Hommage à Jean-Louis Bacqué-Grammont (1941-2024)

Par Dejanirah Couto, maître de conférences en histoire à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE/PSL)

Entretien à l’IFÉA : Comment avez-vous rencontré Jean-Louis Bacqué-Grammont ? Quels ont été les points marquants de votre relation professionnelle et amicale ?

En amont de notre rencontre en face-à-face, je connaissais Jean-Louis pour ses travaux.  Il s’intéressait aux Portugais dans l’océan Indien et avait publié un ouvrage sur l’expédition portugaise en mer Rouge en 1517 et un article sur un voyageur portugais dans l’Empire ottoman[1]. Mais je le connaissais également par ses travaux en tant qu’ottomaniste. Sa thèse du doctorat d’État (1980), Les Ottomans, les Safavides et leurs voisins. Contribution à l’histoire des relations internationales dans l’Orient islamique de 1514 à 1524 [2]  était un outil indispensable pour ceux qui travaillaient sur le golfe Persique dans le premier XVIe siècle.

Notre première rencontre était inattendue. Je travaillais dans l’ancienne bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (au 4, rue de Lille) lorsque Jean-Louis s’est approché. Il avait entendu parler de moi par le cercle de Jean Aubin, dont j’étais l’une des deux étudiantes avec Denise Aigle, qui menait des recherches sur l’Iran médiéval. Il avait été curieux de mon sujet d’habilitation à diriger des recherches qu’il voyait comme entièrement nouveau. Dans une   perspective d’histoire maritime, je traitais de la rivalité   entre Ottomans et Portugais dans l’océan Indien au XVIe siècle. J’avais entrepris parallèlement des études de langue turque à l’INALCO.

Caraques de l’océan Indien : Caraque indienne « Piroga » — Caraque de La Mecque — Caraque de Roumes (ottomane), illustration tirée de l’ouvrage Álbum do Século (page 24), basée sur les manuscrits de l’explorateur portugais D. João de Castro.

 Il s’agissait d’un sujet qui avait été négligé. Certes, Salih Özbaran (en 1979 et 1994) avait fait des incursions dans le domaine, mais n’avait pas pu accéder véritablement à la documentation portugaise.  De fil en aiguille, comme Bacqué-Grammont avait été officier de Marine, notre conversation porta sur la navigation et ses instruments à l’âge moderne.[3] De mon côté, je naviguais depuis des années dans l’Atlantique y compris sur une réplique d’une caravelle portugaise du XVe siècle.

Cette rencontre s’explique donc par sa curiosité. Ce qui distinguait   Bacqué-Grammont, c’était en effet son extraordinaire curiosité. On avait l’impression qu’elle dominait sa personnalité.  Sa culture littéraire et scientifique était immense ; il pouvait aussi bien disserter sur les marines d’Aïvazovski [4]  que sur l’emploi du kâmal à bord des navires musulmans de l’océan Indien. C’était un voyageur averti, fin connaisseur des patrimoines érudits mais aussi des cultures populaires. Je crois qu’il aimait profondément la Turquie, qui lui rendait bien, à travers d’innombrables invitations académiques, échanges personnels et liens d’amitié. J’étais parmi les privilégiés qui goûtèrent en sa compagnie au guveç d’agneau anatolien, dont un célèbre restaurant traditionnel à Ataköy détenait la recette. Je me souviens d’une extraordinaire équipée pour aller, avec quelques collègues, manger des beignets d’écrevisses « Chez le Belge », à Ankara. Il tranchait sur ses collègues du milieu universitaire, sans doute en raison de son passé d’officier de marine. Il en avait gardé une grande ouverture d’esprit, un franc-parler et une humeur ravageuse. Un jour, en commentant mon parcours universitaire (j’avais soutenu mon doctorat en études byzantines, mais commencé mon HDR sur le golfe Persique au XVIe siècle sous la direction scientifique de Jean Aubin), il me dit : « vous êtes quelqu’un qui a une trajectoire comme dans la navigation. Vous naviguez à la bouline[5].  »

J’ai soutenu mon habilitation à diriger des recherches en 2007 sur un manuscrit inédit portugais qui porte sur une grande expédition maritime portugaise dans le golfe Persique visant à déloger les Ottomans du Bas-Iraq en 1551. Jean Aubin étant décédé en 1998, c’est tout naturellement que Jean-Louis Bacqué- Grammont, qui travaillait alors sur la conquête ottomane de Basra (1546), [6] suivi de près mes recherches. Il a donc intégré mon jury d’habilitation.  

Par la suite, nous avons poursuivi notre collaboration scientifique et entrepris plusieurs projets ensemble. Je n’attirerai l’attention que sur deux d’entre eux. Le premier prit la forme d’un partenariat entre l’EPHE et l’Université de Téhéran (2005 – 2006). Il fut jalonné par l’organisation d’un colloque à l’Université de Téhéran pour lancer le grand projet de l’Atlas historique du Golfe Persique. L’Atlas fut publié en 2006.[7] Accueillie par l’Institut français de recherche en Iran (IFRI) une autre publication de ce programme vit également le jour.[8] Cette collaboration a été exemplaire pour nous et pour les Iraniens, aussi bien du point de vue des échanges institutionnels que du travail de terrain. Nous avons, Bacqué-Grammont et moi-même, mené des recherches dans les fonds des principales bibliothèques de Téhéran en vue de sélectionner les cartes figurant sur l’Atlas.

Léon Jean-Baptiste SABATIER (Paris, 1827 – Paris, 1887), d’après Joseph SCHRANZ (Port Mahon, Minorque, 1803 – Paris, 1853), Barque du Sultan.

L’idée d’un séminaire en histoire maritime ottomane à l’IFEA est venue à partir du succès du programme franco-iranien.  Le soutien de l’EPHE et de la Société française d’histoire du Portugal conjugué à l’accueil bienveillant des directeurs successifs de l’IFEA (Nora Seni et Jean-François Pérouse) ont permis d’organiser, pendant 5 ans (1010-1015) une série de séminaires doctoraux mensuels (d’octobre à mai) portant sur l’histoire maritime ottomane. Nous avons pu ainsi inviter à l’IFEA des chercheurs de renom mondial dans les domaines de la construction navale ottomane, de l’archéologie nautique et sous-marine, de la cartographie, de l’histoire ottomane, des techniques de navigation, etc. Nous avons été aussi soutenus par le programme d’archéologie nautique du département anthropologie de la Texas A&M University, aux États-Unis, l’un des centres les plus importants de la recherche mondiale sur les épaves de l’époque moderne.  Les deux congrès internationaux (1st et 3rd International Eurasian Maritime History Congress) qui se déroulèrent à Istanbul sous l’égide de l’International Association of Maritime History (IAMS) (2012 et 2018), furent à l’origine des deux publications accueillies par l’université Piri Reis d’Istanbul (Tuzla). Elles donnent une idée du travail scientifique accompli.[9] Ce séminaire fut brillamment clôturé par l’exposition qui s’est tenue à Izmir en 2015. Organisée par l’IFEA en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, avec le soutien scientifique du Centre d’histoire des sciences de l’Université d’Istanbul, celle-ci a permis d’exposer de magnifiques cartes françaises et ottomanes des XVIIe-XVIIIe siècles représentant les détroits (Dardanelles et Bosphore). Certaines cartes françaises furent numérisées à cette occasion et figurent maintenant sur la base de données Gallica. Jean-François Pérouse, alors directeur de l’IFEA, a été l’infatigable commissaire de cette manifestation. [10]

Lorsque Jean-Louis Bacqué-Grammont était secrétaire-général de la Société Asiatique (1993-2019), mes recherches se sont progressivement étendues à la présence de la diaspora ottomane en Inde au XVIe siècle (Gujarat et Sultanat de Bijapur). Bacqué-Gramont avait réuni une documentation impressionnante sur le Gujarat, qu’il avait glané un peu partout.  Appuyée sur une tout autre documentation, j’avais commencé aussi à publier sur le sujet[11]. La question des techniques ottomanes de construction navale développées spécifiquement pour l’océan Indien demeurait au cœur de nos discussions. Par exemple, dans l’un des articles que j’ai publiés inclut, il y a un témoignage d’une source portugaise du XVIe siècle qui éclaire sur ce savoir-faire. Les Ottomans avaient en Méditerranée une façon spécifique de construire leurs navires ; mais à partir du moment où ils ont été confrontés à l’océan Indien, il leur a fallu changer de technique de construction. Ont-ils été inspirés par les Portugais ? On sait que plusieurs captifs et convertis portugais entrèrent au service de la Porte et travaillèrent dans les tersane d’Istanbul. En tout cas, les Ottomans ont adapté leur construction navale, comme indiqué dans le témoignage de la source portugaise[12].

Jean-Louis Bacqué-Grammont avait une connaissance intime de la documentation ottomane. Il y avait d’abord ses compétences linguistiques. Je crois qu’il aura été l’un des derniers, après Louis Bazin évidemment, à maîtriser si parfaitement la philologie du turc ottoman. Il avait une prédilection pour la traduction et il a, par conséquent, beaucoup traduit. Sa perspective, qui était aussi la mienne, était de publier les sources transcrites et traduites dès qu’on en avait la possibilité. Mais son aisance venait également de la   fréquentation exhaustive de la documentation. Il s’intéressait beaucoup, à la cartographie et aux cartographes, à la cosmographie, aux routiers nautiques arabes et ottomans, bref, à la littérature géographique ottomane dans sa diversité (d’où ses publications sur Kâtib Çelebi et Piri Re’is).[13]

Carte du monde dressée par l’amiral ottoman Piri Reis en 1513. Seule une partie de la carte originale subsiste et est conservée au musée de Topkapi à Istanbul. Cette carte synthétise des informations provenant de nombreuses cartes, dont une dessinée par Christophe Colomb des Caraïbes.

Jean-Louis Bacqué-Grammont était aussi un fabuleux raconteur d’histoires. Il aimait l’étrange, le surnaturel et le merveilleux dans la tradition islamique de l’Adja’ib. En témoignent plusieurs de ses articles, aux titres en clins d’œil facétieux à l’establishment[14]  Tout cela culmina avec l’étude remarquable sur les femmes-fruits du waqwaq.[15]   

Enfin, je voudrais aussi souligner la générosité de Jean-Louis Bacqué-Grammont. Cette qualité m’a toujours impressionnée chez lui. Il était franc et généreux : il partageait ses documents, son savoir, son temps. Il n’avait pas le sens dévoyé de la « propriété scientifique ». Même après avoir été non référencé, Jean-Louis a continué de partager ses sources, ses textes et le fruit de son travail.  Ce qui lui importait c’étaient les avancées de la recherche, la diffusion des connaissances au sein de la communauté scientifique.

Je crois que la collaboration scientifique et le rapport d’amitié entre Bacqué-Grammont et moi-même (dans lequel j’inclus son épouse Marcelle) nous ont permis de déblayer un peu de ce chantier immense – l’histoire de l’empire ottoman hors les murs, dans ses rapports avec les mondes asiatiques en particulier. Publiée en 2000, la contribution de G. Casale sur les Ottomans dans l’océan Indien demeure sujette à caution : ils y sont représentés comme ayant eu une politique hégémonique par rapport à cette région, ce que les documentations de plusieurs origines contredisent.  Bacqué-Grammont, qui avait publié le texte de la relation du voyage de Seyyidi Ali Re’is dans l’océan Indien, en avait déjà apporté la preuve[16].

Je continue de publier sur la question, mais Jean-Louis Bacqué Grammont a laissé d’autres programmes inachevés, dont je voudrais souligner l’importance. C’est le cas des textes des géographes ottomans sur l’Asie du Sud-Est, dont il avait terminé la traduction, en établissant une méthodologie personnelle visant à reconnaître les emprunts des diverses traditions textuelles. C’est un travail de longue haleine que les jeunes chercheurs devraient reprendre. Nous avions, également, en collaboration avec une jeune enseignant de l’université de Stanford travaillant sur le Khûzestân à l’époque moderne[17], le projet de réunir et publier une triple documentation sur Basra dans les années 1550. Nous espérons que ces recherches viendront à être publiées.

Le caractère enjoué, l’érudition et les vertus personnelles de Jean-Louis Bacqué Grammont nous manquent déjà, mais il me reste à souhaiter vivement que ses recherches soient poursuivies. Au vu de l’importance de son œuvre, son héritage doit être perpétué, non seulement par les spécialistes du monde ottoman, mais, au-delà de ces chercheurs, par la communauté scientifique toute entière.

Notes de bas de page :

[1] J.-L. Bacqué-Grammont et A. Kroell, Mamlouks, Ottomans et Portugais en mer Rouge. L’affaire de Djedda en 1517. Le Caire, I.F.A.O., 1988 ; J.-L. Bacqué-Grammont, « Un rapport ottoman sur António Tenreiro », Mare Luso-Indicum III (1976), p. 161-173.

[2] Publication de l’Institut historique et archéologique néerlandais d’Istanbul, LVI, Istanbul, 1987, 406 p.  

[3] À la suite de son diplôme de l’École Nationale des Langues Orientales vivantes en 1963, Jean-Louis Bacqué-Grammont accompli son service national d’octobre 1965 à avril 1967 comme élève-officier, aspirant puis officier de réserve interprète et du chiffre de 3ème classe de la Marine Nationale. Il est promu au grade de capitaine de vaisseau de réserve par décret du ministre de la Défense nationale du 6 février 2000.

[4] Ivan Aïvazovski (1817-1900), peintre russe d’origine arménienne et l’un des maîtres de la peinture de marines qui a marqué le romantisme russe. 

[5] Naviguer à la bouline : les voiles sont placées de manière à recevoir le vent de biais.

[6] J.-L. Bacqué-Grammont V. Rahmé, S, Hamza, “Notes et documents sur le ralliement de la principauté de Basra à l’empire ottoman (1534-1538)”, Anatolia Moderna. Yeni Anadolu 6 (1996), p.85-95 ; J.-L. Bacqué-Grammont V. Rahmé, S, Hamza, “ Textes ottomans et safavides sur l’annexion de Bassora en 1546”, Eurasian Studies III/1 (2004), p.1.33.

[7] D. Couto, J.L. Bacqué-Grammont, M. Taleghani, Atlas historique du golfe Persique (XVIe-XVIIIe siècles). Historical Atlas of the Persian Gulf (Sixteenth to Eighteenth Centuries), Târîhî Halig Fâris, Turnhout:  Brepols, 2006.

[8] M.Taleghani, D. Silva Couto et J.-L- Bacqué Grammont, Cartographie historique du golfe Persique, Téhéran : Institut français de recherche en Iran, 2006.

9 Seapower, Technology and Trade: Studies in Turkish Maritime History, D. Couto, F. Günergun, M. P. Pedani (éds.) Istanbul: Denizler Kitabevi, 2014, 604 p. ; Proceedings of the Third International Eurasian Maritime History Congress. History of Shipbuilding, D. Couto et F. Castro (éds.), Istanbul : Pîrî Reis University, 2022, 328 p.  

[10] Voir le catalogue d’exposition : « İstanbul Boğazı’ndaki Osmanlı Hisarları » / « Les fortifications ottomanes du Bosphore », Üç Denizin Arasında. Osmanlı ve Fransiz Boğaz Haritaları / Entre trois mers. Cartographie ottomane et française des Dardanelles et du Bosphore, Izmir : Arkas Sanat Merkezi, 2016.  

[11] Voir, entre autres,  D.Couto,  « Rûmî Networks in India : A Snapshot on the Second Siege of Diu (1546) »,  Seapower, Technology and Trade: Studies in Turkish Maritime History, D. Couto, F. Günergun, M. P. Pedani (éds.), Istanbul : Denizler Kitabevi, 2014, p.103-114.

[12] D. Couto, “Murâd Bey, Seydî ‘Alî Re’îs and the Warfare against the Portuguese (1553-1554) : New Insights on Original Iberian Accounts », Piri Reis and Turkish Maritime History, Istanbul : Türk Tarih Kurumu, Cilt.3, 2015, p. 185-203 et p.208 (fol. 2vº du document transcript). Cet article a été publié sans révision de l’auteur. Il doit être republié prochainement avec de nouveaux documents.

[13] Voir par exemple, “Les portulans et les cartes de Pîrî Re’îs, écrivain nautique ottoman”, Comité Français de Cartographie 184 (2005), p.31-55.

[14] Voir par ex. J.-L- Bacqué-Grammont, “le château de Saint-Pierre de Bodrum et ses défenseurs à quatre pattes au temps des Chevaliers de Rhodes”, Anthropozoologica 43/2 (2008), p.39-46.

[15] J.-L. Bacqué-Grammont, M. Bernardini, et L. Berardi, L’arbre anthropogène du waqwaq, les femmes-fruits et les îles des femmes : recherches sur un mythe à large diffusion dans le temps et l’espace, Napoli: Università degli studi di Napoli « L’Orientale », 2007.

[16] J.-L. Bacqué Grammont, Seyyidî ‘Alî Re’îs. le miroir des pays. Une anabase ottomane à travers l’Inde et l’Asie Centrale, Paris : Actes Sud, 1999.

[17] M. Tufan, “Le Kurdistan en tant qu’espace politique coextensif de l’Empire ottoman.
Analyse de l’acte de propriété de sultan Süleymān pour les princes kurdes de 15352”, Journal Asiatique 312/2 (2024), p. 249-271.

Dejanirah Couto
École Pratique des Hautes Études
Section des Sciences Historiques et Philologiques
Lab EA 4116 SAPRAT
E-mail : dejanirah couto@gmail.com

Dejanirah Couto a été maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’École pratique des hautes études, Section des sciences historiques et philologiques, Paris (EPHE/PSL) où elle a enseigné l’histoire de l’Empire portugais è l’époque moderne et l’histoire du Portugal contemporain. Elle y a dirigé le  Master  européen  d’histoire moderne et contemporaine (2005-2016) ainsi que plusieurs masters et thèses de doctorat. Ses recherches portent principalement sur l’Empire portugais en Asie et ses  interactions politiques, sociales et culturelles avec les empires et  puissances musulmanes dans l’océan Indien  à l’époque  moderne (Iran safavide, empire ottoman, sultanats indiens et insulindiens).   Ses travaux  suivent actuellement  plusieurs axes de recherche,  impliquant l’histoire de l’océan Indien à l’époque moderne (réseaux marchands et villes portuaires en particulier), l’histoire de la diplomatie et des minorités, de la cartographie, de la technologie militaire et de la construction navale. Auteur, co-auteur et éditeur de plusieurs ouvrages, elle a publié plus d’une centaine d’articles  sur son domaine de recherche.

Membre de l’ANR/MeDIan (2009-2013) sur l’océan Indien, et d’autres programmes internationaux, elle a dirigé à l’IFEA, pendant cinq ans ((2010-2015), un séminaire doctoral mensuel sur l’histoire maritime ottomane organisé avec le département d’Histoire des sciences de l’Université d’Istanbul et le programme d’archéologie nautique, département d’anthropologie, de la Texas A&M University. Elle a été missionnaire de l’UNESCO en République populaire de l’Angola, a présidé le panel d’évaluation en  Histoire, Archéologie et Patrimoine de l’Agence nationale de l’enseignement supérieur du  Portugal (FCT- Fondation pour la Science et Technologie) (2019-2022) et fit partie du panel d’évaluation quinquennale des unités de recherche du Portugal, nommée par la FCT  (2022-2025). Elle  est actuellement  membre de deux projet de recherche, Mondo500. Le monde dans une péninsule : espaces urbains, présences étrangères, économies des savoirs dans l’Italie du Cinquecento  et Cantiere Veneziano (École française de Rome, Centre Alexandre Koyré, EHESS) et  est l’un  des Executive  Series Editors de la collection Indian Ocean Series  de la maison d’édition Brill, Leiden).

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