Étudier à partir des sources cunéiformes les dynamiques de pouvoir dans la société assyrienne au début du IIe millénaire av. n. è.

DATE / TARİH

octobre 30, 2026    
10:30 - 12:30

Présentation de boursier de courte durée à l’IFEA, Elliott R. J. Lairie (UMR 9028-HARTIS – ULille, CNRS, MC, Inrap)

30/10/2026 à 10h30

À l’IFEA, Sanatkarlar Mektebi Sk. No:10, 34433 Beyoğlu/Istanbul

Inscription obligatoire avant le 29 octobre 2026 avant 15h ici : https://forms.gle/C6dJa37AVMhmteYr6

 

Résumé

Au début du IIe millénaire avant notre ère, l’Assyrie en tant que région n’existe pas encore. Aššur (actuel Qal’at Sherqat, Irak) est alors une cité-État commerçante à l’emprise territoriale limitée dotée d’un large réseau de comptoirs en haute Mésopotamie et en Anatolie animé par des marchands dont les archives privées proviennent essentiellement de Kaneš (Kültepe, Türkiye). Aux XXe et XIXe siècles, son organisation politique se distingue par sa structure tripartite : une assemblée de composition incertaine, un souverain au pouvoir limité qui la préside, et un magistrat éponyme à la tête d’un hôtel de ville. Au tournant du XVIIIe siècle, sa situation politique change radicalement : conquise par le roi Samsī-Addu, Aššur est intégrée dans un État territorial, le « royaume de haute Mésopotamie », surtout documenté par les archives officielles de Mari (Tell Hariri, Syrie).

Quelles sont les modalités d’organisation et de distribution du pouvoir entre les différents acteurs de la société assyrienne (individus – hommes et femmes –, groupes ou institutions), ainsi que les relations qu’ils entretiennent avec celui-ci ? Quelles continuités et ruptures la conquête induit-elle dans le système politique d’Aššur ? Cette exploration des dynamiques de pouvoir s’appuie sur des sources cunéiformes : majoritairement de la correspondance, mais aussi des procès-verbaux, contrats, inscriptions royales, traités, textes littéraires ou administratifs. À cette fin, sont croisées la documentation paléo-assyrienne, principalement issue de Kaneš, et la documentation paléo-babylonienne de haute Mésopotamie, provenant surtout de Mari. Plus de 150 tablettes paléo-assyriennes ont ainsi pu être collationnées dans le cadre de deux missions d’études au Musée des Civilisations Anatoliennes d’Ankara, dont une soutenue par l’IFÉA.