Notre dessein sera de montrer le visage de Constantinople sous le règne d’Alexis I sous trois grands angles : les palais, les fondations religieuses de la famille impériale, l’évolution de la configuration urbaine avec le développement des quartiers Nord-Ouest de la ville et le développement commercial de la partie Sud de la Corne d’Or. Dans l’étude des palais, nous découvrirons successivement le nouvau centre de la cour des Comnènes au palais des Blachernes avec la grande salle du trône, dit le Triclinos d’Alexis, les transformations du Grand Palais et l’évolution du cérémonial, la permanence de la Porphyra, l’importance croissante des palais à l’extérieur de la ville et la décadence de la symbolique l’hippodrome. L’étude des fondations religieuses de la famille impériale nous amène
Élisabeth Malamut, docteur de 3e cycle, docteur d’État, a été chercheur au CNRS de 1974 à 2004. Depuis 2005 elle est professeur d’Histoire Byzantine à Aix-en-Provence (Université de Provence) et directrice du laboratoire SICMA (Sociétés, Idéologies, Croyances au Moyen Age). Ses thèmes de recherches se fondent sur l’espace méditerranéen – en particulier les relations politiques, diplomatiques, intellectuelles et spirituelles de Byzance avec les Balkans, l’Occident et l’Orient musulman -, plus récemment sur « la ville et l’histoire » avec Thessalonique aux 9e-14e siècles et Constantinople à l’époque des Comnènes. Ses ouvrages sont « Les îles de l’empire byzantin aux 8e– 12e siècles », Publications de la Sorbonne, Paris 1988, et « Sur la Route des Saints Byzantins », Paris 1993. Elle prépare actuellement un livre sur
Le Xe siècle correspond à l’apogée politique du monde féodal d’Anatolie. Les deux empires, byzantin et abbasside étaient en guerre depuis près de deux siècles, mais la guerre n’avait pas exclu des échanges diplomatiques et commerciaux. Entre Byzance et Bagdad, des états tampons s’étaient constitués, émirats détachés du califat, les royaumes géorgiens et arméniens. Trois monuments témoignent encore de la richesse des princes chrétiens d’Anatolie orientale au Xe siècle : les églises d’Ağtamar, d’Işhan, et la grande église de Tokalı à Göreme. Ces monuments, œuvres de civilisations régionales, ont en commun le goût du luxe qui servait au prestige des commanditaires. On faisait appel aux meilleurs artistes et l’on utilisait les matériaux les plus précieux : l’or à la feuille et le
Alessandra Ricci a terminé son doctorat en “Art et Archéologie” à l’Université de Princeton sur le sujet : “L’architecture byzantine et les cultures politiques au XIXe siècle”. Elle vit et travaille en Turquie depuis dix ans et dirige actuellement la fouille de Küçükyalı. (Monastère de Satyros, 867-877 av. J. C.) ainsi que le projet du parc archéologique associé à la fouille.