Pierre Chuvin est professeur de langue et littérature grecques à l’Université de Paris 10 Nanterre ; il a été le premier directeur de l’Institut français d’études sur l’Asie centrale, à Tachkent, de 1993 à 1998, et il dirige actuellement (depuis 2003) l’Institut français d’études anatoliennes, à Istanbul. Il a édité, traduit et commenté des textes poétiques de la première période byzantine (Ve et VIe siècles ap. J.-C.), et notamment participé à la publication de l’épopée-fleuve (48 chants) Les Dionysiaques, par Nonnos de Panopolis, qui fait une large part à des traditions légendaires d’Anatolie, et, avec Marie-Christine Fayant, traduit les poèmes de Paul le Silentiaire, officier de la cour de Justinien, Description de la Grande Église (Sainte-Sophie) et Description de l’Ambon. Ses
Pierre Chuvin Paris 10 Nanterre Üniversitesi’nde Yunan dili ve edebiyatı öğretim üyesidir; 1993-1998 yılları arasında Taşkent’teki Fransız Orta Asya Araştırmaları Enstitüsü’nün ilk müdürü olarak görev yapmıştır. 2003 yılından bu yana İstanbul’daki Fransız Anadolu Araştırmaları Enstitüsü’nü yönetmektedir. Erken Bizans Dönemine (MS 5. ve 6. yüzyıllar) ait şiirlerin tercüme, düzenleme ve yorumlaması alanında çalışmalar yapmış ve özellikle Anadolu’nun mitolojik geleneğinin büyük bir bölümünü oluşturan Panopolis’li Nonnus’a ait Dionysiaca destanının (48 bölüm) yayımlanmasına katkıda bulunmuştur. Chuvin ayrıca Marie-Christine Fayant ile birlikte, I. Justinianus’un saray görevlisi Paulus Silentiarius’a ait şiir formunda yazılmış Büyük Kilisenin Betimi (Ayasofia) ve Ambon’un Betimi adlı eserlerin tercümesini yapmıştır. Chuvin’in diğer yayınları arasında, Yunan mitolojisi ve dini (Son putperestlerin tarihi [antik çağ putperestliğinin sonu] ve İlk insandan Herkül apotheosise), ile Türk
Dès le Moyen Âge, le territoire de l’Empire byzantin — et avant tout Constantinople, sa capitale — a vu passer des voyageurs venus de tous horizons, diplomates, marchands, prisonniers, pèlerins, missionnaires, qui ont parfois laissé des récits. Lors de leurs visites, les guides leur racontaient des historiettes à propos des bâtiments, des statues, des ruines, des sites… et leur vantaient l’abondance des reliques conservées dans les sanctuaires, Pierre Gilles (1489-1555) est le premier voyageur à confronter systématiquement les informations et observations recueillies in situ avec les textes anciens, classiques et byzantins. Il séjourna dans l’Empire ottoman, et surtout à Istanbul, entre 1544 et 1552. Revenu finir ses jours à Rome, c’est dans les bibliothèques de cette ville qu’il élabora son œuvre, en grande
Dès le Moyen Âge, le territoire de l’Empire byzantin — et avant tout Constantinople, sa capitale — a vu passer des voyageurs venus de tous horizons, diplomates, marchands, prisonniers, pèlerins, missionnaires, qui ont parfois laissé des récits. Lors de leurs visites, les guides leur racontaient des historiettes à propos des bâtiments, des statues, des ruines, des sites… et leur vantaient l’abondance des reliques conservées dans les sanctuaires, Pierre Gilles (1489-1555) est le premier voyageur à confronter systématiquement les informations et observations recueillies in situ avec les textes anciens, classiques et byzantins. Il séjourna dans l’Empire ottoman, et surtout à Istanbul, entre 1544 et 1552. Revenu finir ses jours à Rome, c’est dans les bibliothèques de cette ville qu’il élabora son œuvre, en grande
Après Sainte-Sophie et les murs de Constantinople, la Kariye Camii, ancienne église abbatiale (katholikon) du monastère de la Chora, est le plus célèbre des monuments byzantins actuellement visibles à Istanbul. Elle est la mieux conservée parmi les centaines d’abbatiales qui ornaient autrefois la capitale médiévale, et dont plusieurs la concurrençaient par leur décor magnifique de mosaïques, peintures et marbres polychromes. Est-ce que son bon état de conservation nous donne une fausse impression de son importance culturelle ? Son décor artistique est certes impressionnant, mais son intérêt particulier vient de son association avec l’homme qui la rénova à fond et lui donna l’apparence qu’elle présente au visiteur d’aujourd’hui. Cet homme, ce fut le grand logothète Théodore Métochite, que la mosaïque en haut