On sait les luttes inexpiables qui opposèrent pendant 500 ans l’État byzantin aux Turcs seldjoukides puis ottomans. Affrontements militaires, concurrence politique et religieuse entre un empire chrétien hellénophone et deux sultanats turcs et musulmans, l’État seldjoukide d’Anatolie du XIe au XIIIe et le sultanat ottoman des XIVe et XVe, mais à y regarder de plus près, la cohabitation forcée entre les deux adversaires en Anatolie puis dans les Balkans finit par transformer Turcs et Byzantins en « ennemis intimes », s’opposant mais se connaissant, animés d’un farouche esprit de concurrence mais aussi d’une familiarité ouverte qui permit bien des échanges institutionnels, culturels ou artistiques. Je ne parlerai pas ici de cette interpénétration des sociétés turque et byzantine médiévales dont subsistent dans l’Istanbul