Iran : Plongée dans le vide

DATE / TARİH

mars 23, 2026    
17:00 - 19:00

LIEU / VENUE / MEKÂN

Institut français Istanbul
İstiklal Cd. No:4, , Beyoğlu/İstanbul, 34435

Lundi 23 mars 2026, 17h – 19h (Turquie)
En français
Lieu: 
Salle Micel de l’Institut français
Adresse:
Istiklal Cd. No:4, , Beyoğlu/Istanbul, 34435
En présentiel, inscription obligatoire avant le  20 mars à 15h : https://forms.gle/4Np7zMfsmYsipDt67

 

Intervenante : Fariba Adelkhah (Directrice de recherche, Centre de Recherches Internationales, SciencesPo, CNRS)
Organisatrice : Gabrielle Angey (Université Paris Dauphine – PSL (IRISSO))

 

Résumé :

Au 21ᵉ siècle, on choisit la guerre comme plateforme de décision, tout en continuant de refuser tout dialogue avec un Etat issu d’une révolution que l’on n’a jamais vraiment acceptée. Prétendre changer militairement un régime de 47 ans sans poser la question de la société est un peu surprenant ! C’est tout réduire au politique dans un système qui, justement, n’a pas été que cela, et qui est né d’un grand moment révolutionnaire de « spiritualité politique », pour reprendre le terme de Foucault, assez stupidement critiqué par la suite.

C’est faire l’impasse sur l’autonomie du social par rapport au politique, sur la société civile — c’est-à-dire la société dans son rapport au politique et à l’État. Mon objection porte moins sur les changements du régime que sur ce que l’on sait de ce système politique, qui a gouverné pendant plus de 40 ans sans alternative. Mon désarroi provient du refus de toute véritable négociation de la part des États-Unis, sans parler d’Israël, qui n’en voulait pas non plus. Que dire de la démission de l’Europe, exception faite de l’Espagne et de l’intervention remarquable de son Premier ministre, dans cette guerre illégale, injuste et dangereuse pour le monde ? Rien à dire…

 

Biographie : 
Fariba Adelkhah, anthropologue, a fait ses études de sociologie à l’université de Strasbourg de 1979 à 1983, puis sa thèse d’anthropologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris en 1989. Elle est directrice de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques (Paris, SciencesPo-CERI). Elle est notamment l’auteur de La Révolution sous le voile. Femmes islamiques d’Iran (Karthala, 1991 ; traduction en arabe, 1995, et en espagnol, 1996 ), Etre moderne en Iran (Karthala, 1998 ; traduction en anglais chez Columbia University Press, 2000 ; traduction en turc, Iran’da modern Olmak, Istanbul, Metis Yayinlari 2005), Les Mille et une frontières de l’Iran. Quand les voyages forment la nation (Karthala, 2012 ; traduction en anglais, Routledge, 2016), Les paradoxes de l’Iran (Le Cavalier bleu, 2013). Elle a dirigé « Guerres et terres en Afghanistan » de la Revue d’études du monde musulman et de la Méditerranée (133, 2013). Prisonnière à Téhéran (Le Seuil, 2024).