Le séminaire vise à poser les jalons d’une nouvelle approche des connexions, concomitances et interdépendances dont les espaces (post-)ottomans ont pu être partie intégrante. À l’encontre des travaux qui analysent la mise en circulation de pratiques, d’instruments, de normes et de savoirs comme étape subséquente à leur production localisée, on étudiera les instruments techniques et symboliques produits et reproduits par la circulation. À la problématique du « transfert », qui se limite souvent à penser les échanges en termes de diffusion et d’importation à sens unique, nous préférerons l’analyse des modalités du transfaire, attentive aux processus de traduction et de coproduction des vecteurs normatifs et matériels du politique.

Animé par Gilles Authier, pensionnaire scientifique de l’Institut Français d'Études Anatoliennes, ce séminaire aborde un large éventail de sujets d'actualité touchant au Caucase et à ses diasporas dans les divers domaines des sciences de l'homme et de la société.

Organisateurs : Nicolas Elias et Nikos Sigalas
On boit rarement seul et boire s’inscrit le plus souvent dans une sociabilité qui ne peut jamais se réduire au simple divertissement. Au contraire, rien de moins anodin, rien qui n’engage plus, en Turquie, que le fait de boire – ou de ne pas boire. C’est que l’alcool réunit autant qu’il sépare. Il réunit, et l’on pense, a maxima, au rituel alévi où le partage de l’alcool (dem) tient encore une fonction sacrée (à l’instar des premiers chrétiens) : l’alcool comme communion. Il sépare, on n’en doute pas, dans un pays à majorité musulmane, mais dans des modalités toujours plus complexes qu’une opposition binaire musulman/non-musulman (le rituel alévi l’illustre bien).