Le champ des études sur les savoirs dans le monde ottoman est en expansion continue. Il se nourrit des questions politiques et patrimoniales qui entourent l'idée de science dans les mondes musulmans, et qui sont en définitive les avatars de la controverse entre Ernest Renan et Jalal al-Din al-Afghani sur la possibilité de la contribution de l'Islam à la science moderne, dont Birgit Schaebler vient de publier une analyse historique exhaustive. La préférence du gouvernement turc actuel pour désigner la science par le mot İlim, en usage à l'époque ottomane, plutôt que par le plus moderne Bilim, et les controverses que cette préférence suscite, en sont une illustration.

L'acception d'İlim inclut un vaste champ de savoirs comprenant tout ensemble les sciences islamiques et ce que Jane Murphy, empruntant à l'arabe 'ulūm ġarībah, appelle les « sciences hors du commun », telles que l'arithmétique, l'astronomie – mais aussi, le cas échéant, l'astrologie ou la magie –, marqueurs de distinction parmi les oulémas azhari-s du dix-huitième siècle qu'elle étudie. Le mot est donc supposé... https://dipnot.hypotheses.org/2005

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