Hommage à Jean-Louis Bacqué-Grammont (1941-2024)

Une version provençale des capitulations vénitiennes de 1540

Par Alain Servantie

Peter Coecke, Réception d’un ambassadeur vénitien à la Cour du Grand Turc, 1534

En 2004, M. Bacqué-Grammont m’avait communiqué  copie de quelques textes du 16ème siècle conservés à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras concernant les relations avec les Turcs, et notamment des versions provençale et française de la capitulation turco-vénitienne de 1540[1]. Ces textes auraient été rassemblés vers 1576 et traduits par Dominique Oliviery, drogman à l’ambassade de France à Constantinople entre 1566 et la fin du siècle[2].

Le texte turc de la capitulation vénitienne de 1540 à la Bibliothèque Inguimbertine  a été étudié en détail par plusieurs historiens  es relations vénéto-ottomanes : Babinger, Lehmann et Theunissen[3]. Une version des archives de Venise a été étudiée par Luigi Bonelli[4] et Bombaci[5]. L’étude très complète de Theunissen comprend une annexe très détaillée sur les toponymes.  
            Nous reprenons ici :

  • La traduction de la « lettre de Sultan Soliman » (capitulation vénitienne) en provençal,
  • La « traduction de la capitulation du grand Seigneur aveq la seigneurie de Venize », version française,
  • Le texte italien publié par Dumont au 18ème siècle.

L’intérêt est qu’il s’agit d’une traduction faite directement du turc en provençal, par quelqu’un qui apparemment ne connaissait pas les noms vénitiens des îles de la mer Égée et reproduit l’orthographe fautive de la version turque qu’il utilise. Certaines phrases (§§1-2 introductifs sont résumées) ; des noms propres manquent (le nom du doge et de son ambassadeur, au § 3; certaines des îles). Par contre, certains noms de lieux sont accompagnés d’explications qui ne se trouvent pas dans l’original.

 

La paix de Venise[6]

Pour mémoire, le 27 septembre 1538 les flottes vénitienne et impériale sont défaites à Preveze[7] par Barberousse, qui par ailleurs s’est emparé de diverses îles de la mer Égée jusqu’alors sous contrôle vénitien.

Très vite, les Vénitiens décident de reprendre contact avec les Ottomans et envoient Lorenzo Gritti à Constantinople en avril 1539. Il retourne, après avoir entendu le grand vizir Rüstem pacha, auprès duquel le drogman Yunus bey l’avait introduit, accuser violemment les Vénitiens de manquer à leur parole, de ne pas répondre aux offres de paix, mais accorder néanmoins une trêve de trois mois pour négocier la paix. Les troupes turques s’éloignent de Split qu’elles s’apprêtaient à assiéger.

Venise vue par Piri Reis
Venise vue par Piri Reis

L’empereur Charles-Quint «a niun modo vuole l’accordo con i Turchi ». Son ambassadeur à Venise Diego Hurtado, vient au Sénat supplier les Vénitiens de ne pas conclure de paix dans un discours où il traite les Turcs de barbares, n’observant aucun traité, ne proposant la paix que pour asservir les plus faibles. Charles Quint espérant encore empêcher la paix envoie à Venise le marquis du Guast, accompagné du français d’Annebaut ; ils sont reçus solennellement par le Bucintore et 7 galères. Les discours des deux envoyés[8] ne sont pas bien reçus des Vénitiens, qui estiment que l’empereur cherchait à gagner du temps, pour ne pas donner Milan aux Français, et utiliser la République comme rempart contre les Turcs ; et le Sénat répond que les principaux frais de la guerre ont été jusqu’alors supportés par Venise. [9]

Venise par Breydenbach (16e)
Venise par Breydenbach (16e)

Le Sénat vénitien élit Piero Zen qui avait été bayle à Constantinople, pour négocier la paix, et envoie Lorenzo Gritti à l’avance pour l’annoncer et demander une prolongation de la trêve. Piero Zen est nanti d’instructions demandant le retour au statu quo ante, et proposant la restitution de Castelnuovo[10] contre une trêve générale, se met en chemin, mais meurt à Sarajevo.    
Le Sénat, informé par une lettre du secrétaire Pietro di Franceschi, confirmant les désirs turcs de paix, élit alors Tommaso Contarini, de 84 ans, « istimato molto per laude di mature prudenza & per particolare cognitione delle cose de Turchi »[11]. Contarini à Istanbul est reçu par Soliman, qui, pendant l’exposé de l’ambassadeur, « sempre tenne la mano al petto, in segno (come dicevano i suoi) d’animo turbato », mais lui souhaite la bienvenue. Le grand vizir dit qu’il sera impossible de restituer ce qui a été pris, et que les Vénitiens devront abandonner Nauplie et Malvoisie. Contarini refuse et demande de retourner au Sénat, les pachas lui disent que c’est la coutume du paix de faire des demandes plus larges au début de la négociation. Contarini repart, sans qu’on lui offre le banquet ni les cadeaux traditionnels de congé. [12]

Gravure panoramique de Venise du 18ème siècle, réalisée par l'artiste hollandais Erhard Reuwich pour illustrer le livre de voyage de Bernhard von Breydenbach. L'œuvre originale a été publiée en 1486 dans l'ouvrage Peregrinatio in terram sanctam.
Gravure panoramique de Venise du 18ème siècle, réalisée par l’artiste hollandais Erhard Reuwich pour illustrer le livre de voyage de Bernhard von Breydenbach. L’œuvre originale a été publiée en 1486 dans l’ouvrage Peregrinatio in terram sanctam.

Fin décembre 1539, le conseil des Dix décide de nouvelles instructions, dont certaines secrètes autorisant le négociateur vénitien à porter les compensations pour dommages de guerre à 600000 ducats et à abandonner Nauplie et Malvoisie. Le Sénat nomme alors Alvise Badoer [13], qui se rend à la mi-avril 1540 à Constantinople . Informés  des limites extrêmes des concessions que les Vénitiens pourraient par consentir par l’ambassadeur de France, suite à une indiscrétion d’un sénateur, trahison révélée ultérieurement[14], les Turcs font leurs demandes plus précises et plus extrêmes : les îles des Cyclades, Nauplie et Malvoisie, plus le remboursement des dommages de guerre. L’ambassadeur est obligé d’acquiescer le 2 octobre 1540. Le 20 novembre 1540, l’accord mal reçu à Venise est ratifié par le Sénat[15]. La « pace vergognosa » avec les Turcs est considérée par Venise comme une « circoncision » [16] . Les Vénitiens préviennent les habitants de Nauplie et Malvoisie[17] ; ceux-ci ne veulent pas accepter la remise de la ville aux Turcs, et lancent un appel à l’empereur, resté sans écho[18]

 

Document 1 – Traduction de la capitulation du grand Seigneur aveq la seigneurie de Venize

Venise 1530[19]. 22 Oct.

Constantinoble

[1-3] Sultan Soliman, fils de Sultan Selim, tousjours empereur Pierre Lando, duc de Venize, a maintenant envoyé Alvise Bad [    ][20] l’un de ses feaux et discretz gentilhommes pour ambassadeur à ma très haulte porte aux hautes eschelles de laquelle par arze[21] présente. Il a de bon cœur prié moy Sultan Soliman empereur fils du feu empereur sultan Selin, seigneur des seigneurs, antien maistre des coronnes des seigneurs du monde, qu’il luy soit faict grâce, [4] que l’amitié contractée et promesses entre nous faictes soient encore avec la très haute porte faisant assavoir qu’ilz consignoient de leurs chasteaux qu’ilz possèdent en la Morée, [5] Napoly[22] et Malvasia[23] avec leurs tours[24] à moy gouverneur du monde après avoir levé l’arrie[25], les cloches, armes et autres choses avec condition que les seigneurs et soldatz qui sont dedans puissent s’ilz veullent en partir à leur plaisir avec leurs robes et  hardes, et ceux du pays, qui voudront demeurer qu’ilz restent en leurs lieux et ceux qui en voudront partir qu’ilz s’en allient avec leurs hardes ; et de paier à mon tresor iiic9[26] [7] checquins des venitienz, assavoir c9 comtant l9 dans cet an, et les cl9 restant dans [8] deux ans assavoir lxxv9 par chacun an affin qu’il leur soit faict grace de mes très haultes capitulations par quoy manifestant la grande miséricorde de ma seigneurie leur ay conceddé (encores moy), grâce de mon honnorable promesse selon les pactes qui seront narrés[27] laquelle affin que passe leur ay donné ce mien honnorable et heureux seing & pour plus grand seureté encores d’icelle. [10] Je jure par le créateur du ciel et de la terre très hault juste et adoré seul Dieu. Cependant que de leur part ne soit faicte chose contre mon honnorable promesse que les lieux prins avec la victorieuse mienne espée au temps de la guerre avant qu’il eut esté faict aucun pacte avec le susdt. duc de Venise Piere Lando et les autres seigneurs et avec les subjets de leurs pais soient miens et de moy possédez. C’est assvr[28] Uransy[29] et Nadin[30] qui sont aux confins du sangiacquat de Bosina avec toute la gent et casaly à eux soubzmis ainsy qu’ilz ont esté prins et aveq leurs confins. 
[13] Des isles qui sont en l’archipelago[31], l’isle de Schiato, l’isle de Schiro avec le chateau, l’isle d’Andri avec les deux châteaux, l’isle de Cliris[32] [14] avec ses deux chateaux, des isles soubmises à Nixia, l’isle du Siria, l’isle de Thinos[33] avec les châteaux et l’isle de Nixia avec ses trois chateaux, l’isle de Santerin [15] l’isle de Milo avec ses deux chateaux et l’isle de Amdubda[34] avec le chateau, des isles non habitées, l’isle de Miroy[35], l’isle de Termire[36], l’isle de Barro[37], l’isle de Chibuc[38], l’isle de Papaslich[39], l’isle de Istambolia[40] et de Achus Ghierchu[41], [16] l’isle de Castrati[42], l’isle de Mirgur[43], et l’isle de Chiesa victa[44].

Que outre les susdts lieux ceux à eux soubzmis et que de présent ilz possèdent assavoir [17] l’isle appellée Cirre[45] avec son chateau et autres avec leurs subiectz et tous les lieux tant en mer comme en terre ferme qui jusques à ceste heure portent l’estandart de Sainct Marc avec les confins soient à eulx [18] et pareillement ceulx qu’ilz prendront a l’advenir des crestiens, demeurant la paix, pactes et amitiés fermes entre nous.

[19] Que le château appellé Parga avec sa tour qui est aux confins du sangjacques de Caniya[46] lequel fut de moy par mandement bruslé et ruyné soit de sa part et par eulx jouy et ainsy commande qu’il soit sien. [20] Que si la gent qui est aux casalz soubzmis ausdt châteaux Parga feront dommage à mes païs gardé[47] tant en mer comme en terre les Sgrs de Venise devront [21] refaire le dommage et chastier les delinquants severement .

Que mes beylerbeys , subassis et tous mes  serviteurs qui sont en mon pays gardé ne laisseront encourir aucun dommage de leurs pais, [22] chasteaux, tours et gens et s’il sera faict aucun domage à leursdts lieux et gens que par les miens beglerbe- de mon victorieux […][48] et subjectz avec ce [23] -mien honnorable commandement soit faict fer si le dommage et les contrevenans chastiez.

Que quand les marchans venitiens et autres viendront en mon pays gardé par terre [24] ou par mer avec galleon ou brigantins ou autres petitz vaisseaux assvr à Constantino[ple], Gallata, Cayre et Allexandrie allant par cas aux portz [25] qui sont de la Gallipoly, Modon, Puliessa[49], et Lepanto n’aient à entrer sans le fer premièrement sçavoir à leurs castellans et puis avec licence entrer.

Que s’il y avoit vent fort et contraire ou bien que lesdictz [26] vaisseaux fussent chassez des cahics[50] des larrons n’ayent autre lieu pour se sauver que lesdts portz alors qu’ilz puissent par necessité entrer et debvront encore à l’instant le faire assavoir s’ilz pouront .

Que quant ilz seront pour partir ne [27] s’en puissent aller sans licence et s’en allant sans icelle soient chastiez et de ce ne soient accusez coulpables les susdt. seigneurs de Venize ce qui soit observé après  six mois mais que [28] les navires venitiens soient advertis affin que avec cette excuse ilz ne facent aucune chose contre mon honnorable capitulation.

Que si mes armée, gallères et navires rencontreront [29] en mer navires venitiens qu’ilz ayent à faire amitié (19 ter) ensemble et ne se faire ne dommage que comme ils se seront rencontrez aient à baisser leurs voiles à mon armée et navires sortis en mer de mon honnorable commandement leur faisant sçavoir qu’ilz soient obéissans suivant l’amitié contractée. [30] Que si après avoir abaissé les voilles et faict entendre ladt amitié, leur estoit faict desplaisir et dommage d’hommes, robbes et vivres, que tout le dommage qui leur aura esté faict soit réparé.

Que si d’avanture leur armée et navires se rancontroient avec mes armée et navires en mer ayent à passer comme [31] amis et ne se facent aucun dommage ou s’il ensuit aucun qu’il soit réparé. Que sy d’avanture ilz se rancontrent avec lachis[51] et larrons lesquelz voullant combatre restent avec l’ayde            de Dieu les Venitiens victorieux, outre ceux qu’ilz auront tuez, qu’ilz ayent à envoyer à ma très haulte porte ceux qu’ilz auront prins vifz, ainsi qu’ilz se trouveront affin qu’ilz soient chastiez en telle sorte qu’ilz servent d’exemple aux autres.

[36] Que quant mon armée ira en quelque part qu’il ne bouge, mais demeure ferme en son estat comme veult l’amitié et non quellec’allié[52] ayder autruy et estre (19 ter v) cause de faire desplaisir et dommage à mes armées.

Qu’ilz n’allient avec les armes et armée de celluy qui me sera ennemy luy donner vivres et ayde. Que les Seigneurs de Venize chastient severement chacun de leur armée qui contreviendra au mien commandement au lieu où il aura faict le mal affin qu’ils soient exemple aux autres.

Que quant par eau iront gallères, navires et autres [38] vaisseaux de larrons d’autres pais aux isles soubzmises aux Venitiens, qu’ilz ne soient laissez entrer dans les portz et chasteaux, ny moins s’arrester, mais que les prennent et chastient s’ils pouront ce que encore de ma part sera faict de mesme.

[40] Que s’il viendra aucun de Venize en mon pays pour achepter et contracter marchandises lequel pour tromper et assafuier[53] ne payera tout l’argent et s’enfouyra après en celle party venant le mre de la robbe avec mon honnorable commandement pour demander le sien qu’il soit fait satisfaction de celluy-là s’il se trouvera.

Que si quelqu’un de mon pais fera marché avec ung de Venize, lequel n’ayant achevé de païer fouyra en mon pais, si le marchant y vient avec preuve, qu’il luy soit       
fait satisfaction du sien.

[42] Que si aucun sera débiteur ou bien en quelque autre façon sera coulpable et s’absentera de mon païs, qu’il ne soit prins pour luy aucun autre sans coulpe, ne moins en soient [       ][54] les seigneurs de Venize sinon quant il yroit demeurer en leurs païs, en ceste sorte semblablement sera faict aussy de ma part.

[43] Que pour leurs négoces, ils envoyent bayle qui bon leur semblera lequel aye à demeurer troys ans et avant qu’ilz soient finis ayt à partir, pouvant venir avec sa femme[55] ou [44] sans comme il voudra et en ceste mesme façon en envoyront      
ung autre au lieu de celuy-là.

Que s’il fouyra quelque esclave de Venize [45] et viendra en mon pais, venant son me ou autre ayant charge luy estoit donné mil aspres s’il sera Turcq, et s’il sera crestien l’honneur luy sera rendu.

[46] Que si quelqu’un fouyra et yra en leur pays s’il sera Turcq ou bien crestien qu’ilz n’ayent à l’excuser, mais bailler l’homme mesme entre les mains s’il sera crestien, qu’ilz ayent à donner à son me ou à son commis qui viendra mille aspres.

[47]Que si les larons levantins[56] iront avec cahics par mer et autres par terre aux isles et lieux soubmiz à Venise, pour desrober faisant les hommes esclaves et après (20 v) les porteront vandre en la Grèce ou en la Natolie, [48] s’il se trouve ung de ses esclaves en main de qui que ce soit que dilligente inquisi[ition] soit faicte comme sera de besoing faisant que celluy tel trouve celuy de qui il l’aura prins en [49] fasson qu’on puisse avoir en main, levantin qui l’aura pris et si ledt esclave sera manifestement vénitien que ledt levantin soit sévèrement chastié, lequel esclave s’il se sera faict Turcq soit faict libre et s’il sera crestien soit consigné aux Vénitiens, et s’il ne se [50] saura par qui il aura esté prins soit ledt esclave envoyé à mon exelse porte et là enquis sur tel faict et si à l’heure sera justiffié ledt esclave estre Vénitien, s’il est Turcq [51] soit faict libre et s’il sera crestien soit incontinant consigné au Bayle.

Que si les navires venitiens venant en mon pais par fortune[57], fissent naufrage, [52] se sauvant les hommes et la robbe, soient libres et ladt robbe baillée au patron            de celle et qu’il ne leur soit faict desplaisir par mon cappne de la mer de ses gens, ny d’autres.

[53] Que si ung navire allant de mon pais en ses partz de là faisant naufrage & que les hommes vénitiens qui seraient dedans eschapassent qu’il ne soit donné emp[esche]ment à eulx ny à leur robbe, laquelle soit baillée au me d’icelle sans difficulté.

[54] Que tousjours quant aux lieux de mon pais seront pour partir gallères, ca[   ][58] ou autres vaisseaux n’ayant avec eulx mon cappne, les Rays[59] ou patrons d’iceulx donneront bonne plegerie[60] de n’endommager [55] les pais des Vénitiens, y allant et sortant sans avoir donné plegerie  qu’ilz soient comme faillians et coulpables chastiez severement & sy après avoir donné plegerie ilz feront aucun dommage, que les pleges [56] soient tirés pour celle entierem[ent], et que le semblable se fisse aussy de la part des Venitiens.

Que sy aucun carachier[61] ou dacier[62] fouyra de mon pais et [58] yra habiter aux citez ou isles soubzmises aux Venitiens qu’ilz ne soient acceptez mais ceulx-là mesme seront donnés sans aucune excuse a ceux qui viendront pour les prandre. Et si aucun des dt aura [59] menassé quelqu’un luy ayant prins sa robbe & l’aura emportée avec soy : icelle mesme soit aussy baillée et ainsi soit faict de ma part.

[60] Que naissant different entre Venitiens, le bayle le doive escouter selon sa coustume et qu’autre ne s’en  puisse empescher.

Que sy aucun aura difference aveq les Bayles qu’il se doive traicter [61] au grand et honnorable divan de mon exelse porte en Constantinople et si je me trouveray à la bonne heure en voyage que cela soit escouté par celluy qui sera laissé au gouvernement de Constantino[ple] [62] et avec le sceu et consentement du Caddi.

Que sy aucun des pais aura different avec marchant Venicien et ira au Caddi n’ayant ceulx là leur drogueman [63] prompt, que le caddi ne puisse escouter ce procès mais aussy que ledts marchans ne prolongent s’excusant de n’avoir leur droguemant près ains le facent venir lequel néanm[oins] [64] se trouvant empesché en négoce de plus grande importance soit attendu jusques à ce qu’il vienne.

Que le Bayle pour les debtes d’autruy ne puisse estre contrainct à paier, mais les faire sçavoir aux seigneurs de Venize [65] qui eux ayent sans tarder a faire incontinent response.

Que s’il vient ung marchand de Venize à Lépanto en la Morée et autres lieux miens, qu’il ne soit travaillé pour les debtes d’autruy.

Que sy aucun Venitien [66] voudra aller à Boursie ou autres lieux qu’il ne puisse aller sans prandre par escrit licence du Bayle.

Que voullant aucun aller témérairement ausdictz lieux sans licence du Bayle, le soubzbassy aye à prester ayde au bayle et ne le laisser partir.

 [67] Que la chourme des navires qui viennent de Venize en mon pais ne soyt retirée de leur service et louée par d’autres main, qu’ilz aillent comme ilz seront venus.

[68] Que quand nayssent différans entre Venitiens et crestiens carragiers[63] et qu’ilz font procès menant [69] tesmoingtz Venitiens, leurs adversaire ne les veullent accepter et les [   ][64] qu’il faict des Crestiens du païs [70] pour le susdt pour ce commande que s’il y aura différens (21) entre leurs crestiens en laquelle soit besoing tesmoignage, tesmoins crestiens de quelle nation qu’ilz soient seront acceptés et examinés [71] comme veut l’honnorable Justice.

Que si quelque marchant Vénitien en mon païs par chemin ou en quelque casal fut assassiné, sa robbe prinse et luy tué ou qu’il se fut absenté, [72] venant ses héritiers ou commis que cela soit veu par Justice & qu’ilz aillent à prendre ce leur.

Que sy un marchant vénitien venant avec marchan[dise] en mon pais décédera [73] que beytalmagy[65]  ne se doibve empescher en sa faculté mais que icelle soit consigné à leurs bayles.

Que aux marchants Turcqz de Ponant et autres lieux qui viennent po[ur] marchandise [74] allant aux lieux soubzmis à Venize après avoir payé les droictz selon le canon[66] et usance, ne leur soit faict aucun dommage ny empesche[ment] et puissent venir en [75] mon pays et aller comme bon leur semblera.

Que de Courfou en là dans le Goulfe ne soit faict dommage ne deplaisir aucun aux navires qui yront avec marchandise de Venize [76] soit Venitiens ou d’autres lieux ecceptant toutesfoys ceulx qui sont pour mal faire.  
Qu’après avoir faict la cerche à Constantinople aux navires vénitiens qu’ilz ayent à partir et arrivez qu’ilz seront aux chasteaux du destroit [77] qu’ilz soient encores là cerchez selon les anciens canons et usances, et après leur soit donné licence de s’en pouvoir aller. 
Que en Gallipoly ne puissent jamais lesdt navires estre cerchez comme s’entend qu’on fait à présent contre le canon, [78] mais que seullement soient cerchés aux chasteaux et qu’ils partent selon qu’il est coustume.

Que les vc chequins[67] qu’ilz donnent tous les ans à mon trésor pour l’isle du Zante qu’iceulx encores soient portez et consignez à mondict Trésor. [79] Qu’ilz ayent à porter tous les ans le carrach de Cypre lequel est de huict mille chequins par chacun an et les consigner en Constantinople.

[80] Que les deux gallères grosses[68] lesquelles soulloient aller en Alexandrie du Cayre, aussi les deux qui alloient aux eschelles Baruty et Tripoly qui sont subjectz à la mienne gardée cité de Damas, [81] qu’elles viennent et aillent  aux temps ordonnés selon l’ordre et accoustumé entiens du temps qu’ilz ont esté conquis les miens pays depuis (22) l’Arabie en ça et n’aient à partir hors de leur temps.

Que si deux gallères grosses ou davantaige et navires tant grans que petits [82] seront venus pour vendre et achepter            en la manière qu’ilz sont venus jusques à présent qu’il ne se dispute de la coustume.

Que soient estés les coustumes et qui a faictes de nouveau ung Turcq nommé Inbrain Chieturi lequel estoit pour le passé juif en Arrabie aux eschelles de Baraty[69] [83] et Tripoly tant d’aspres comme de toutes marchandises contre les entiens canons et coustumes, et qu’il s’observe comme estre l’usaige entan[70] et selon icelluy soit faict [84] ne laissant faire tort à aucun contre le canon.

[53] Que si ung navire allant de mon pais en ses partz de là faisant naufrage & que les hommes vénitiens qui seraient dedans eschapassent qu’il ne soit donné emp[esche]ment à eulx ny à leur robbe, laquelle soit baillée au Me d’icelle sans difficulté.

 ,          l’amitié et pactes jà dictz et que de leur endroict ne naistra aucune œuvre contre icelle, de mon cousté aussi ne sera faict chose aucune contre lesdt articles de paix.

Que ayant le sangjacq de Bossina faict arz ce pendant que ceste capitulation se faisoit pour les chasteaux [87] qui sont en ses confins appellez Bugnias[71], Rastina[72], Vallini[73], Sebene[74] et les molins ruynés[75] disant avoir esté prins et qu’ilz sont de mon gouvernement, [88] et l’ambassadeur envoyé  du duc de Venize à mon exelse porte, narrant des chasteaux, n’avoir esté prins mais qu’ilz sont siens & si besoing pour ceste cause de nouveau enquise, parquoy estant entre nous disputé, [89] maintenant j’ay commandé qu’il luy soient donnez, les soubzmis chasteaux du molin avec tous ses confins affin qu’ilz soient [    ][76]

[90] Que la chose deu au lieu devant dict Quatre Chasteaux ainssy jusques à ce qu’il soit enquis et veu l’inquisi[ti]on estant comme a dict l’ambassadeur iceulx seront consignez à eulx et si le sera selon l’arz du sangjac de Bossina [91] alors se fera selon qu’il sera dict par mon commandant.

[92] Que ayant le duc de Venize à consulter aucune chose luy fut envoyé une forme d’articles avant ceste cy qui demeura laquelle maintenant, [93] sont annullés et la vraye et ferme honnorable capitulation est ceste cy. Et selon le s… d’icelle observé ainsi sauront et presteront foy au seing très hault.

[94] Escriptz en l’inclite cité de Constante en l’an du Grand Prophète Mahomet neuf cent quarante sept, au commancement de la lune de Guimazuilahir  qui est en l’an de Jésus Crist mil cinq cens trente[77] le vingt-deuxiesme Octobre.

 

Texte de Dumont (1726),  notes de Bonelli[78]

Capitulatione della Pace tra la Repubblica di Venezia · & il Sultan Soliman, conchiusa per l’ Ambasciatore Luigi Badoaro in Costantinopoli il 20 dì d’Ottobre 1540. [Sur une Copie manuscrite & ancienne.]

Il Sigillo D… & eccelso Imperiale che il disegno suo è mirabile & giustissimamente è Monarcale con le inspirazioni delle Grazie Divine, alle quali si ha da render laude & il comandamento suo a  questo.

Al presente ch’io sono Soldan dei Soldani & dimostrator della vera & giusta via augustamente son donator delle Corone sopra la faccia della Terra , son Sultan Soleiman Haan figliol di Sultan Selim Haan, il Veneto Doxe che è Pietro Lando alla mia felice, eccelsa & sublime Porta il fidato & sufficiente suo huomo nominato Aloyse Badoor ha eletto per Orator che fedel & sincera mente debba esponere alla mia sublime Porta che infra di noi l’Amicitia & Capitolazione si debba fare & con la eccelsa Porta mia la composizione & attazione a causa che la sia fatta ricercando dalle mie imperiali grazie & delli loro castelli che si attrovano nel Dominio della sedia loro nella Morea , dove è certo castello nominato Napoli[79], con il castello della sua Torre, & insieme il Castello nominato Monovassia[80], insieme le Artillarie, & Campane & ogn’altra sorte di Armamenti & Monizioni da poi pigliatele via &· i Signori Regimenti & Soldati suoi che fono dentro dove piacerà à quelli con le sue facoltà andarsene & ancora li Sudditi che volontariamente vorranno restar restino & con le facoltà loro quelli che se ne vorranno andare vadiansi. Dapoi questo alla sublime mia Porta quale è rifugio del Mondo li faranno consegnare , & ancora alla  banda  dell’ Imperial Tesoro mio, trecento mila ducati d’oro[81] di stampa franca sono in sul dare che li cento mila dandoli hora & dappoi ancora  dentro di questo anno li cinquanta mila daranno & il resto delli cento cinquanta mila ducati dappoi  questo anno dentro di dui Anni siano in sul pagarli che ogn’anno verria ad essere ducati settantacinque mille , & che à loro gli imperiali miei capitoli siano concessi, & per causa d’haverlo pregato io ancora per far venire in luce le innumerabili auguste grazie mie sommariamente in su li petti che haveranno ad essere narrandoli à quelli li eccelsi giurati Capitoli facendone concessione questo giurato & imperiale Sigillo mio , dando &  la eccelsa fede delli miei Capitoli in su quanto si contiene & perché gli Imperiali miei Capitoli siano confermi & forti ancora fo sagramento per quella Maestà dello giustissimo & altissimo Onnipotente unico Idio che è Creator della Terra & del Cielo che dum mentre che dalla loro banda non sarà fatta cosa contraria alli giurati Capitoli , io ancora alli eccelsi giurati Capitoli da me’ nessuna contrarietà sarà opposta ne fatta, ma con il prefato Veneto Doxe, che è Pietro Lando, & con li altri suoi Signori & con li suoi huomini alli suoi appartenenti luoghi ne con li Popoli delli suoi Paesi & Territori & avanti che fossero stati composti questi miei imperiali Capitoli, ma al tempo che infra di noi era la lite della Guerra dalle bande loro nelli confini del Sanzaccato di Bosnia con la mia vittoriosa & fulminea spada acquistati Castelli, id est, Castello della Urana & il Castello di Nadin [82], & di questi Castelli li appartenenti suoi casali con li loro contorni & confini , & al tempo del acquistamento con li sudditi che restarono che al presente si trovano dentro. Et entro il Mar bianco dell’isole, che sono nell’isola di Schiatto[83] con il suo castello,& la isola di Schiro[84] con il suo castello, & la isola di Andro[85] con li suoi duoi Castelli, & la isola di Lisanos & la isola di Sevos[86] con li suoi castelli, & la Isola di Cherbe[87], con duoi suoi castelli & di Naxia[88], le isole che sono soggette a lei, cioè Naxia con tre suoi castelli & la isola di Santorin, & la isola di Masso con duoi suoi castelli & la isola di Antipari[89] con duoi suoi castelli, & con le isole che sono distrutte & disabitate , la isola di Egena[90], & la isola di Murit[91] & la isola di Termena , & la isola di Baro[92], & la isola di Meghena[93], & la isola di Papasluch [94], & la isola di Piegorieri , & la isola di Morgor [95], & la isola di Malichissa[96] chiesa di facoltà; le qual tutte in somma sono nel Dominio dell’Imperial Maestà nostra. Da queste che sono nominate in fuora, cioè con le cose pertinenti & soggette à loro, & al presente sono dominate da essi Veneziani; la isola di Tinel[97] con il suo Castello & con ogni altri Castelli & Fortezze che sono nel loro Dominio, in somma con tutti quelli tali che portano la bandiera & stendardo di San Marco, cosi per mare come per Terra, & massime tutti quelli Luoghi & Territori suoi che al presente si trovano nel loro Dominio fino a questa  hora & da hora avanti con tutti quei Luoghi che haveranno da acquistar che siano di quelli della sua fede , & dal presente giorno infra di noi l’Amicitia, Pace & Accordo sia.

Et nelli confini del Sanzaccato della Jatritia quel certo Luogo che è nominato la Parga[98], con la sua Torre & con il suo Borgo, con le sue circostanze & con tutti i suoi confini qual con il mio comandato che ancora sia loro. Ma dalla prefata Parga & dalli suoi appartenenti Casali da gli huomini che vi abitano per Mare ne per Terra alle Terre del Dominio nostro il danno & violentia che faranno li Signori Veneziani, tal danno , & violentia lo faranno emendare & contra quelli che l’haveranno fatto severamente veranno alla punitione di essi &  dalli Signori Sanzacchi , & dalli subassi che si trovaranno nelle Città del Dominio nostro, in somma da tutti gli schiavi miei che sono come le Stelle innumerabili in nullo modo in niuna cosa alli loro Paesi, & Territorii, nè alli Castelli, nè alle Fortezze, nè a gli huomini di quella violentia nè danno gli sarà  aggiunto & se per caso dalli suddetti Signori, ovvero dalle vittoriose Squadre delli provvisionati di mia Celsitudine alle loro Territori, Paesi, Castelli, Fortezze, & à gli huomini di quelli violentia o danno gli fosse  aggiunto, il danno che sarà fatto col il mio eccelso  comandamento al luogo suo sarà rimesso & quelli delinquenti che si saranno impacciati si venga alla loro punitione & saranno puniti.

Et delli predetti Signori Veneziani gli huomini & Mercadanti suoi in le Città & Terre de mio Dominio per Terra & per Mare con le loro Galere[99] & Navi grosse, ovvero con altri suoi Navili piccoli alla Città di Costantinopoli , & di Galata , cioè Pera, ovvero in li Territori dell’Arabia, cioè in Alessandria del Cairo, & da Gallipoli abbasso in la bocca dello stretto[100]; & à Lepanto , & in li Golfi della Prevesa , & in li Porti di Modon, volendo venire ad entrare all’ improvista, se prima non danno notizia alli Castellani & con licenzia vengono ad entrar’ nelli Porti, ma se per caso fosse forza di venti & fortuna, ovver’ fossero cacciati da Fuste di Corsari & Leventi, & che non fossero altre Scale o Porti di ricorrere & che fosse di necessità, in quel hora vengono ad entrare, nondimeno se sarà possibile ne diano notizia, & quando saranno per andarsene non se ne vadano senza licenzia, & andando senza licenzia & disobbedendo , facendo il contrario, si venga alla punitione di quelli & per quello non siano incolpati ne imputati i Signori Veneziani , ma questa causa s’intendi ch’ella sia dappoi sei mesi  a causa che i navilii veneti possano essere aiutati, acciò che con questa causa alli miei eccelsi capitoli non abbia ad esser fatto cosa in contrario & delle Città, & Terre del Dominio mio in alto Mare, andando le Navi & Galee Armate, & in alto Mare, se si attrovassero ovvero scontrassero i Navilii di Veneziani , l’uno & l’altro buona amicizia far debbano; violenza ne danno non li debbano fare , ma anco quelli in alto Mare le Armate & Galee che usciranno col mio eccelso comandamento ovvero altri miei Navili che camminano in alto Mare scontrandosi, & trovandosi, le vele loro debbano calare, & l’Amicizia & Fedeltà che hanno la debbano fare intendere, cioè farla conoscere, & se per caso dappoi ammainate le Vele & la buona Amicitia haveranno fatta sapere & che li fosse fatta violenza o danno, & il danno fosse d’huomini o di Robbe , o di facoltà , il danno sia messo al luogo & il simile anco loro li navili & galee ovvero armate loro, scontrandosi con i miei navili di negozianti mercadanti, con buona amicizia debbano passar & andarsene & non debbano far danno ne violenza alcuna; & se per caso fosse fatta violenza o danno, & se il danno fosse d’huomini, di robbe & facoltà, tutto quello che sarà il danno lo debbano mettere al luogo suo.

Et se per avventura accadesse che si abbattessero à scontrarsi & trovarsi con Navilii &·Fuste di Corsari Leventi & quelli Corsari havessero mal animo a loro & che combattessero & che per la divina provvidenza fossero superiori & vittoriosi delli Navili de’ Corsari, & da quelli che in sul tumulto della battaglia morissero in fuora, tutti gli altri restassero prigioni & che si avessero presi vivi per niente quelli non li debbano fare ammazzare, ma tutti vivi , & sani alla mia eccelsa Porta gli debbano mandare à causa che si venghi alla severa  punitione di quelli , & li farò in tal modo giustitiare & punire che farà à gli altri estremissimo esempio.

Et si delle Terre del Dominio mio li Navilii delle mie Armate andando in alcun’ luogo per esercitarsi & per fare impresa , & che tal luogo non appartenesse à Veneziani, debbano star quieti in Pace & farli fatti suoi stando sù l’ Amicitia, non facendo moto alcuno con andare à far favore ad alcuno , & che alle mie Armate danno nè violenza di esserli aggiunto non sia causa ; & con mi quelli che sono su le inimicizie l’Armate di tali Nemici infra di loro non li faccino venire ne à quelli debbano dare aiuto nè favore nè manco gli diano vittuaglia ; & se alcuno della loro Armata preterirà à questo mio comandamento & farà il contrario nel luogo proprio ove l’haverà fatto, i Signori Veneziani severamente l’haveranno à punire tal che à gli altri sia di grandissimo esempio.

Et le Barche & Gallee delli Corsari d’altri Paesi abbattendosi  in alcun tempo i Veneziani nelle isole loro nè in li Porti delli loro Castelli non li debbano dar’ ricapito nè farli astallare & se di prenderli & senza redenzione venire alla punitione di quelli, & cosi ancora dalla banda mia à quel modo sarà fatto. Che le Barche & Galee delli Corsari d’altri Paesi in li Porti miei & in li Castelli , & Terre mie non saranno accettati, & se di pigliarli sarà possibile prenderli , & senza remissione venire alla punitione di quelli & se da Venezia venisse alcuno in le Terre del Dominio mio & negoziando facesse mercati con alcuno , & compitamente non li pagando i suoi dinari & facendo fraude se nè andasse via, andando con il mio eccelso comandamento à domandar’ quello tal fuggitivo & trovandosi la Robba & facoltà sia li fatta restituir’ al Padron di chi l’ era, & si dalle Terre del Dominio mio alcuno andasse à Venezia per negoziar , & se  con alcuno facesse Mercato & non compitamente sodisfacesse li danari , ma scampando se ne venisse approvato che sarà il debito che sia ancora fatto emendare. Et se in le Terre del Dominio mio si indebitasse, ovvero in altro modo fosse colpevole , & se occultasse & assentasse; per quello tale niun’ altro innocentemente non sia preso né per colui i Signori Veneziani non siano imputati in colpa, se già per caso non andasse ad habitare , & risiedere nelli loro paesi, & dalla banda nostra ancora in quel modo sarà fatto.      
             Et per Bailo chi gli aggradirà di mandare mandino, & se gli piacerà venir con la sua famiglia , & se li piacerà senza famiglia, venendo à star’ nella Città di Costantinopoli circa anni tre, & non compiendo li tre anni se ne vada pure che veda di fare i negozi suoi, & non compiti i tre Anni giusti quello se ne debba andare, & in quel modo un’ altro in suo luogo debba venire.

Et se da Venezia un Captivo fuggisse , & che venisse in le Terre del Dominio mio, & facendosi Musulmano, se il suo Padrone venisse gli siano dati Aspri mille & non venendo il Padron’ suo, & che venisse il Commesso suo, siano dati ad esso Commesso; & se per caso fosse nella sua fede cioè  Christiano , quel Captivo precise sia loro restituito.

Et se dalle Terre del Dominio mio scampasse il captivo , & che andasse à loro se è Musulmano , ovvero che havesse rinegato senza far fraude di occultazione ad ogni modo quello istesso lo debbano restituire & se per caso fosse in la sua fede cioè Christiano al suo Padrone ovvero al Commesso di quello aspri mille sarà dato.

Et in caso che le Fuste di Corsari per Mare ovvero alcuni per Terra andassero alle soggette isole  & Terre di Veneziani à depredare , & fare incursione & li suoi huomini facessero Captivi, menando à venderli nella Romania & Anatolia, & simili Captivi attrovandosi come il bisogno richiede cautamente con diligenza sia fatto inquisizione , & in qualunque man che si attrovasse sia astretto a ritrovar da chi lo ha havuto , & se per caso colui che l’a havuto lo riducesse addosso di Leventi cioè Corsari , & che tal Corsaro, & Levente ancor lui si havesse nelle mani che certo il Captiva fosse di Veneziani & che fosse dichiarato quello tal Levente & Corsaro severamente si debba venire alla sua punizione.  Et se quel tal Captivo si fosse fatto Musulmano sia fatto libero & lasciato andare , & se pure in 1a sua fede fosse, cioè Christiano, sia consegnato a Veneziani, & se per caso quel tale da chi si havesse havuto non si trovasse quel proprio Captivo, alla mia eccelsa Porta sia menato , acciò che il caso suo alla mia felice Porta sia esaminato.  Et se anco in quell’ hora si sarà approbato di essere di Veneziani, & se fosse fatto Musulmano, sia liberato , ma se anco fosse su la sua fede cioè Christiano, al Bailo sia consegnato.

Et se le Navi de’ Veneziani venendo alle terre del Dominio mio, & che per continuo vento seguisse Naufragio & che tal Navilio si rompesse, tutti gli huomini che scamperanno siano liberi, & quante robbe li camperanno alle Padroni di quelle siano date & dalla parte del Capitano né dalli suoi huomini né da niuni altro per niente non sia fatta né data molestia.

Et dalle Terre del Dominio mio in quelle bande alcuno Navilio andando, & essendo venta contrario, & che quel Navilio fosse rotto, quanti huomini scamperanno a quelli non sarà fatta molestia, & le Robbe siano date alli suoi Padroni senza fare contrarietà alcuna.

Et se dalle Terre del Dominio mio da quelle bande che usciranno il alto Mare Galee , Fuste o altri Navilii andando & che in quel tempo con quelle insieme non vi fosse il mio Capitano, li Padroni di quelle siano date sotto buona piezzaria à causa che non vadano alli Paesi di Veneziani a far violenza né aggiungerli danno, & se per caso andassero senza dar piezzaria cadano in pena & in colpa del peccato , & severamente si vengi alla punizione di quelli.  Ma se dappoi data la piezzaria, & che violenza o danno facessero, tutta la violenza o danno che sarà la piezzaria lo debba emendare.

Et similmente anco dalla banda di Veneziani in alto Mare uscendo li loro Navili & che il Capitano dei Veneziani non sia insieme , ma dappoi d’haver dato li Padroni buone piezzerie & che alle Terre del Dominio mio violenza o danno fosse aggiunto da quello quel danno & violenza che sarà aggiunto le piezzarie lo debbano emendare , & se per caso fossero andati senza haver dato piezzaria siano in pena & colpa di peccato & severamente si debba venire alla punizione di quelli.

Et nelle Terre del Dominio mio se un carazzaro ovvero un amaldaro fuggendo andasse à risiedere in li Castelli & isole soggette à Veneziani non sia accettato ma alli huomini che andaranno per essi senza fraude né fare occultazione quello proprio lo daranno.

Et se così facendo homicidio ovver ladrocinio & che portasse robbe propriamente lo debbano dare , & che anche così dalla bandai mia sarà fatto il simile, & se in quelle bande si facesse homicidio ovver ladrocinio , & che le Robbe fossero portate qua quello stesso sia preso , & datolo loro.   

Et se delli Veneziani uno col l’Altro fra di loro fosse differenzia il suo Bailo secondo le loro consuetudini gli debba ascoltare & niuno gli lo prohibisce.

Et se alcuno havesse differenza col Bailo così in la Città di Costantinopoli in la sublime & felice Porta in la magna Audenzia la causa che sarà della differenza sia ascoltata; & se per avventura  io con felicita mi trovassi in Campo col il vittorioso Esercito mio, in simil caso le Differenze che si haveranno col Bailo nella Città di Costantinopoli per guardia il Signor Sanzacco che sarà messo nel suo cospetto con la intenzione & consentimento del Candisia ascoltata.  Et così se con li Mercanti Veneti alcuni havessero differenza , & andassero al Cadi , & non essendo presente il dragomano delli Veneziani , il Cadi non debba ascoltar la causa della né facciano difficoltà con dire il dragomano non essere qui presente & con questo non sia fatto sospendere & tardare, ma facciano che il suo dragomano sia apparecchiato, se già per caso il loro dragomano fosse in servizi d’importanza si debba soprastare in sino che venga.

Et il Bailo che sarà per il debito di alcuni altri qui nessuno non lo possa ritenere né far pagar niente , ma il Bailo quello alli Signori Veneti facendo sapere gli Signori Veneti anco non tardando debbano con celerità la risposta mandare.

Et da Venezia à Lepanto & nella Morea & in altre Terre del Dominio mio con Mercadante che venisse per debbia di alcuno altro à quello non sia data rappresaglia né datoli molestia.

Et li Mercadanti Veneti in Bursia ovvero in altri luoghi volendo andarsene  non havendo licenzia dal Bailo non sene possano andare, & se per caso facessero temerità che senza licenzia volessero andarsene in subassi al  Bailo debba far favore , & non gli lasciar partire.

Et i Navilii che vengono da Venezia i marinari suoi nelle terre del dominio mio non siano presi in li servizi né nelle angarie, ma così some sono venuti con li loro navili se ne vadano da quelli non sia dimandato caraggio.

            Et se da Venezia alcuni che veneranno a risiedere & siano accasati o non accasati mentre che veneranno & andaranno facendo negozi & mercantie, & che nelle terre del dominio mio non si allochino, ma che da recarsi ne vadano da’ quali non sia dimandato carrazzo.

            Et delli Veneziani alcuni havendo differenza con alcuni carazzari Christiani , ·& facendo lite fanno produr testimoni veneziani & da gli avversari gli è opposto, dicendo esser di bisogno testimoni del paese, & così gli danno molestia non volendo accettare la testimonianza delli Christiani, & essendo così, ma per causa che tutti i Christiani sono d’una generazione di fede, pero ho comandato che se quelli tali havessero con li Christiani differenza & che havessero bisogno di produr Testimoni della generazione di Christiani di qual sorte di Christiani che producessero per testimoni secondo l’ ordine della severa Giustizia del Profeta l’approbazion che saranno sia accettata.

Et se de’ Veneziani alcuno Mercadante in le Terre del mio Dominio , o per viaggio, o per strada a nel casale fosse assaltato & che gli fosse tolta la facoltà overamente in lo assaltamento lo Mercadante fosse assassinato & morto ,ovvero disperso, venendo il suo Herede, ovvero il Commesso di quello con la Giustizia sia giusto & il dovere sia messo  à loco.

Et se alcuno de Mercadanti Veneziani o altri nelle terre del Dominio mio , venendo à mercadantare , & negoziare facendo i fatti suoi , venisse a morte, alla facoltà  di quello il Bertamalgi , cioè il commesso del Signore, non se ne debba mescolare ne impacciarsi, ma alli suoi Baili si debba consegnare.

Et delli Mercadanti di Barberia Musulmani, & d’ogni altro Mercadante che in le Terre del mio Dominio venissero per negoziare & mercadantare per Mare, & per Terra, essendo per venire , & che capitassero nelli luoghi del Dominio veneziano, secondo le usanze & consuetudini  delle Mercantie li dritti dappoi che haveranno tolti, non li deveteranno ne prohibiranno il venire, ne violenza ne danno non li aggiungano à causa che alle  terre del mio Dominio à suo beneplacito vengano, & vadano.

Et di sopra a Corfù nel Golfo[101] i Navili che navigano, siano di Veneziani o d’altri, che per mercadantare à Venezia andando & vegnando da nessuno non gli sia data molestia ne gli sia aggiunto danno ne violenza, risalvato se non havessero fatto alcun mal delitto.

Et una Nave de’ Veneziani secondo l’usanza & consuetudini in Costantinopoli habbiano fatto la cerca, & dappoi andato via, & sopra gli antichi Cannoni ancora è usanza che una altra volta dinanzi dallo stretto della bocca de’ castelli vada  far’ cerca & dappoi se li da licenzia d’ andare se ne va, del che al presente sopra gli antichi Cannoni & consuetudini anco à Gallipoli se li fa cerca per niente più, à Gallipoli non si debba fare la cerca , ma secondo la antica usanza & consuetudine de nuovo solamente davanti del stretto della  bocca delli Castelli si debba fare la cerca, & che vada via.

Et per la Isola del Zante che ogni anno per quella al mio Imperial Tesoro cinquecento ducati[102] si dava, si che di nuovo quelli cinquecento Ducati compitamente ogni Anno debbano dare & al mio Imperial Tesoro li debbano far consegnare.

Et del Territorio del Dominio mio dal tempo in qua dell’ acquisto fatto delli Paesi della Arabia, come che veniva ad essere il consueto antico due Maone, cioè due Galeazze in Alessandria del Cairo andavano , & anco due altre Galeazze in lo Territorio della Città di Damasco à quello soggette le Scale di Tripoli, & di Barutti secondo era il consueto andavano con Robbe & Mercantie loro alli tempi delle loro mude consuete venendo & andando in li sui deputati tempi delle mude sue, & siano le due fuste delle galeazze ovvero ancor siano di più & così li loro Navili grandi & piccoli fino a quest’hora nel modo che venivano & andavano & negociavano secondo che veniva ad essere il consueto di nuovo lo debbano fare senza far difficoltà ne contrarietà alle consuetudini.

Et nelli Territorii dell’ Arabia quel che per avanti era Giudeo & dipoi fattosi Musulmano, uno tale nominato Habraam Castro in le Scale di Barutti & Tripoli si di Aspri cioè di dinari, come in ogni Mercantia per avanti all’ usanza che venivano ad essere, & alli antichi cannoni  miei in contrario da lui le invenzioni, & novità fatte siano tutte annullate , & per avanti come che veniva ad essere in quelli si habbia à fare & all’antico mio Canone & Decreto da nessuno violenza ovver contrarietà non s’habbia à fare.

Et a quelle Galee, & ogni altra forte di Navilii, & alli Mercadanti & huomini di quelli dalli miei Beglierbei , & dalli miei Sudditi Signori Sanzacchi ne da nessun’ altro delli miei Schiavi in contrario delli Antichi miei Cannoni & Decreti , vexation’ ne torto non debbano fare, ma siano in su la cautione & sicurtà della Pace; & quelli da nessuno non lasciaranno molestare in un minimo minuto.

Et al fatto di questi prenominati , giurati & fede de’ Capitoli in su quell’amicizia & pace per farla accettata fo sagramento per il sommo & giusto Creator della Terra & del Cielo dum mentre che alla fede di Capitoli, & all’amicizia sarà fatto honore , &  da quelli alla fede de’ Capitoli contraria cosa non succederà da me ancora alla detta fede de’ Capitoli contraria pur una cosa non sarà fatta & così a loro sia  noto.

Et dapoi scritti questi miei imperiali Capitoli in li confini di Bossina il Castello Cociari, & Xastina & Velin » & Senna & Molini tali rovinati Castelli per haver significato il Sangiach Bei che al presente quelli sono Paesi & sono in nostro Governo , così  dicendo ne lo ha significato per tale causa set ne è fatta migliore , ma dalla parte del Doxe l’ Oratore che si trova alla mia eccelsa Porta ha esposto come  tali castelli sono racquistati & sono di nuovo in loro potere & dominio, & per tal causa, essendo di necesse che un’ altra volta se ne faccia l’inquisizione & e bisogno che sia riveduto il fatto di tali Castelli.

Risalvati i prenominati Castelli de’ Molini con le sue circostanze & suoi confini ch’ erano fra di noi in  differenza , laqual  per le mie infinite & auguste grazie ce li cedo & commando che fiano suoi.

            Ma al fatto de i’ quattro Castelli che in su gli eccelsi  miei Capitoli fu  sospetto che ne sia fatta esaminazione & se certo si trovarà come ha narrato il prefato Oratore alla banda loro saranno consegnati & dati in loro potere : ma se sarà come il Sangiacco di Bossina lo ha significato dappoi , in quel caso si sarà nel modo che per lo mio eccelso  comandamento si  delibererà & in  quello si haverà à condescendere.    

Et perché avanti di questi miei eccelsi capitoli il  prefato Oratore con il Veneto Doxe per haver a contrattare di alcune cause la Copia delli Capitoli sommariamente con l’eccelso mio comandamento fu scritto , & mandato à Venezia & là è restato.  Delche è annullato ; ma al presente li proprii confirmati son  questi & con le Imperiali continentie d’esso s’ haverà  da governare.

Et questi miei imperiali capitoli della Maestà del nostro Gran Profeta Mehemet Mustafa  à cui le Saluti Divine & Benedizioni siano sopra di esso correndo il tempo de’ gli Anni del suo Millesimo 947 in le Calende della Luna di Guimaxel Acheus[103] furon scritti  che venerìa ad essere della Maestà del Profita Gesu à cui la Salute Divina salvi nel suo millesimo mille cinquecento quaranta il secondo di del mese d’Ottobre furono scritti in la magna & Imperial sedia di Costantinopoli & così sia noto & all’eccelso Sigillo che non ha pare al Mondo si ha da crederli & prestarli  indubitata fede. ˡ

Archives de la Banque Ottomane, Beyoğlu
Archives de la Banque Ottomane, Beyoğlu
Église dans l’enceinte du Palais de France
Église dans l’enceinte du Palais de France
Tombe d’un derviche à Beyoğlu
Tombe d’un derviche à Beyoğlu

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes de références :

[1] Autres textes mentionnés:            
– 7 Sur l’alliance avec le Turc, note attribuée à Savary de Brèves.
-9 Traduction de la capitulation faicte entre le grand Roy françois et sultan Soliman par le sieur de La Forest en l’an mvcxxxv (pp. 9- 13 v)            
-14 sauf conduit de Sultan Salin obtenu par le Sr du Bourg en l’an 1569 (pp. 14-18 v)      
– 25 traduction du sauf conduit pour la nation françoyse et autre allant soubz le nom et bannière de France pour traffiquer partout l’empire et pais du grand seigneur, concédé par Sultan Amorat son fils a présent empereur des Turcqz, 1514 au Caire (pp. 25-27 v)       
-28 Traduction d’autre commandement de Sultan Mora pour les vaisseaux françois qui vont et viennent par son empire affin qu’ilz ne payent point comme ilz souloient fer, Constantinople, 1576. « traduict par Dominicque Oliviery, drogeman du Roy en Levant »         
– 30 Traduction des cappitulations d’entre leur Magtés d’Henry iiii empereur de France, et Soltan Amat empereur des mousolmans, à présent regnant, renouvellées en l’année 1604, augmentées et corrigées de plusieurs poinctz très utiles et importanz aux subiectz du Roy trafiquant par cest empire par le soing et diligence du seigneur de Brèves gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, conlr en son conseil d’estat, et son ambassadeur pour lhors près ce grand seigneur (pp. 30-42 : « ceste traduction est faicte du Parnommé Sr L. Bernier, lequel a faict augmenter ceste dicte cappon de trante quatre articles qui sont ceux desquelz led commandement est escript avec de l’encre rouge.

[2] Cf. Güneş Işıksel, « Les Capitulations accordés à la Nation Française en 1569. Essai de contextualisation et édition critique ».  Voir sur les famille Olivieri : Nathalie Rothman, The Dragoman RenaissanceDiplomatic Interpreters and the Routes of Orientalism, Cornell University Press, Ithaca & Londres,  2021.  Darren M. Smith, “Le monde est un logement d’étrangers »: François Savary de Brèves (1560–1628), diplomatic agent in the early modern Mediterranean, University of Sidney, 2021, pp. 83-85.

[3] F. Babinger, „ Zum türkisch- venedigischen Friedensvertrag vom Jahre 1540“, Rivista degli Studi Orientali, VIII, 1919-1920, 651-652;  Lehmann, W., Der Friedensvertrag zwischen Venedig und der Türkei vom 2. Oktober 1540, Bonn, 1936; vol. 16 Bonner Orientalischen Studien, Stuttgart, 1936; Theunissen, Hans, ‘Ottoman-Venetian Diplomatics: the Ahd-names. The Historical Background and the Development of a Category of Political-Commercial Instruments together with an Annotated Edition of a Corpus of Relevant Documents‘, EJOS, I (1998), no. 2, 1-698.

[4] Luigi Bonelli, « Il Trattato Turco-Veneto del 1540 », in Centenario della Nascita di Michele Amari, vol. II, Palerme, 1910, pp. 332-363

[5] A. Bombaci, « Ancora sul trattato turco-veneto del 2 ottobre 1540”, Rivista degli Studi Orientali, XX, 1942-1943, 373-381.

[6] AGS Papeles de Estado Venecia, leg. 1316 & 1373, 1540 ; T. F. Jones, « The Turco-Venetian Treaty of 1540 », in Annual Report of the American Historical Association for 1914, I, pp. 161-167; Charrière, Négociations de la France  dans le Levant, I, pp.451

[7] Histoires de Paolo Iovio, 1570, II, 428-429. ; S. Romanin, Storia documentata di Venezia, 1857, t. VI, 39 ; voir: Helmut Pemsel, „Die Seeschlacht bei Prevesa 1538“. Marine Rundschau, 1981, pp. 439-443; Santa Cruz, Crónica, t. 3, pp. 528-548 ; P. Paschini, « La flotta papale alla Prevesa (1538) », in Rivista di storia della Chiesa in Italia, Janvier-Avril 1951, pp. 52-74. Lettre de Francisco Duarte, Museo Naval, Colección Sans de Barutell, articulo 4, n° 93 (t. I, f° 255), cité dans Jaime Salvá, La órden de Malta, 134-137.

[8] Cf. mon article: « Image politique de la Turquie au XVIe siècle: d’une leçon sur Aristote au Sénat Vénitien par l’ambassadeur Don Diego Hurtado de Mendoza à la naissance du despotisme oriental », in Recherches sur le monde ottoman XVe-XIXe siècle, Jean-Louis Bacqué-Grammont, Pierre-Sylvain Filliozat et Michel Zink éd. Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Paris, 2014, pp. 53-86.

[9] Paruta, Historia vinetiana, 1703, I.

[10] Hercegnovi (Montenegro) pris le 7 octobre 1538 par des troupes espagnoles, Relation d’A. Doria sur la prise de Castelnuovo, Simancas, Estado, leg. 442 ; relation de Duarte, du 1er octobre 1538, dans Laiglesia, Estudios Historico, cit., I, 237, sq. ; Garcia Cerezada, Campañas del Emperador, II, pp. 335 sq.

[11] Paruta, Historia vinetiana, 1703, I,  CONTARINI, Tommaso – Enciclopedia – Treccani: consul à Damas en 1505-1509, puis au Caire/Alexandrie en 1510-1513; envoyé comme ambassadeur à Constantinople en 1528 et 1533.

[12] Paruta, Historia vinetiana, 1703, I,

[13] BADOER, Alvise – Enciclopedia – Treccani.

[14] Ulloa, Vita, et fatti dell’invitissimo imperatore Carlo Quinto, 1606, II,AGS, Estado, Livre 65 : « The French are now incredibly detestable here, being called dogs and proditors of Christendom and monsters », écrit l’ambassadeur anglais Harvel à Henry VIII, 27 août 1542 (Calendar of State Papers, Henry VIII, vol. 18, n° 693.  Epistola missa ex Urbe super insidiis a Gallorum rege structis apud Venetos, ex quorum concilio duo fratrer omnia secreta Venetorum prodiderunt Gallo & ille Turcis. Accessit Pasquillus Romanus in novos Mameluchos Turcogallos, una cum vaticinio de Gallo & Aquila. Superaddito novo vaticinio iam brevi, de hujus saeculi portentis, Anvers, ex officina Martini Nutij, Octobre 1542 , Catalogue de la Bibliothèque de feu M. le comte Riant (1899), rédigé par MM. L. de Germon et L. Polain, Picard, Paris, 1896, 3 vol [documents dirigés contre la France ayant trait à la trahison des secrets vénitiens auprès des Turcs]. Zeller, La diplomatie française vers le milieu du XVI° siècle d’après la correspondance de Guillaume Pellicier, évêque de Montpellier, ambassadeur de François Ier à Venise (1539-1542), Hachette, 1881. Lehmann, W., Der Friedensvertrag zwischen Venedig und der Türkei vom 2. Oktober 1540, Bonn, 1936; vol. 16 Bonner Orientalischen Studien, Stuttgart, 1936.

[15] Paruta, Historia vinetiana, 1703, I, Luigi Bonelli, « Il Trattato Turco-Veneto del 1540 », in Centenario della Nascita di Michele Amari, vol. II, Palerme, 1910, pp. 332-363. 

[16] Price Zimmermann, T.C., Paolo Giovio. The Historian and the Crisis of Sixteenth-Century Italy, Princeton, 1995, 168- 171 ; Knecht, R.J., Francis I, Cambridge University Press, 1982. La conquête de Chypre par les Turcs sera considérée une amputation, alors qu’après la destruction de leur flotte à Lépante, on dira au bayle qu’au moins la barbe repousse…

[17] Paruta, Historia vinetiana, 1703, I,  450-453.

[18] AGS, 1373, 96, 97, 99, 190

[19] Erreur : 1540.

[20] Laissé en blanc : Alvise Badoaro

[21] il s’agit du mot turc «΄arz-i ‘ubudiyet » entendu comme instrument juridique original

[22] forme italienne, français Nauplie, grec Nafplion.

[23] Forme italienne. Turc: Menavesiye, plus tard Menekşe; grec: Monemvasia.

[24] kale

[25] l’artillerie;en turc: les canons.

[26] 9 = 1000.

[27] Turc: mukarrer

[28] c’est assavoir?

[29] Turc: Urana. Aujourd’hui Vrana, entre Şibenik et Zadar, en Dalmatie.

[30] Italien, Nadino, près de Klis en Dalmatie, à 10 milles de Zara sur un rocher..

[31] Traduit  “Akdeniz”

[32] Sifnos et Serifos sont omis de la traduction (voir plus bas pour la seconde); Cliris est il une mauvaise lecture pour l’italien Chierpe, aussi écrit Chirbe – en turc Kerpe «avec ses deux châteaux », la moderne Karpathos.

[33] En turc: Tinoz (Tinos), connue aussi sous la graphie Thine (Theunissen).

[34] Antiparos

[35] le texte turc, pour donne Egine et Mürted. Miroy paraît transcrire Merit (traduction italienne de 1575 d’après Theunissen, Hans, ‘Ottoman-Venetian Diplomatics: the Ahd-names. The Historical Background and the Development of a Category of Political-Commercial Instruments together with an Annotated Edition of a Corpus of Relevant Documents‘, EJOS, I (1998), no. 2, 1-698. file  20: draft de la capitulation de 1540), en turc Mürted, aujourd’hui île de Kea.

[36] Italien de 1575: Termine. L’île était appelée Thermia ou Thermina, aujourd’hui Kythnos.

[37] Paros.

[38] Turc: Mikene (Mykonos). Le nom ne correspond pas aux versions italiennes : Micone ou Meghena (Theunissen).

[39] En langue “franque” Piskopiye, et en grec Tilo – Episkopia, Piskopi, Tilos. La traduction italienne de 1575 écrit Papaslich (Papazlık) (Theunissen).

[40] Astypalaia (turc: Istanbuliye, italien : Stampolia)

[41] Agios Yorgos- S. Giorgi dans la version italienne de la capitulation de 1575, turc : Kerke. Theunissen indique que ce pourrait être soit la petite île d’Ayos Yorgos, soit Levitha (Porto San Giorgio).

[42] turc: Koyunluca, traduit en italien également « is. de’ Piegoreri » (pecora : mouton). Pitcher et Theunissen suggèrent que cette île est Serifos, dont le nom apparaît dans la version provençale comme « Serkoz ».

[43] turc: Mırgır. Translitération italienne de 1575 : Mirgar, aujourd’hui Amorgos.

[44] Turc : Mallu Kilise. Transcrite « Chiesa ricca » dans la traduction de 1575 : les auteurs ne s’accordent pas, certains donnant ce nom à l’île de Strivali, au sud de Zante, d’autres à Patmos, qui avait déjà été conquise en 1522 (Theunissen).

[45] Dans la version torque Tine (Tinos)

[46] turc : Yanya (Yanina)

[47] traduit “memalik-i mahrusem »

[48] blanc – turc : « très haut domaine ».

[49] pour Preveze.

[50] Caïques.

[51] laquais? Traduit levent.

[52] quelque allié.

[53] s’enfuir.

[54] Blanc ; turc : töhmet = soupçonné, accusé.

[55] Turc : horende. Devellioğlu donne pour ce mot le sens de « personne à charge » (horanta).

[56] Levent : corsaire.

[57] Tempête.

[58] blanc: caïques (turc : kayık)

[59] turc : reis.= capitaine.

[60] Pleigerie (Bescherelle) : engagement, caution (cf. italien : piezzaria ;  anglais pledge).

[61] Haradj.

[62] traduit le mot: âmil, percepteur d’impôts.

[63] Autrement dit, qui paient le harac, c’est-à-dire chrétiens sujets du Padichah. Dans le texte turc : « haracgüzar kafirler ».

[64] Blanc : turc.

[65] Turc : beytü’l-malcı  autrement dit que l’agent du trésor ne s’en mêle pas.

[66] Turc: kanun= loi.

[67] 500 sequins. Traduit ici le mot « filori » (florin)

[68] Traduit ici “pare mavna”. Mahonne : galère turque de grande taille.

[69] Beyrouth. Barutti : transcription italienne de 1575.

[70] D’antan.

[71] Turc : Buçac. Apparaît comme Bucchiz dans la traduction italienne de la capitulation de 1575.

[72] Turc: Rastine (ou Zastine). – maison fortifiée près de Šibenik, avec oliveraie (Theunissen).

[73] Turc: Velin. Forteresse près d’Ostrovac. Theunissen suggère que ce pourrait être le village appelé aujourd’hui Bjelina en Dalmatie, au nord-est de Vrana et Benkovac.

[74] Turc: Sene ou Sine, forteresse sur la côté près de Buçac, à proximité de Split, surveillant une mine de sel (Theunissen).

[75] Değirmenler (les moulins) dans la version provençale; “i molini” dans la version italienne de 1575, situés entre Šibenik et Skardona en Dalmatie.

[76] Blanc.

[77] Erreur de dix ans.

[78] Texte publié par J. Du Mont Baron de Carelscroon , Corps Universel du Droit des Gens, Contenant un Recueil des Traitez d’Alliance, de Paix, de Trêve, de Neutralité, de Commerce, d’Échange, de Protection & de Garantie ; de toutes les Conventions, Transactions, Pactes, Concordats, &  autres Contrats; qui ont  été faits en Europe, depuis le Règne de l’Empereur Charlemagne jusques à présent , &c. t. IV- partie II, Amsterdam- La Haye, 1726, 197-203. Cf. Luigi Bonelli, « Il Trattato Turco-Veneto del 1540 », in Centenario della Nascita di Michele Amari, vol. II, Palerme, 1910, pp. 332-363.

[79] Bonelli : Enaboli= Nauplia.

[80] Bonelli : Menavsaje= Malvasia.

[81] Bonelli : sequins d’or.

[82] Bonelli : « le fortezze di Urana, Nado, Qoçağ, Rastine, Velin, Sene, Değirmenler (=molini) nel sangiaccato di Bossina”.

[83] Bonelli : Eskados (Skiathos)

[84] Bonelli : Eskros (Skiro)

[85] Bonelli: Endre (Andros)

[86] Bonelli mentionne les îles de Sifnos et Serfoz (Serifos).

[87] Bonelli: Kerpe (Karpathos)

[88] Bonelli: Naqşa (Naxos)

[89] Bonelli : Endobare (Antiparos)

[90] Bonelli: Ekne (Egina).

[91] Bonelli: Morted (= Zea).

[92] Bonelli: Baro (Paros)

[93] Bonelli : Meso (Megisti? ) Castelorizzo

[94] Bonelli: Papasluq (Tilos)

[95] Bonelli: Mirğor (Amorgo)

[96] Bonelli: Mallu Kilisa (=chiesa ricca, Pathmos).

[97] Bonelli; Istendin (Tinos; grec moderne ;’ς τήν τηνο).

[98] Bonelli : “Parga col suo castello, nel sangiaccato di Janja” (Gianina).

[99] Kadırga.

[100] Dardanelles.

[101] Bonelli : Adriatique

[102] Bonelli : 500 fiorini annuali

[103] Bonelli : Cemâzî el-âher.

Texte provençal des capitulations de 1540 entre Venise et l‘empire Ottoman

Alain Servantie

Né en 1947 à Bordeaux, Alain Servantie y a suivi des études de droit, de Sciences politiques et de sociologie. Il a rejoint la Commission Européenne à Bruxelles en 1971, adjoint du chef de la délégation de la Commission à Ankara de 1974 à 1981 ; puis de retour à Bruxelles de 1981 à 2012, principalement dans les services traitant des relations extérieures. Amené à étudier l’histoire des relations entre l’Europe et la Turquie, en particulier sur les relations diplomatiques au 16ème siècle, il a été encouragé par Jean-Louis Bacqué-Grammont à publier certaines de ses articles dont : “Ambassadeurs de Charles Quint auprès de Soliman le Magnifique”, Anatolia Moderna, IX, Paris, 2001. Plusieurs de ces articles sont repris dans Raisons à faire paix plutôt que guerre, Les Éditions Isis : Istanbul, 2020, et dans Vapeurs et Orient-Express. Voyages et Voyageurs entre Europe et Turquie au 19ème siècle, Les Éditions Isis : Istanbul, 2025. Par ailleurs, à l’invitation de J.L. Bacqué-Grammont à  participer à la Société Asiatique-  Institut des Civilisations du Collège de France, il y a présenté une conférence sur la diffusion des animaux et produits américains en Amérique, publiée ultérieurement : « La découverte de animaux d’Amérique », Rencontres d’Enghien (24-27 septembre 2020), « Entre réel et imaginaire : les animaux dans l’histoire, l’art et la littérature à l’époque bourguignonne », Publication du Centre Européen d’Études bourguignonnes (XIV-XVIe s.), n°61-2021, Lausanne, 2021.