Séance 8Mardi 12 mai 2026 | 18.00 – 19.30 (Istanbul)
Kunara, ville des piémonts du Zagros au Bronze ancien (IIIe millénaire AEC)
Aline TENU (CNRS, ArScAn-HASAÉ)
Jusqu’aux années 2010, le Kurdistan d’Irak était encore très peu connu sur le plan archéologique. Nos informations provenaient alors principalement des sources écrites mésopotamiennes, qui en donnaient une image imprécise et souvent peu flatteuse. La multiplication récente des missions archéologiques permet aujourd’hui de combler cette importante lacune. Les fouilles menées depuis 2012 à Kunara contribuent largement à cet essor de la recherche, documentant plus particulièrement la fin du IIIe millénaire aec. Vers 2200-2100 aec, Kunara a été un centre d’importance régionale, à l’urbanisme planifié, et qui révèle des modes de subsistance variés, de multiples échanges à longue distance, un usage important de l’écrit et des pratiques cultuelles complexes. Cette occupation fut, à la toute fin du IIIe millénaire, violemment détruite par le feu.
Séance 7Mercredi 22 avril 2026 | 18.00 – 19.30 (Istanbul)
Habiter les grands villages néolithiques d’Anatolie : activités, organisation spatiale et dynamiques communautaires
Avec Alice Vinet (Post-doctorante, chercheurse associée UMR LAMPEA et IFEA).
Ce séminaire propose d’explorer l’organisation des grands villages néolithiques d’Anatolie à travers l’analyse de la culture matérielle. En s’appuyant sur des études de cas issues de la plaine de Konya et de Cappadoce, du Néolithique ancien au Chalcolithique, nous examinerons la répartition des activités au sein des villages et les modalités d’interaction entre communautés. Ces données contribuent ainsi à une réflexion sur l’organisation sociale au sein de communautés denses, et sur les transformations des groupes néolithiques à l’aube des premières formes d’agglomération.
Séance 6Mardi 3 mars 2026 |18-20.00 (Istanbul)
Topographie historique et archéologique de Hiérapolis – Manbij (Syrie)
Justine Gaborit (Eveha International – UMR Orient & Méditerranée) et Houmam Saad (DGAMS – UMR AOROC)
L’ancienneté de ce site est attestée par son nom araméen Mabbog, dès le IIe millénaire av. J.-C. et sa variante assyrienne, Mampigu. Bénéficiant d’un terroir fertile et d’une position-clé sur les itinéraires de la rive droite de l’Euphrate, ce centre doit surtout sa renommée, dans le monde hellénistique et romain, à son complexe religieux, qui lui donna son nom grec Hiérapolis, et auquel le philosophe Lucien de Samosate (IIe s. ap. J.-C.) consacra un traité singulier, La déesse syrienne. Son importance n’a cessé de croître, à partir de l’époque byzantine, comme siège du métropolite de la province d’Euphratésie et comme point d’appui militaire, jusqu’à l’époque abbasside. Depuis la synthèse historique publiée par G. Goossens en 1943, les prospections et les fouilles de sauvetage successives conduites à Manbij appellent à réinscrire ces différentes fonctions – religieuse, défensive, commerciale – dans les mutations de l’espace urbain sur le temps long.
Séance 5Mercredi 14 janvier 2026 |18-20.00 (Istanbul)
Des textes aux premiers sondages archéologiques : nouvelles investigations sur l’histoire plurimillénaire d’Erbil
Avec Simon Brelaud (Ifpo, Erbil) et Georges Mouamar (CNRS-ArchéOrient, Lyon).
Alors que l’histoire plurimillénaire de l’ancienne Erbil (Arbellum, Arbèles) s’incarne physiquement par l’accumulation des strates sur le tell archéologique imposant qui se dresse aujourd’hui au coeur de la cité, encore occupé, l’investigation archéologique n’avait encore été que limitée à quelques sondages. Jusqu’à présent, notre connaissance de la cité reposait surtout sur les témoignages des sources littéraires, à commencer par le corpus cunéiforme qui mentionne notamment le célèbre sanctuaire d’Isthar d’Arbèles. Pour l’Antiquité tardive, la Chronique d’Arbèles relate ensuite les siècles de sa christianisation. Désormais, avec le lancement de la Mission archéologique française d’Erbil, dirigée par Georges Mouamar, le séquençage chronologique du tell et de sa ville basse va progressivement être établi. Cette communication présentera les premières conclusions des campagnes de fouilles archéologiques, tout en les confrontant au récit issu de la littérature ancienne.
Séance 4Jeudi 22 mai 2025, 18 – 19.30h (Istanbul)
Karka d-Bet Slok/Kirkuk. Histoire diachronique d’une citadelle par les textes et par les pierres
Narmin Ali Amin (Université Salahaddin, associée Ifpo), Nariman Rahim (Ifpo)
Qu’est-ce que les vestiges de la citadelle de Kirkouk indiquent de l’évolution de l’urbanisme de sa ville-haute à travers les âges? Désormais vidé de sa population, le tell archéologique de Kirkouk –très probablement l’ancienne Arrapkha, puis Karka d-Bet Slok– est un témoignage visible de l’histoire plurimillénaire de ce site et de l’accumulation des cités sur le même emplacement. Pourtant, son histoire n’est connue pratiquement que par la littérature ancienne (cunéiforme puis syriaque et arabe), alors que les investigations archéologiques ont été jusqu’à présent légères sur ce site. Le croisement des sources littéraires aux études sur le bâti doit permettre de dresser un premier bilan des évolutions de l’habitat de l’ancienne Kirkouk durant les deux millénaires après J.-C. ; il s’agit de l’un des rares exemples de tells du Moyen-Orient véritablement habités (et pas seulement par un palais ou une garnison militaire) en continu jusqu’à récemment, à l’instar de sa voisine Erbil.
Dr Narmin Ali Amin est professeure au département d’archéologie de l’Université Salahaddin d’Erbil et chercheure associée à l’Ifpo et à l’UMR “Orient et Méditerranée” (CNRS). Spécialiste de l’archéologie et du patrimoine chrétiens, elle a soutenu une thèse sur les églises du Kurdistan irakien et est impliquée dans de nombreux projets archéologiques dans la région.
Nariman Rahim a enseigné au département d’archéologie de l’Université Salahaddin d’Erbil. Il est boursier AMI à l’IFPO et prépare une thèse sur les vestiges ottomans de la citadelle de Kirkouk.
Séance 3Mardi 28 avril 2025 |18-19.30 (Istanbul)
Amida/Diyarbakir. Recherches pluridisciplinaires sur l’eau et la ville
Avec Martine Assenat (CRISES – IFEA- Université Paul Valéry Montpellier, Maître de conférences) et Christian Leduc (Institut de recherche pour le développement (IRD), UMR G-EAU, Montpellier, Directeur émérite de recherche de l’IRD).
Eau sauvage, eau domestiqu(é)e, eau patrimoine, la richesse de cette ressource constitue une particularité majeure d’Amida/Diyarbakır – et ce depuis la première occupation humaine du site en surplomb du Tigre. Une telle abondance peut surprendre dans le contexte géographique de la Haute-Mésopotamie. En écho, les textes anciens et les recherches sur la topographie romano-byzantine de la ville apportent un certain nombre d’indications sur l’importance de l’eau à Amida, sur ses monuments et ses usages, mais ces références présentent aussi beaucoup d’angles morts. Pour les éclairer, des investigations en cours (notamment en hydrogéologie) nous fournissent d’autres informations sur l’évolution récente de l’eau souterraine et son utilisation. La combinaison pluridisciplinaire de ces multiples fragments permet de comprendre l’évolution des paysages de l’eau, paysage hydrologique et paysage historique, et de les faire se rencontrer.

Vendredi 4 avril 2025 | 18.00 – 20.00 (Istanbul)
Tracing Sasanian Gardens : Within and Beyond the City: Royal Parks and Palatial Landscapes in Late Antique Southwestern Asia
Avec Parsa Ghasemi, Chercheur associé à l’équipe OrAM (UMR7041 – ArScAn)
In this presentation, P. Ghasemi will discuss the gardens and green spaces during the Sasanian period, focusing on both urban and rural settings across Mesopotamia and the Iranian plateau. The talk will examine how the Sasanians adapted their landscape management techniques to various environmental conditions, particularly in arid and semi-arid regions, where they ingeniously transformed barren lands into flourishing gardens and paradisiacal spaces. By analyzing archaeological evidence, this presentation will shed light on the approaches that the Sasanians used to integrate nature into their built environment, demonstrating their mastery in creating sustainable and aesthetically pleasing landscapes.
Parsa Ghasemi‘s research interests encompass landscape archaeology, remote sensing, Sasanian archaeology, and the Late Antique world of western and central Asia. He has directed 15 archaeological projects, including both excavations and surveys, primarily in the Pars region, Iran, from 2005–2024.
Séance 1Jeudi 30 janvier 2025 | 18.00 – 19.30 (Istanbul)
Le municipe de Bezabde : une ville sur la frontière romano-perse
La ville de Bezabde a suscité la curiosité de nombreux historiens. Elle nous est connue par Ammien Marcellin, qui la qualifie de « municipium » au livre XX des Res Gestae. Le récit de la bataille qui y fut livrée contre Shapur II par les légions de Constance II en reflète l’importance stratégique. Longtemps identifiée à la ville de Cizre, située sur la frontière syro-turque, elle est finalement localisée près du village d’Eski Hendek par l’équipe de Guillermo Algaze dans les années 1980. Dans cette conférence, je me propose d’effectuer une synthèse des éléments historiques et archéologiques qui ont pu être réunis sur Bezabde et de présenter le mobilier inédit que j’ai pu observer sur le terrain dans le cadre de ma thèse, ainsi que certaines observations réalisées par l’équipe de prospection de Gülriz Kozbe entre 2020 et 2022.