Olivier Henry, “Tombes cariennes, tombes lyciennes : un processus analogue de pétrification architecturale?”, in P. Brun, L. Cavalier, K. Konuk et F. Prost (eds.), Euploia. La Lycie et la Carie Antiques, Bordeaux, 2013, 257-270

 
Quoique toujours largement débattu, le phénomène de pétrification architecturale est un usage de l'Antiquité désormais reconnu. Un exemple particulièrement éloquent de cette transition technique nous est fourni par l'architecture funéraire lycienne. Force est en effet de constater que les concepteurs des tombes rupestres à façade de maison, réparties sur l’ensemble du territoire de la Lycie, ou des “tombes-maison” monumentales, comme celles de Xanthos, cherchèrent à reproduire dans la pierre une architecture, probablement plus ancienne, en bois.
Un nombre important de tombes à chambre, découvertes ces dernières années en Carie, semble relever du même phénomène de pétrification. Ces tombes furent construites quasiment à l'identique et dans un laps de temps relativement court : la deuxième moitié du IVe siècle a.C. Une analyse structurelle comparative révèle que ces tombes, bien que construites en pierre, répondent toutes aux exigences liées à la construction de structures en bois. La fouille récente d'une nouvelle tombe de ce type, située entre Mylasa et Labraunda, permet d'étayer la théorie selon laquelle ces tombes souterraines à poutres seraient les héritières de types funéraires plus anciens, construits en bois