Séminaires du pôle Contemporain

Current Issues on Migration seminar series aims to bring together social scientists and members of the civil society to present and discuss each month an issue related to international migration and mobilities in Turkey. This year, we will focus on crucial aspects of refugees circulation and installation in Turkey, starting with Education (from October to December), and Work (from January to March).
The Current Issues on Migration seminar series is held in collaboration with the Migration Studies Association (Göç Araştırmacıları Platformu - GAR).

Maissam Nimer - Refugee integration into the education system 26/10/2017

Cycle d’excursions urbaines 2018 par l’Observatoire Urbain d’Istanbul
« Kuzey Marmara Otoyolu : diagnostic d’un périphérique en formation »


Résumé

Pour l’année 2018, l’OUI organise un cycle d’excursions urbaines sur les territoires traversés par le troisième périphérique autoroutier, Kuzey Marmara Otoyolu (KMO). S’étendant sur 150 km, ce périphérique s’annonce comme le vecteur du redéploiement urbain vers le nord d’Istanbul (Morvan, 2013). Les opposants au projet (associations, chambres professionnelles et certains universitaires) ont dénoncé l’impact de l’infrastructure sur la dégradation des écosystèmes, la montée du prix de l’immobilier et l’incitation à l’usage de la voiture. Cependant, l’aménagement de KMO participe-t-il réellement à la recomposition des territoires du nord d’Istanbul ? Pour étudier les effets à l’œuvre et attendus de KMO sur les processus de croissance économique, démographique et urbaine, il faut dès aujourd’hui décrire et analyser les territoires qui lui sont limitrophes (Mestre-Gongyet, 2002). L’étude des mutations territoriales autour de KMO nous permettra de questionner les effets automatiquement attendus d’une telle infrastructure sur le développement local (Hadiou & Duquenne, 2009 ; Plassart, 1977).

Objectifs

L’objectif du cycle est double. Il s’agit d’abord de fournir un « constat », un « diagnostic » à un instant T (2018) des territoires traversés par KMO. Cette analyse s’appuiera par exemple sur les critères suivants :
* paysage / environnement
* dynamisme, activités, emplois, services
* urbanisme, étalement urbain, promotion immobilière
* population, migration
* relation avec le centre d’Istanbul / accentuation de la périphéricité du nord d’Istanbul
Deuxièmement, les excursions urbaines ont pour objectif d’alimenter les archives de l’Observatoire urbain d’Istanbul (OUI). Chaque visite fera en effet l’objet d’un compte rendu écrit sur le blog de l’OUI, agrémenté par des supports photographiques et vidéos qui viendront enrichir les archives visuelles de l’IFEA et fournir une photographie actuelle des territoires qui composent « l’espace KMO ». En somme, ce cycle vise à produire suffisamment de données sur l’état actuel des territoires traversés par KMO pour permettre d’étudier sur le long terme les évolutions urbaines du nord d’Istanbul.

Méthodologie

Nous avons découpé notre itinéraire en six tronçons afin de réaliser une excursion urbaine par mois - de janvier à juin 2018.
Calendrier provisoire :
1. Jeudi 18 janvier : Başakşehir
2. Vendredi 9 février : Işıklar / Odayer
3. Vendredi 9 mars : Uskumruköy
4. Vendredi 13 avril : Garipçe / Poyraz / 3e pont
5. Vendredi 11 mai : Alibakadar / Paşamandıra / Bozhane
6. Vendredi 8 juin : Cumhuriyet

Le travail, basé sur de l’observation et des entretiens (en fonction des situations rencontrées), prendra appui sur l’outil photographique et vidéo. À la fin de ce cycle, nous souhaitons présenter les résultats sous la forme d’une exposition photographique avec un court métrage résumant notre terrain. Agathe Fautras et Filiz Hervet, disposant du matériel nécessaire, proposent d’en assurer la réalisation.

Concernant le transport, l’IFEA propose de mettre à disposition un bus (16 personnes) pour les territoires mal desservis en transport en commun (excursion du 9/2, du 13/4, du 11/5 et du 8/6).


L’objectif des excursions urbaines 2018 est de réaliser avec ses participant·e·s un travail collectif de collecte de données sur les territoires traversés par l’autoroute O-6, afin d’effectuer un diagnostic de l’avancement de sa construction et de ses impacts à une période donnée (janvier à juin 2018). À travers six étapes, de Başakşehir à Cumhuriyet en passant par le troisième pont, deux méthodes de recherche seront appliquées : l’observation et l’entretien. D’une part, il s’agira de suivre physiquement le tracé de l’autoroute KMY, afin d’observer les obstacles qui la jalonnent et les opportunités qu’elle suscite pour les usagers et les habitant·e·s, et de rendre compte des différentes infrastructures et des pratiques qui se développent aux alentours de son tracé. D’autre part, il s’agira de s’entretenir avec les acteurs locaux, par exemple des muhtar (maires de quartier), des agents immobiliers ou si possible des représentant·e·s des différentes entreprises impliquées dans la construction des différents tronçons de l’autoroute. Ces rencontres viseront ainsi à récolter des informations sur les acteurs mobilisés pour la construction de KMO, de définir un organigramme des constructeurs locaux, ou encore de rendre compte des évolutions démographique et politique des territoires. Les organisatrices mettront à disposition des participant·e·s un dossier de synthèse résumant les informations démographiques et urbanistiques déjà existantes, et une carte du territoire observé. Ceux-ci seront constitués à partir des archives de l’Observatoire urbain d’Istanbul (OUI) et du service de cartographie de l’IFEA. Les excursions urbaines seront donc l’occasion de réunir chercheur·e·s et néophytes, afin de mettre en commun les connaissances et ressources de chacun·e pour recueillir des données sur les territoires traversés par l’autoroute KMO, et ainsi de documenter la fabrique de la ville.


Bibliographie

- Hadiou L. & Duquenne M.N. (2009) « Proposition de méthodologie de pour une approche territoriale des effets autoroutiers sur le développement local », p1444-1452, https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00487216/document
- Mestre-Gongyet C. (2002) « Autoroute et recompositions spatiales : l’exemple du Val de Durance », Persée, p37-44,
http://www.persee.fr/doc/geoca_1627-4873_2002_num_77_1_6260
- Morvan, Y. (2013). L'aménagement du grand Istanbul: entre ambition géopolitique mondiale et enjeux fonciers locaux. Le troisième pont sur le Bosphore. Hérodote, (1), p197-210
- Plassard,F. (1977) Les autoroutes et le développement régional. Presses Universitaires de Lyon, Édition Economica, Paris, 341p

Organisateurs : Philippe Bournaud, Jean-François Pérouse, Cem Özatalay, Marie Vogel

Programme d’ensemble

La gouvernementalité est une notion paquebot ;  nous souhaitons interroger la pertinence de son usage pour analyser les transformations politiques  contemporaines en Turquie à  partir de présentation de résultats de recherche.

Deux lignes complémentaires sont retenues pour sérier les sujets sur cette thématique large : nous nous intéresserons ainsi plus directement à ce qui peut relever d’une criminalisation du quotidien et complémentairement à ce qui relève d’une résidualisation (euphémisation) des risques aujourd’hui (fragmentation de la bio-politique ?). Quels nouveaux agencements des savoirs/techniques/pouvoirs soutiennent ces processus ?

Format : un intervenant (présentation 45mn/1h) et un discutant (10mn) par séance.

Le premier jeudi de chaque mois. 18:00 – 20:00. Alternativement à GSÜ et à  l’IFEA.

Argument

À travers ce séminaire interdisciplinaire, nous proposons de discuter de recherches actuelles portant sur les transformations contemporaines de l’Etat et de la conduite de la société en Turquie et ailleurs en d’interrogeant la notion de gouvernementalité (Foucault, 1978) et ses usages possibles - sans oublier cependant les catégories classiques des sciences sociales.

Le concept, qui fait désormais partie de la grammaire de l’action publique et plus largement de celle des sciences sociales, a correspondu à un déplacement des analyses du pouvoir disciplinaire vers ses formes pratiques, multiples et leurs articulations avec les productions des savoirs.  En s’attachant aux dispositifs concrets de l’exercice du pouvoir et aux formes de rationalités qui l’organisent, cette perspective (la gouvernementalité comme forme spécifique de pouvoir)  a conduit à porter une attention fine aux instruments et technologies du pouvoir et aux programmes de construction des sujets qui l’accompagnent (Lascoumes, 2004).

La notion –polysémique, de gouvernementalité, s’entend  également comme ligne de force de longue durée des sociétés occidentales (prééminence d’un type de pouvoir sur tous les autres) et comme un résultat. Selon cette ligne de lecture, le processus de rationalisation et de technicisation dans la gestion se confondait largement avec le mouvement  d’étatisation de la société.  Les mutations de la gouvernementalité définissent alors les lices de l’Etat contemporain.  Congruentes avec les formes éclatées ou néo-libérales de l’action publique d’aujourd’hui, elles laissent ouvertes les questions de la légitimité du pouvoir ordonnateur d’Etat et de son articulation avec les autres formes de pouvoir dans la société.

Comment aujourd’hui, le déploiement des technologies du pouvoir, le réagencement des pouvoirs et des légitimités dans les cadres nationaux reconfigurent des gouvernementalités spécifiques ou nouvelles ?  La  Turquie nous semble être un des laboratoires de nouvelles gouvernementalités, même s’il faut se défier de la nouveauté ou de l’originalité apparentes.

Ainsi nous nous demanderons si  les formes de gouvernementalité actuelles diffèrent significativement de techniques de production d’ordre social éprouvées précédemment (aux époques ottomane ou républicaine).  Une lecture rapide de l’histoire des formes de gouvernementalité caractériserait le néo-libéralisme par les prolongements non seulement privés, mais informels de l’action publique, se substituant aux administrations. La Turquie fournit pourtant un modèle ancien d’association entre les institutions politiques, des groupes sociaux et des acteurs informels au service d’initiatives économiques ou du maintien de l’ordre social.

Nos explorerons également les reconfigurations de la légitimité démocratique au service de l’exécutif par le truchement de la notion de souveraineté d’une part, et le fonctionnement actuellement imprévisible des institutions d’autre part, qui marqueraient « l’illibéralisme » du pouvoir. Quelles sont, sinon les institutions et les méthodes, du moins les régularités de pratique et les effets de pouvoir à travers lesquelles se manifestent de nouvelles formes de gouvernementalité ? En quoi celles-ci présentent-elles un caractère de nouveauté caractéristique du néo-libéralisme et de l’ère des démocraties post- ou illibérales ? Sur quels principes méthodologiques fonder leur étude ?

Notre hypothèse est que les nouvelles gouvernementalités ou dispositif de sécurité émergents se distinguent par leur caractère « systématiquement non systématique » – discrétionnaire, donc, combiné avec des rationalités techniques diverses et par leur recherche de formes de légitimation pérennes.

Nous en avons retenu deux formes pour cette année : la criminalisation du quotidien et la « résidualisation » des risques (définition des risques faibles).

Thème 1 : Criminalisation du quotidien

Dans de très nombreux pays, les discours des autorités politiques centrales, comme diverses techniques policières et sécuritaires informelles tendent à une reconceptualisation de la criminalité, au prisme de la dangerosité. Le retour du paradigme de la dangerosité s’inscrit aujourd’hui dans des paysages institutionnels variables (monopole étatique de la violence légitime plus ou moins assuré,  plus ou moins grande présence du secteur privé ; autonomie professionnelle plus ou moins marquée par rapport à l’autorité politique centrale, etc.). Les populations cibles (« populations à risque »)  sont elles aussi redéfinies avec un périmètre plus ou moins extensif – et des critères mobiles.

Nous nous intéresserons aux recherches portant sur les discours, formes  et techniques de la criminalisation du quotidien, s’attachant à l’étude des dispositifs et acteurs qui les portent ou en sont l’objet. Nous nous intéresserons aux analyses portant sur les effets que ces discours et dispositifs ont sur le citoyen ordinaire, comment ils sont reçus et réappropriés par les membres des différents groupes sociaux et produisent de nouvelles disciplines.

Thème 2 : « Résidualisation » des risques (définition et cadrage des risques faibles)

Le recours à l’invocation des risques faibles porte en lui une nouvelle forme de gouvernementalité, lui aussi, en ce qu’il exempte les pouvoirs de l’exigence d’universalité de l’action publique et subvertit l’idée de hiérarchie des priorités dans un sens exclusif. Il en résulte, selon la nature des risques, et selon le sentiment que le risque est évitable ou non, tout un spectre d’attitudes publiques, allant de l’indifférence à l’obsession. La notion de risque faible porte en elle licence de traiter un problème comme résiduel. Si la priorisation des risques majeurs constitue l’un des principes de la “politique des grands nombres” (A. Desrosières) qui s’est progressivement mise en place face à l’impératif pour les gouvernements d’adopter une approche populationnelle de leurs missions, la « résidualisation » réintroduit une latitude discrétionnaire dans l’appréciation des priorités. Le contenu du risque faible devient très hétérogène, tant dans son emploi, que dans le type d’action publique qu’il suscite, ou ne suscite pas.

Nous nous intéresserons aux recherches pourtant sur l’oblitération, ou l’euphémisation des risques sociaux ou dans l’action publique (de la santé, aux risques sismiques,  environnementaux ou terroristes).

Organisateurs : Sümbül Kaya, Hande Topaloğlu, Uğur Kaya
Le séminaire a lieu chaque mois, à l'IFEA. La présentation est suivie d'une discussion avec le public

L’objectif de ce séminaire vise à traiter des sujets classiques de la sociologie politique de la Turquie contemporaine tels que la formation et la transformation de l’Etat et de la nation,  les régimes politiques, les actions du gouvernement.  Il vise également à analyser les comportements politiques tant au niveau de la participation politique des citoyens ordinaires comme le vote ou l’action collective et protestataire mais s’intéresse aussi à la participation politique des professionnels de la politique, c’est-à-dire les partis politiques et les politiciens. 

Il s’agit de donner une meilleure compréhension de l’ordre politique et social de la Turquie actuel et de leurs imbrications. Nous voudrions davantage éclairer les réformes et les transformations des institutions étatiques depuis l’arrivée de l’AKP au pouvoir et plus particulièrement avec les nombreuses réformes (secteur militaire, éducatif, judicaire) qui sont menées depuis la tentative du coup d’État du 15 juillet 2016. Nous nous intéresserons plus particulièrement à la production et la valorisation de nouvelles formes d’identification et d’attachement nationaux, civiques et politiques. Nous serons également attentifs parallèlement à l’analyse de ces dynamiques internes du contexte turc à l’aune de la mondialisation et des dynamiques plus internationales.

Intervenants

  • B. Çetin Eren  Rapport entre coups d'État et mouvements sociaux : régimes et crises en Turquie 1908-2017, 5/12/2017
  • Demet Lüküslü & Berrin Osmanoğlu - Repenser la participation des jeunes - 22/11/2017
  • Ulaş Bayraktar - Türkiye’de Yerel Başkanlık Sistemi - 28/7/2017 vidéo
  • İsmet Akça - AKP Döneminde Ordu-Siyaset İlişkileri - 12/6/2017
  • Alper Kaliber - Understanding the Post-Failed Coup Turkey: From State of Emergency to Permanent State of Exception - 5/5/2017 vidéo
  • Nell Gabiam - Palestinian Refugees and the War in Syria: From Relative Integration to Secondary Exile - 12/5/2017
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