Journées Nationale d’Archéologie, du 19 au 21 Juin 2015
http://journees-archeologie.fr/c-2015/accueil

Le Ministère de la Culture et de la Communication a confié l’organisation des Journées Nationales d’Archéologie à L’INRAP, l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives. Cet Institut, outre ses interventions sur les sites archéologiques menacés par les travaux d’aménagement du territoire, « concourt à l'enseignement, la diffusion culturelle et la valorisation de l'archéologie auprès du public ».

En métropole comme outre-mer, nombre d’activités autours de l’archéologie, visites de sites archéologiques, expositions et reconstitutions de chantiers de fouilles, sont organisées avec l’ambition renouvelée d’accueillir enfants, familles et passionnés exigeants.  

La première édition remonte à  2010, nous en sommes donc, du 19 au 21 juin 2015, à en célébrer la sixième. 

Sont-ce les seules journées dédiées à l’archéologie de par le monde ?

La France, forte de son esprit pionnier en matière de communication culturelle, semble encore battre la mesure : la première Journée Internationale de l’Archéologie (International Archaeology Day) initiée par «l’Archaeological Institute of America » remonte seulement à 2011, un an après l’initiative française.

L’emphase anglo-saxonne en fit une journée internationale, bien qu’à l’origine elle ne fût célébrée que sur le continent nord-américain, à l’exception notable d’une unique activité chez nos amis anglais.    Depuis, chaque octobre,  la plupart des pays anglo-saxons adhèrent à cette journée mondiale de l’archéologie, pourtant qui guère relayée sur le continent européen.

En France, ces journées nationales rencontrent un succès croissant, répondant à l’engouement d’un public varié pour l’archéologie et permettent, au-delà des clichés, de présenter la diversité d’un métier que les films et la littérature romanesque réduisent le plus souvent à des aventures sableuses en territoires hostiles…

Celles et ceux qui visiteront les laboratoires, les sites archéologiques, les fouilles en cours et qui écouteront les explications passionnées de mes collègues de France et d’outre-mer,  découvriront des métiers, des outils de recherche, des parcours professionnels mettant en avant l’interdisciplinarité et les compétences variés nécessaires dans ce métier. L’archéologue est un fouilleur, un climatologue, un  chimiste, un physicien, un statisticien, un biologiste, un botaniste et tant d’autres choses !

En Turquie, point de journée dédiée à l’archéologie mais, chaque année,  depuis trente-sept ans, une semaine du mois de mai est consacrée à un Symposium d’Archéologie regroupant l’ensemble des fouilles présentes sur le territoire turc.

Organisé par le Ministère turc de la Culture et du Tourisme, cet évènement, certes réservé à la communauté scientifique, n’en montre pas moins l’importance de l’archéologie dans la politique culturelle nationale. Mais, comme dans la plupart des pays concernés par l’archéologie, l’indépendance des recherches par rapport aux exigences d’un « marché » de l’archéologie  est fortement remise en cause.  

Les chimères  de dividendes  provenant d’un tourisme archéologique bien souvent supposé, forcent les archéologues à revêtir les habits de chefs d’entreprises, à se former aux règle du marketing, voire se faire concurrence, à l’instar des parcs d’attractions.  Recherche de capitaux privés, mise en scène et surenchère des dossiers de valorisation des sites le plus souvent déconnectés des politiques de développement touristique locales et régionales, prennent leurs aises dans les programmes et calendriers de recherches.

Concurrence, encore, dans l’obtention des marchés de l’archéologie préventive, avec la libéralisation de cette dernière en France notamment au tournant du millénaire.

Ces deux dernières décennies, l’important développement des outils analytiques (géomatique, 3D, géophysique, biologie et chimie) apportent des précisions d’analyses inégalées mais ont un coût sur l’organisation de l’archéologie dépassant la simple question d’une explosion des besoins financiers.

  • -Le recours à des opérateurs privés ne garantit pas l’archivage de certaines données et les droits de propriétés peuvent être des enjeux  commerciaux non négligeables, dont l’encadrement juridique est encore flou.
  • -L’accroissement de la demande en spécialistes se fait au détriment du renouvellement des archéologues de terrain dans les structures de recherche, avec le risque que l’archéologie ne devienne une discipline atomisée entre des spécialités et que la fouille ne soit plus qu’une question d’ingénierie.

 Début de la saison des fouilles en Turquie

La période estivale n’est guère oisive pour les archéologues et nombre de collègues français rejoindrons la Turquie dans les semaines à venir, qui pour y diriger des fouilles, qui pour y participer, qui pour apporter ses compétences sur des terrains divers. Des équipes mixtes, turco-françaises, aux missions archéologiques du Ministère des Affaires Etrangères, les activités de terrains reprendront d’ici peu.

Parmi les missions financées par le Ministère des Affaires Etrangères, sous le contrôle scientifique de la Commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger, citons les fouilles de Labraunda, dirigées par Olivier HENRY (ENS/IFEA) qui accueilleront cet été plus d’une quarantaine de chercheurs et étudiants français, turcs et étrangers sur les vestiges antiques liés à la présence du sanctuaire de Zeus Labraundos,  à une dizaine de kilomètres de l’actuelle ville de Milas.

Les fouilles de Porsuk Zeyve Höyük, dans la province de Niğde, font l’objet d’une attention particulière de l’IFEA, sachant que Dominique BEYER (Université de Strasbourg), qui dirige cette mission depuis plus de dix ans, passera la main après cet été et qu’il nous revient de superviser une transition sereine. Cette transition recevra, à n’en pas douter, la confiance d’Ankara, en offrant la garantie de l’implication de la France sur ce site occupés durant les périodes Hittites jusqu’aux périodes hellénistiques et romaines. Fouillé par la France depuis 1969, Porsuk Höyük se trouve au sud des massifs de la Melendiz, au milieu desquels nous retrouvons le site néolithique de Tepecik-Çiftlik, fouillé par Erhan Bıçakçı (Université d’Istanbul) avec lequel nous collaborons depuis plus d’une décennie. Cette année, les « Ateliers Techniques et Cultures » du Pôle Archéologie de l’IFEA prendront donc quartier à Tepecik-Çiftlik puis au camp des fouilles du site d’Aktopraklık proche de Bursa, afin d’offrir des stages de formations aux technologies céramiques aux étudiants des universités turques représentées dans ces programmes de fouilles.

A défaut de Journées de l’Archéologie en Turquie, les voyageurs qui arpenteront l’Anatolie cet été auront probablement la chance d’y croiser des archéologues au travail.

Qu’ils n’hésitent point à poser des questions, nous autres archéologues étant le plus souvent accueillants et  loquaces quand il s’agit de présenter nos travaux.

A vous voir !

Sources

Quelles évolutions et recompositions récentes en Turquie sur la question du génocide arménien? 
Essai de bilan critique et d’histoire immédiate.

En collaboration avec l’IFI et le CETOBAC
IFEA-6 Mars 2015

Présentation

La journée d'études conçue par l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes (IFEA) en collaboration avec des partenaires turcs vise à faire le point sur l’évolution du débat turc sur le génocide arménien depuis la désormais fameuse conférence sur “Les Arméniens à la fin de l'Empire ottoman” organisée en 2005. Cette dernière, dans le champ académique en tout cas, a créé un précédent et servira de point de départ pour nos investigations. Le but est à la fois de dresser un bilan de l’histoire récente des débats sur le génocide arménien en Turquie - en s’intéressant aux lieux du débat, à ses formes, aux institutions, acteurs, moments et initiatives - et de mieux caractériser et faire connaître, à travers une publication, leur complexité dynamique, passablement méconnue à l'extérieur du pays.

Sans se focaliser sur la catastrophe de 1915, sa qualification et son interprétation, il s'agira pour nous plutôt de repérer et de contextualiser les acteurs du renouvellement du débat ou des interrogations, comme ceux des crispations et blocages, dans la période récente. Car il est de notre mission de faire connaître la nature et les acteurs du débat en Turquie, de façon à sortir des stigmatisations et autres caricatures convenues qui entravent la recherche pour nous nécessaire d’une voie/voix commune. Ce faisant, on essaiera de mesurer le chemin parcouru, les divers positionnements, les repositionnements éventuels, de façon à pouvoir ouvrir sur les évolutions possibles à terme.

Sept domaines ont été distingués, qui feront l’objet d’un bilan propre : édition, presse, université, associations-fondations, littérature, spectacle vivant et expression artistique. En ne réduisant pas la focale au débat « académique », on s’efforcera de sonder plus largement le corps social à l’épreuve de cette question. L’idée est d’avoir un intervenant pour chaque « domaine » considéré. Celui-ci proposera un bilan à la fois factuel, informatif et critique, qui sera soumis à la discussion d’une personne, puis de l’ensemble des participants.
Il sera demandé à chaque intervenant un bilan de l’évolution dans son champ qui fera ressortir à la fois la structure et la forme du débat – s’il y a débat -, ses acteurs principaux, sa sociologie (en termes de genre, de génération comme de capital éducatif et universitaire), ses institutions, ses lieux (sa géographie : que se passe-t-il hors d’Istanbul ?) et ses moments forts. Une chronologie pourra être proposée.

places limitées, traduction simultanée français-turc dans les deux sens

Programme

9h15- 9h30 :  Accueil
pdficon large Muriel Domenach Consule Générale de France à Istanbul, pdficon large Rakel Dink (Fondation Hrant Dink)

9h30-10h30 : « La « demande de pardon » de 2008 : sept ans après, quel bilan, quels effets, quelles leçons ? »
Avec les quatre protagonistes : pdficon large Cengiz Aktarpdficon large Ali Bayramoğlupdficon large Ahmet İnsel et Baskın Oran
Modérateur : pdficon large Jean-François Pérouse (IFEA)

10h30-11h15 : Le domaine associatif  
pdficon largeLevent Şensever (DURde), pdficon largeAyşe Günaysu (İHD), pdficon largeOsman Kavala (Anadolu Kültür)

Pause de 15 minutes

11h30-12h15 : Le domaine universitaire
pdficon largeFuat Dündar (Université TOBB-ETÜ),
discutants : pdficon largeBülent Bilmez (Tarih Vakfı), pdficon largeVincent Duclert (EHESS)

12h15-13h00 : Le domaine de la presse
pdficon largeEce Temelkuran (Journaliste et essayiste), pdficon largeZeynep Arslan (Nefret Söylemi Platformu)

13h00-14h30 Déjeuner

14h30-15h30 : Le domaine de l’édition
pdficon largeEmre Taylan  (Éditions Can), discutant : pdficon largeAhmet İnsel (Editions İletişim)
Le domaine de la littérature
pdficon largeAslı Güneş
(Éditions Doğan)

15h30-16h30 : Le domaine des arts visuels
pdficon largeAsena Günal (DEPO), pdficon largeTalin Suciyan (Université de Munich)
pdficon largeQuestions de l'assistance


Pause de 15 minutes 

16h45-17h15 : Tentative de synthèse et recherche de voies pour le futur
pdficon largeAhmet İnsel (Éditions İletişim), Michel Marian (IEP Paris)

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Ce vendredi 14 juillet 2017 l'institut est fermé.
Bonne fête à tous.
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