarki Türkiye’de Arkeolojik Geziler
Albert Gabriel
Dipnot / Araştırma-İnceleme Dizisi
Çeviri : İdil Çetin
İstanbul, 2014

SECOND INTERNATIONAL CONGRESS OF EURASIAN MARITIME HISTORY ST. PETERSBURG, 23-26 JULY 2014 (MARITIME HISTORY OF RUSSIA)

Organised jointly by

Historical and Cultural    Center                                                     International Association of
     Lichnost Peterburga                             Maritime Studies  (IAMS )
St.Petersburg / RUSSIA                                                     Piri Reis University
                                                                        Tuzla – İstanbul / TURKEY

The 2014 Congress will cover the maritime history of Russia at global level, including the Black Sea, the Turkish Straits, the Aegean and the Mediterranean Seas, the Caspian Sea,  as well as North Atlantic, Baltic Sea, the Arctic Ocean and the Far East. Historical events that took place under Ottoman and Russian dominance until the end of the World War I, will also be under focus.

(Re)découvrir Diyarbakır

Les entrepreneurs du patrimoine mondial

À ce jour, la candidature de Diyarbakır pour inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, présentée sous l’intitulé de « Paysage culturel de la forteresse de Diyarbakır et des jardins d’Hevsel », doit être soumise à l’étude des experts de l’organisation internationale. Finalisé par la Municipalité Métropolitaine de Diyarbakir et transmis au centre du patrimoine mondial en janvier 2014,1 ce dossier dissimule encore une profonde incertitude concernant ses chances d’aboutir. Rien n’est moins acquis d’avance en effet que l’entrée dans la collection du patrimoine mondial de cette zone urbaine et agricole aujourd’hui menacée d’affectation au statut de réserve foncière.2

Devamını oku: (Re)découvrir Diyarbakır, les entrepreneurs du patrimoine mondial, par Julien Boucly

conference-acomont-avril2014Le 17 avril 2014, de 9h à 14h, aura lieu à l'Université du Dicle de Diyarbakır, Auditorium E, une conférence sur :

House of Shepherd :  médiation centre of Anatolian current pastoral cultures (project) (projet de "Maison du berger" en Turquie)

Lors de cette conférence le projet d'une "Maison du Berger" (centre de médiation des cultures pastorales actuelles anatoliennes) enTurquie sera présenté à nos partenaires turcs (Université, Municipalité, Chambre de commerce et d'industrie, Chambre d'agriculture), mais aussi et surtout aux communautés pastorales locales.

Interviendront lors de cette conférence, les représentants de trois communautés pastorales, turkmènes et kurdes, pour une présentation de leurs activités et de leurs difficultés. D'autres éleveurs, appartenant à d'autres tribus, ont été aussi invités et seront présents dans la salle.

Michaël Thevenin, Président del'ACoMoNT

www.acomont.org

http://www.aa.com.tr/tr/haberler/279995--diyarbakir-surlari-unesco-yolunda

UNESCO Dünya Miras Listesine Başvuru Dosyası Hazırlama ve Alan Yönetim Plan Çalışması:

2000 yılında UNESCO Dünya Mirası Geçici Listesinde yer alan Diyarbakır Kalesi’nin asıl listeye alınması için çalışmalar 2011 de Kültür Bakanlığı ve Büyükşehir Belediyesinin ortak çalışması ile tespit edilen alan sınırının bakanlıkça kabul edilmesi ile başlamış oldu. Alan Sınırının onayı ile Ocak 2012 tarihinde Diyarbakır’ daki kurumların ve Büyükşehir Belediyesinin ortak kararı olarak  Arkeolog Nevin Soyukaya Alan Başkanı olarak bakanlık oluru ile atandı.

Devamını oku: Nouvelle étape dans la candidature de Diyarbakır à l'UNESCO et histoire de la candidature

Enfermées dans leurs harems, tenues officiellement à l’écart de la politique, les Ottomanes sont longtemps restées en dehors des pages de l’histoire. Profitant de l’impulsion donnée par le courant des « gender stories », des chercheurs se sont penchés sur ces individus mal-connus, révélant, par-delà les perceptions traditionnelles, une image pleine de paradoxe. Car si la règle voulait que l’on ne parle point des femmes, puisque personnages jugés, par nature, anhistoriques, elles apparaissent cependant régulièrement, et de façon accrue au cours du temps, dans les chroniques officielles. Interdites de politique, on ne cesse de critique leur influence et leur ingérence dans les affaires de l’Etat. Louées pour leur piété et leur munificence, elles sont dénigrées pour détourner et dépenser l’argent du Trésor pour leurs propres loisirs ou la construction de leurs fondations pieuses – les vakf. Ainsi, l’image de ces femmes se révèle plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Au cours de ce séminaire, fort de l’apport des divers intervenants, nous travaillerons à mettre en lumière différentes facettes de la vie des femmes dans l’Empire ottoman. Rôle politique, rôle diplomatique, rôle philanthropique, stratégies matrimoniales, vie quotidienne, autant d’éléments qui font de ces femmes des sujets pleinement historiques, dignes de notre attention.

Séminaire mensuel à l'Institut Français d'Etudes Anatoliennes IFEA
Responsable : Alberto F. Ambrosio

Le soufisme et l'histoire des confréries musulmanes (tarikat) sont un élément essentiel de l'histoire religieuse, et même de l'histoire tout court, de l'espace ottoman. Depuis l'arrivée en Anatolie des populations turques, jusqu'à la fondation de la République de Turquie, les frontières ottomanes ont représenté un lieu de passage, de vie et de diffusion du soufisme. Ce premier cycle de séminaires a pour but d'offrir à la fois les résultats du travail d'un certain nombre de chercheurs et constituer le noyau d'une table ronde sur l'espace anatolien comme carrefour des mystiques de différentes traditions, qui aura lieu à Istanbul au printemps 2010 (mars 2010).

Cinq séances dont les titres ne sont que prévisionnels sont prévues à partir de la rentrée 2009 :

  • Prof. Ahmet Yaşar Ocak (octobre, à vérifier) « L'espace ottoman comme carrefour des diverses mystiques : la place des confréries musulmanes » (Haccetepe Üniversitesi, Ankara)
  • Prof. Baha Tanman (novembre, à vérifier) « Ruptures et continuités dans les architectures spirituelles » (Istanbul Üniversitesi)
  • Yrd. Doç. Dr. Fatih Usluer (décembre, à vérifier) « Les houroufis dans l'Anatolie et les Balkans » (TOBB ETU Üniversitesi, Ankara)
  • Yrd. Doç. Dr. Sişman Cengiz (janvier, à vérifier) « L'eschatologie juive à l'épreuve de l'histoire ottomane » (Tobb Etü Üniversitesi, Unkara)
  • Thierry Zarcone (Habilité de recherche, EHESS, février, à vérifier) « Parcours d'Européens chez les soufis de Turquie à la fin du XIXe et au début du XXe siècle : Gurdjieff, Wett et von Sebottendorf ».

Ce séminaire se propose d'interroger le développement de la philosophie et de la psychanalyse en Turquie depuis la fin du 19ème siècle jusqu'à nos jours, à travers certains de ses aspects : conditions du transfert et de l'intégration des références occidentales, problèmes liés à la langue, disciplinarisation, rapport au cadre universitaire. Nous nous attacherons par exemple à dégager les difficultés et les particularités de la constitution comme disciplines de la philosophie et de la psychanalyse, dans un pays où le cadre universitaire et la reconnaissance étatique ont joué un rôle important dans le développement des sciences humaines.

Étant dans la phase d’élaboration de mon sujet de thèse et d’évaluation de sa faisabilité, mon intervention à la Session d’Etudes Doctorales n’a pas eu pour objectif de proposer des idées ou des outils de recherche déjà construits, ni d’argumenter quelques résultats. Il s’est agi de présenter les concepts et les lieux qui forment les fils conducteurs de ma recherche.
Mon mémoire de DEA, intitulé “ Les enfants travaillant dans les rues d’Istanbul, leurs espaces et leurs familles : une des faces de la pauvreté urbaine ”, a porté sur une population issue d’une migration interne récente et forcée provenant des régions d’Anatolie de l’est et du sud-est. Cette population habite un quartier dégradé du centre-ville stambouliote, le quartier de Tarlabaşı, près de l’avenue commerçante d’Istiklal et de la grande place de Taksim. Par le biais d’une d’étude sur les enfants vendeurs ambulants, l’accent a été mis sur les stratégies de survie mises en œuvre par cette population. J’ai pris en compte tant les aspects familiaux que professionnels, mis en perspectives avec la particularité du lieu de travail. L’objectif de cette recherche a été d’appréhender les conditions de vie de cette population en se focalisant sur la manifestation la plus explicite de leur pauvreté : le travail des enfants dans la rue.

Migrations forcées

L’étude des conditions de vie de ces familles a permis de souligner l’importance d’un phénomène récent en Turquie : l’influence sur les migrations des conflits armés dans les régions de l’est et du sud-est du pays qui ont pris l’ampleur à partir du milieu des années 1980. Ce phénomène a entraîné un flux migratoire, tandis qu’à partir de 1993, le nombre des personnes déplacées de façon “ forcée ” a fortement augmenté. Le déplacement forcé renvoie à plusieurs processus qui incluent la déportation et/ou l’incendie de villages par l’armée ou par le PKK, et la désertion des villages par leurs habitants pour des raisons de sécurité et/ou économiques (Çetin, 1999 : 4-5). Faute de chiffres exacts sur l’ampleur de ce phénomène, les estimations varient : “ Le politicien kurde, Murat Bozlak évalue le nombre des personnes ayant dû migrer dans les régions de l’est et du sud-est entre 2,5-3 millions ” (Kirisçi–Winrow, 1997 : 139). Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) précise que les chiffres varient considérablement en raison des difficultés à discerner les déplacements volontaires et forcés. Dans son rapport publié en 1997 sur la situation des réfugiés dans le monde, le HCR estime le nombre de ces déplacés entre 500 000 et 2 millions, précisant par ailleurs que les autorités turques, elles, mettent en avant le chiffre de 350 000 personnes (BMMYK, 1997 : 106).
La migration forcée est aujourd’hui un phénomène important pour appréhender les analyses urbaines en Turquie puisqu’elle diverge complètement des migrations précédentes. Elle ne peut, de ce fait, être décryptée avec les anciens outils d’analyse et nécessite l’élaboration de nouveaux concepts, résultats d’un nouveau regard adapté à cette nouvelle forme de migration. Il s’agit d’une migration mise en œuvre “ sans la moindre préparation institutionnelle, par un processus complètement informel, d’une façon forcée et sous la pression des conditions extraordinaires ” (Erder, 1997 : 151). Ce qui rend le déplacement forcé différent des autres formes de migrations connues jusqu’alors en Turquie est que les migrants en question n’ont, soit plus de village, soit aucun moyen d’y accéder ; en tout cas, la relation avec le village se trouve totalement brisée. En outre, le processus de la migration forcée ne concerne pas uniquement les membres économiquement actifs de la famille mais l’ensemble de celle-ci. De ce fait, les conditions d’adaptabilité au milieu urbain, tant par le logement que par l’emploi se trouvent anéanties. “ Le fait que tous les membres de la famille soient issus de la migration ensemble et simultanément supprime les potentiels d’une adaptation graduelle et flexible. Ces ménages caractérisés par des adultes non-qualifiés et un nombre élevé d’enfants peuvent difficilement rentrer dans les réseaux de relations basés sur la province de provenance, et par conséquent, ils sont poussés vers la solitude ” (Erder, 1995 : 118).
À partir de l’exemple du quartier de Tarlabaşı, où une partie des familles kurdes issues de cette migration s’est installée, j’aurais pu étendre mes recherches à d’autres quartiers où se sont fixées des populations issues d’une migration forcée et comparer leurs modes d’installation, leur articulation aux marchés du logement et du travail en identifiant les caractéristiques qui les différencient des populations installées antérieurement. Cependant, une deuxième direction m’a semblé plus pertinente : réaliser une étude approfondie de l’histoire du quartier de Tarlabaşı , par le biais d’une monographie. Les difficultés d’accès aux sources m’ont un temps fait hésiter mais, après discussions avec quelques chercheurs, j’ai été convaincue de la faisabilité de cette étude. Les questionnements et la méthodologie relatifs à cet axe de recherche sont ci-après présentés.

Tarlabaşı : un quartier dégradé du centre-ville stambouliote

Avec les mouvements de modernisation dans l’Empire ottoman à la fin du XIXe siècle, la sous-province de Beyoğlu, à l’époque connue sous le nom de Péra, a évolué différemment de l’ancienne ville intra-muros. Cette dernière abritait la population musulmane, tandis que Péra était en majorité peuplé par une population non-musulmane : les Grecs, les Arméniens, les Juifs, les Levantins et les Musulmans aisés. Dans la rue centrale, la Grande Rue de Péra, aujourd’hui avenue Istiklal, les bâtiments comptaient 5-6 étages et ceux du quartier de Tarlabaşı 2-3 étages. Péra représentait la facette “ moderne ” d’Istanbul, à la fois par le mode de vie de ses habitants et par ses bâtiments, dont la plupart portaient la signature d’architectes européens et restent considérés aujourd’hui comme faisant partie du patrimoine architectural du pays.
Depuis l’instauration de la République turque en 1923, la population non-musulmane du pays a connu une baisse considérable et le quartier de Beyoğlu a, en conséquence, vu sa population changer. Ce changement s’est fait parallèlement au processus de “ turquification ” de l’Etat-nation , c’est-à-dire à une graduelle diminution du “ vieux fonds de la population non-musulmane ” (Yerasimos, 1997 : 204). Les événements essentiels de ce processus ont été, par ordre chronologique :

  • l’échange des populations entre la Grèce et la Turquie de 1923-24 après la Première Guerre mondiale et la Guerre d’Indépendance turque ; même si la population grecque stambouliote en a été officiellement exclue, il y a eu de nombreux départs.
  • l’Impôt sur la Propriété pratiqué sur une courte période, à partir de 1942, et ciblant essentiellement les propriétés des non-musulmans, surtout ceux d’Istanbul ;
  • la création de l’État d’Israël et l’émigration d’une grande partie de la population juive vers ce pays ;
  • le pillage des magasins et propriétés grecs, organisé en septembre 1955 suite à une provocation des groupes nationalistes turcs ;
  • la déportation des personnes ayant la nationalité grecque en 1964.

En ce qui concerne les quartiers à Beyoğlu, Tarlabaşı compris, un autre fait est aussi important que ces événements : le déplacement des classes aisées vers d’autres quartiers d’Istanbul, surtout vers le nord. Le quartier de Tarlabaşı est aujourd’hui en déclin : la valeur locative est faible et plusieurs bâtiments sont en ruine. Ces caractéristiques rendent le quartier attractif pour les couches économiquement les plus faibles de la société et il constitue généralement le premier lieu d’habitation pour les nouveaux immigrés avant qu’ils ne trouvent le moyen de déménager dans un autre quartier. Parmi ces couches pauvres, on peut citer : les personnes issues de la migration forcée (les Kurdes mais aussi les Syriaques et les Arabes) ; les non-musulmans originaires du quartier qui n’ont pu le quitter ; les populations issues des migrations internes antérieures qui n’ont pu déménager ; les Tsiganes, les migrants d’Afrique noire en attente d’un passage vers les pays européens ; les prostituées et les travestis. A contrario, d’autres parties de Beyoğlu, et notamment Cihangir, Çukurcuma, Galata et les environs de la rue piétonne d’Istiklal témoignent d’un processus de gentrification.
Il importe de mettre l’accent sur la transformation du quartier de Tarlabaşı suite aux événements mentionnés et, plus explicitement, sur les processus de changements de propriétaires. À ce sujet, Stéphane Yerasimos nous dit que suite aux événements de 1955 “ la propriété immobilière des émigrés grecs, souvent bloquée, se trouve occupée par de nouveaux migrants, transformant rapidement le quartier ” (1997, 204).
Comment le quartier de Tarlabaşı s’est-il transformé en un quartier de slum ? Les éléments de réponse doivent principalement être cherchés dans l’histoire des changements de propriétaires de ce patrimoine urbain. Quel est le parcours suivi par les titres de propriété, par quels processus les propriétaires originels ont-ils cessé de l’être? Un autre point important est que ces propriétaires originels ont dû abandonner ou vendre leur propriété à un prix plus bas que leur valeur et qu’encore aujourd’hui, on peut trouver dans le quartier de nombreux bâtiments vacants ou récemment occupés de manière illégale, tandis qu’une grande partie du parc immobilier est en ruine. Afin de mieux esquisser les transformations démographiques du quartier depuis un siècle environ et de dégager ainsi l’histoire sociale du quartier, j’entends réaliser une analyse des registres de titres de propriété de l’arrondissement de Beyoğlu. Cette approche méthodologique présente de nombreuses difficultés liées à l’accession aux titres de propriétés. La recherche réalisée par Ayhan Aktar relative à l’impôt sur la propriété en souligne toutefois la pertinence. Ayhan Aktar a analysé le transfert de richesses de mains de non-musulmans à mains de musulmans, devenus ainsi une classe de commerçants ne constituant pas une menace contre l’administration de la République. Ceci semble précisément être le cas pour Beyoğlu, sans que les propriétaires originels aient été rétribués à hauteur de la valeur réelle des propriétés. En analysant le changement de propriétaires, il sera possible de suivre le mouvement des populations.
En outre, l’analyse des titres de propriétés peut être complétée par la collecte d’histoires orales et de récits de vie fournis par d’anciens habitants du quartier, qu’ils y résident encore ou non.
Seront ensuite explorés les aspects concernant le tissu social actuel du quartier. Dans le cadre de mon mémoire de DEA j’ai analysé une partie de ce tissu, à savoir les familles kurdes installées au cours de la dernière décennie suite aux conflits dans leur village d’origine en Anatolie du sud-est. Cependant, le quartier abrite une population très hétérogène. On peut avancer l’idée que ce quartier a eu tendance à être un premier lieu d’habitation pour des populations à revenus faibles avant qu’elles trouvent les moyens de se déplacer ailleurs dans la ville. Sa population est donc constamment renouvelée.
À partir de ce point, je chercherai à répondre aux questions suivantes :

  • Quelle est l’influence de la migration interne sur la structure de la population du quartier ?
  • Quelles sont les spécificités du parc immobilier du quartier qui le rendent accessible aux populations pauvres ?
  • Quelles sont les activités économiques dans le quartier ; quelle est la part du secteur informel ?

Je compte mener un travail de terrain auprès d’un nombre limité de familles habitant actuellement Tarlabaşı, en m’appuyant sur la méthode de l’observation participante nourrie d’entretiens.
En bref, Tarlabaşı est un quartier structuré par les émigrations et les immigrations. Au cours des différentes périodes, divers groupes ethniques s’y sont installés, transformant le quartier. Mon objectif est de saisir la nature de ces transformations en étudiant les registres de propriété et d’esquisser une carte sociale du quartier au fil de l’histoire.

Conclusion

De nombreuses critiques constructives ont été formulées au cours de cette école doctorale. Elles m’ont ouvert de nouvelles pistes de réflexion. La discussion a porté sur deux points essentiels : premièrement, la nécessité d'établir une approche comparative ; deuxièmement, la prise en compte du concept d’“ étranger de l’intérieur ” développé par Lamia Missaoui . Les participants ont donné des exemples d'autres villes du bassin méditerranéen, dont certains quartiers ont vécu un destin similaire à celui constituant mon objet d'étude. Il pourrait être possible de tracer les traits de la “ taudification ” de ces quartiers en passant par leur processus de transformation démographique. L'exemple de Jérusalem est notamment intéressant et m’incite à porter un regard croisé. Le deuxième point, la notion d’“ étranger de l'intérieur ”, permet de suivre le processus de construction des étrangers de l'intérieur à partir des communautés minoritaires à la fois dans les dernières décennies de l'Empire ottoman, et dans la République turque. Cette notion pourrait également permettre d’élucider les comportements actuels de la République vis-à-vis de ses minorités.

Bibliographie

  • AKTAR, Ayhan, Varlik Vergisi ve ‘Türklestirme’ Politikalari, Istanbul, Iletisim, 2000.
  • Birlesmis Milletler Mülteciler Yüksek Komiserligi, Dünya Mültecilerinin Durumu–Bir insanlik sorunu, Oxford, Oxford University Press, 1997.
  • ÇETIN, Vedat (ed.), Yakilan/Bosaltilan Köyler ve Göç, Ankara, Öteki Matbaasi, 1999.
  • ERDER, Sema, “ Yeni kentliler ve kentin yeni yoksullari ”, Toplum ve Bilim, n°66, Printemps 1995.
  • ERDER, Sema, Kentsel Gerilim, Ankara, Umag, 1997.
  • Insan Haklari Dernegi, “ Istanbul’a siginan Kürtlerin yasam kosullari üstüne ”, Insan Haklari Dernegi Bülteni, Istanbul, Özel Sayi, décembre 1998.
  • Istanbul Ansiklopedisi, Istanbul, Tarih Vakfi, 1995.
  • KIRISÇI Kemal–WINROW Gareth M., Kürt sorunu–Kökeni ve gelisimi, Istanbul, Tarih Vakfi Yurt, 1997.
  • SÖNMEZ, Mustafa, Istanbul’un Iki Yüzü–1980’den 2000’e Degisim, Ankara, Arkadas, 1996.
  • SEN, Mustafa, “ Güneydogu Anadolu göçmenleri, konut ve kentlesmede yeni örüntüler ”, in Emine M. Komut (ed.) ‘Digerleri’nin Konut Sorunlari, Ankara, TMMOB Mimarlar Odasi, 1996.
  • YERASIMOS, Stéphane, “ Istanbul : La naissance d’une mégapole ”, Revue Géographique de l’Est, Tome XXXVII, n°2-3, Septembre 1997, pp. 189-215.