• 1eres Rencontres d'archéologie de l'IFEA 11-13/11/2010

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    En novembre 2010 l’IFEA inaugurera un événement qui, projeté de longue date, n’avait pu encore aboutir. Ainsi, à compter de 2010, l’IFEA organisera chaque année les Rencontres d’Archéologie à  l’IFEA qui visent à réunir l’ensemble des acteurs français en ce domaine et en Turquie ainsi que leurs partenaires turcs et étrangers. Il s’agit non seulement d’offrir une plateforme scientifique de rencontres aux chercheurs, mais aussi d’accroître  le dynamisme des activités archéologiques françaises en Turquie en développant le réseau scientifique et institutionnel existant. Ces rencontres  auront aussi pour ambition de resserrer les liens entre institutions, personnels scientifiques français et turcs et de développer le vivier des jeunes chercheurs.

    Sous la responsabilité scientifique d’Olivier Henry les Rencontres  d’archéologie de  l’IFEA 2010se dérouleront du 11 au 13 novembre.Placées cette année sous le thème 'Archéologies et Espaces Parcourus', les Rencontres 2010 réuniront près de 35 interventions scientifiques données par 50 participants de 9 nationalités différentes. Les sujets abordés couvriront l'ensemble des périodes depuis la préhistoire jusqu'à la période médiévale et présenteront un large éventail des domaines de l'archéologie en Turquie (recherche de terrain, recherche en musée, histoire, histoire de l'art, géographie historique, numismatique, épigraphie, architecture, etc.).

    Nora SENI  

     Toutes les communications bénéficieront d'une traduction simultanée français/turc, turc/français.

    Les Premières Rencontres d'Archéologie de l'IFEA se tiendront dans les salons de CEZAYIR (Hayriye Cad 16, Galatasaray, Beyoğlu, 34425 Istanbul).

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  • 1eres Rencontres d'archéologie Discours Bernard Emié : 11/11/2010

    Intervention de Son Excellence Monsieur Bernard Emié, Ambassadeur de France en Turquie Pour l’inauguration des premières « rencontres d’archéologie » à l’IFEA
    Istanbul, Hôtel-Restaurant CEZAYIR
    Jeudi 11 novembre 2010 à 13h

  • 1eres Rencontres d'archéologie Discours Nora Seni : 11/11/2010

    Allocution inaugurale de Nora Seni, Directrice de l’IFEA aux Premières rencontres d’archéologie de l’IFEA
    Istanbul, Hôtel-Restaurant CEZAYIR
    Jeudi 11 novembre 2010 à 13h

  • 3è Rencontres d'Archéologie - La Cappadoce méridionale de la Préhistoire à l'époque Byzantine : 8-9/11/2012

    3èmes Rencontres d’Archéologie de l’IFEA   
      
    LA CAPPADOCE MÉRIDIONALE DE LA PRÉHISTOIRE À LA PÉRIODE BYZANTINE
      
    Istanbul, les 8-9 Novembre 2012

    Appel à contributions - Comité scientifique - Contacts - Programme (jour 1- jour 2)

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     Appel à contributions
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    Il y a près de 25 ans, l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes organisait à Istanbul, les 13 et 14 avril 1987, un colloque consacré à La Cappadoce méridionale jusqu’à la fin de l’époque romaine- Etat des recherches (éd . par Brigitte Le Guen-Pollet et Olivier Pelon aux éditions ERC, Paris 1991). Le site de Zeyve-Porsuk, au pied de la puissante chaîne du Taurus, y avait tenu une place particulièrement importante, avec trois communications, en tant que seule mission française opérant dans la région. Ce qui était vrai il y a un quart de siècle l’est encore aujourd’hui, où la fouille de Porsuk, après bien des interruptions, est toujours en activité, mais avec un nombre croissant d’opérations voisines, turques et italiennes en particulier, ces dernières d’ailleurs à l’origine d’un intéressant colloque tenu à Pavie en 2008 (Geo-Archaeological Activities in Southern Cappadocia, éd. par Lorenzo d’Alfonso, Maria Elena Balza et Clélia Mora, Italian University Press, 2010).

  • 4èmes Rencontres d'Archéologie : KARIA ARKHAIA La Carie des origines à la période pré-hékatomnide14-16/11/13

     

    4èmes Rencontres d'Archéologie

    KARIA ARKHAIA - La Carie des origines à la période pré-hékatomnide

    14-16/11/2013

    Koç Üniversitesi RCAC Auditorium

  • Approches technologiques en archéologie

    Les 24 et 25 novembre 2015 auront lieu les Rencontres d’Archéologie de l’IFEA. Le thème en sera les approches technologiques en archéologie.

     Par approches technologiques, nous entendons l’étude des « chaînes opératoires » liées  à la réalisation d’un objet. Nous profitons de cet évènement pour débuter une série de billets, notes ou parenthèses bibliographiques, en nous plongeant dans les ouvrages disponibles sur ce sujet dans la bibliothèque de l’IFEA. Comme la notion de chaîne opératoire est le fruit d’une longue histoire des sciences de l’homme, (anthropologie et préhistoire) et recoupe bien des domaines : technologie, cognitifs, environnementaux ou encore économiques, avançons par étapes au gré des rayons.  Soulignons que le Pôle Archéologie de l’IFEA développe ses activités autour des approches liées à la relation entre Techniques et Cultures, répondant ainsi à une attente  de la communauté archéologique en Turquie. L’acquisition d’ouvrages de référence en ces domaines sera donc commentée périodiquement sur nos pages internet.  

    Pour le grand public, cette notion de chaîne opératoire peut sembler abstraite, voire rébarbative. Pourtant, c’est elle qui s’applique directement à nos sociétés de production. Elle régit l’économie réelle, fondée sur l’industrie, elle est au cœur des problématiques de l’écologie et du développement durable tant évoqués en ces temps incertains où nos écosystèmes évoluent sans que nous en contrôlions la course. 

    Son utilisation dans le cadre archéologique est un legs de l’anthropologie française, notamment de Marcel Mauss (1872-1950) qui, au travers de ses travaux sur « les techniques du corps », décrivit  l’influence du contexte culturel sur les processus d’apprentissage, le développement des savoir-faire (Mauss 1935 ; 1947). André Leroi-Gourhan portera ce regard d’anthropologue sur la Préhistoire en proposant  d’étudier le matériel archéologique non plus comme un artefact fini mais comme un témoignage technique et culturel. À l’opposé du déterminisme technique ou environnemental naguère dominant, André Leroi-Gourhan amena la communauté scientifique à se pencher sur la relation entre les techniques et les savoir-faire, l’acquisition de ces savoir-faire dépendant d’un processus cognitif profondément ancré dans la sphère culturelle et social (Leroi-Gourhan 1971, 1973).  Malgré l’engouement pour l’ethnoarchéologie, devenant une discipline à part entière dès les années quatre-vingts, l’étude de la relation entre la technique et la culture reste toujours minoritaire, ancrée dans une tradition francophone n’ayant pas complétement basculé dans le déterminisme climatique tant invoqué de nos jours pour expliquer l’Histoire.

    La bibliothèque de l’IFEA, riche d’une longue histoire de recherches archéologiques, abrite en ses rayons quelques témoignages des prémices ayant conduit les études matérielles vers l’analyse des chaines opératoires. Loin des figures patriarcales telles celles d’Henry Breuil (1877-1961), de Marcellin Boulle (1861-1942) ou de Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), quelques ouvrages dans notre catalogue n’en soulignent pas moins le caractère iconoclaste et anticonformiste animant le préhistorien. Rappelons que ce n’est qu’en 1996, sous le pontificat de Jean-Paul II, que le Vatican reconnaitra que la Préhistoire et le principe d’évolution sont plus qu’une simple hypothèse, position finalement innovante si l’on considère l’emprise du Créationnisme dans les débats de sociétés aux Etats Unis. 

    En 1936, André Cheynier, médecin notable de Terrasson (Dordogne), préhistorien et futur président de la Société Préhistorique Française, rend un vibrant hommage au Sieur de Jouannet (François René Bénit VATAR-1765-1855), fils d’imprimeurs rennais, rédacteur du « Journal des Hommes libres de tous les pays» qu’il fonda en 1792 avec son cousin René Vatar. Libertaires et subversifs, les cousins n’en connurent pas moins des destins forts différents. Les pamphlets à l’encontre du « citoyen premier consul » Bonaparte vaudront à René VATAR d’être déporté à Cayenne, loin des fraiches dorures de l’Empire. Il s’y illustra à bord d’un navire corsaire, harcelant la marine britannique le long de ces côtes boueuses de la Guyane, drainées par les fleuves Maroni et Oyapok, au nord du delta de l’Amazone. Un boulet anglais lui arracha une jambe en 1806, ce qui ne l’empêcha pas de faire fructifier son négoce maritime jusqu’à sa mort en 1835.  Pour ne pas connaitre le destin de son cousin, François René Bénit VATAR en vint à effacer le Vatar de son patronyme en le remplaçant par Jouannet, titre hérité des hauts faits familiaux en tant qu’imprimeurs royaux en Bretagne, durant les deux siècles précédents la révolution Française. Quittant Paris pour Bordeaux, puis Périgueux, il parcourt les campagnes, ses pérégrinations l’amenant à se pencher sur les époques «remontant à la nuit des temps»  (Cheynier, 1936, p.37). Il rédige les Annuaires du Départements de Dordogne et de Gironde et, accessoirement, devient membre de l’Académie de Bordeaux en 1818.   Passons sur ses découvertes majeures que sont les sites de l’Ecorne-Bœuf, la grotte de la Combe ou le Pey de l’Azé mais écoutons-le plutôt évoquer trois principes fondateurs de l’archéologie moderne.

    1-      La notion de patrimoine et de sa préservation : « nous nous bornerons à désirer que le résultat des recherches […] inspire aux habitants de ce département un peu moins d’indifférence sur les antiquités de leur pays.» (Jouannet, 1814.- Calendrier de la Dordogne : du Périgord sous les Gaulois, cité dans Cheynier 1936, pp. 37).

    2-      La notion, encore floue, de temps Préhistoriques : «A quelle époque, dans quel but tout cela s’est-il fait ? Pauvres hommes ! Nous connaissons les comètes et nous échouons à un mauvais trou, au Pey de l’Azé ! » (Calendrier de la Dordogne, 1817, p. 204 ; cité par Cheynier, 1936).

    3-      La notion de chaine opératoire, au sujet de bifaces et de haches polies : « J’ai pu juger de la manière dont on s’y prit pour les tailler ». s’ensuit un vocabulaire descriptif fondé sur les techniques, encore d’actualité : pointe mousse, bords latéraux, percussion, arêtes, convexité… (Calendrier de la Dordogne, 1819, suite de la statistique, pp. 3-12 ; cité par Cheynier, 1936). 

    Bien que le cousin VATAR écuma les mers de Georgetown à Cayenne, illustrant un XIX siècle affirmant l’emprise des empires européens sur l’Orient, l’Asie, l’Afrique et les Amériques, la Préhistoire s’écrivait donc en Europe principalement sur ces terres de Dordogne et du Périgord riches des témoignages que conservent  ses réseaux karstiques, grottes, puits et abris sous-roches.

    Un autre ouvrage attire donc notre attention, celui qu’écrivit  Jacques de Morgan (1857-1924) sur « la Préhistoire Oriental ». Archéologue, directeur du Département des Antiquités en Egypte à la fin du XIX siècle, et fin connaisseur de la Mésopotamie et de la Perse où il est nommé délégué général du ministère de l'Instruction publique en 1897, il critique d’une part le nombrilisme européen en matière de Préhistoire, dénonçant l’assimilation  des industries proche-orientales à celles d’Europe, voire à une « chronologie relative française appliquée à l’Univers entier ». Il saisit d’autre part l’ampleur du fossé séparant les « Etudes Classiques » de la Préhistoire, cette dernière étant « la risée des classiques »  même si, note-t-il, « les croyances religieuses en dépendent et, par suite, tout le système philosophique et moral sur lequel est basée notre civilisation » (avant-propos, page V). Force est de constater que cette césure entre Préhistoire et Histoire Classique est encore d’actualité, en France notamment, réminiscence d’un passé jacobin s’étant accaparé l’Histoire pour l’organiser en de grands corps d’enseignements et de recherches royaux puis républicains. Des cinq académies, regroupées sous la bannière de l’Institut de France en 1795, aucune ne représente la Préhistoire, cette dernière se faisant une petite place dans l’Académie des Sciences ou se glissant au sein de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, situation cocasse à la lecture de Jacques de Morgan qui considérait la Préhistoire comme « une civilisation sans écriture » (avant-propos, p. V). Si cette vision d’une Préhistoire hors de la chronologie peut sembler désuète dans le récit par trop linéaire que nous appliquons aux sociétés humaines, les travaux de Jacques de Morgan n’en soulignent pas moins l’importance de l’ethnographie dans l’étude des sociétés préhistoriques. Il met en garde le préhistorien quant au danger d’une classification culturelle uniquement fondée sur l’outil de pierre, le « non périssable », au dépend d’une analyse culturelle : « pour décréter qu’un changement d’industrie s’est produit à la suite d’une migration, il faut autre chose que l’apparition de quelques formes nouvelles dans l’outillage, il faut un ensemble de conceptions encore inédites, une nouvelle orientation[…] (p. 314, tome 1).   

    Jacques de Morgan, dans les trois tomes consacrés à la Préhistoire orientale, offre au lecteur de 1925 comme d’aujourd’hui, une description méticuleuse des environnements, de la géologie ; une analyse précise des industries lithiques, la reconnaissance d’ateliers de taille (tome II) et des matières premières utilisées, identifiant déjà les problématiques interculturelles liées à la diffusion des obsidiennes d’Arménie vers la Syrie et la Mésopotamie (tome III). Outre cette multidisciplinarité qui illustre la recherche préhistorique, Jacques de Morgan avait un talent de dessinateur et ses planches lithiques sont de vibrants hommages aux travaux des préhistoriens-artistes extrayant de la pierre l’observation technique pour la figer en des dessins du plus bel esthétisme.

    A venir : Historique livresque des études lithiques.

    Bibliographie et ouvrages choisis dans nos rayons :

    • LEROI-GOURHAN (A.), 1943.- Evolution et Techniques (vol. 1 : L'Homme et la Matière; vol. II : Milieu et Techniques), Paris : Albin Michel.
    • Marcel Mauss, 1935.- Les Techniques du corps,  Journal de Psychologie, vol. xxxii, n° 3-4, 15 mars-15 avril 1935, d’après une conférence prononcée par Marcel Mauss, le 17 mai 1934 devant la Société de Psychologie.
    • Mauss, 1947.- Manuel d’ethnographie. Paris : Payot
    • Marcel Mauss (Türkçe Çeviri) : Sosyoloji ve Antropoloji ; 2011 Doğu Batı Yayınları
    • Sur le web : Marcel Mauss Essai sur le don, (1923-1924) collection électronique PDF développée en collaboration avec la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi https://www.google.com.tr/search?q=marcel+mauss+essai+sur+le+don&ie=utf-8&oe=utf-8&gws_rd=cr&ei=fGMbVrCWFofAgwTRspiQCw
    •  Marcel Mauss (1934), Les techniques du corps.collection électronique PDF développée en collaboration avec la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi. http://classiques.uqac.ca/classiques/mauss_marcel/socio_et_anthropo/6_Techniques_corps/Techniques_corps.html
    •  Cheynier André, 1936.- Jouannet, Grand-père de la Préhistoire. Société Historique et Archéologique du Périgord. Brive : Chastrusse, Praudel et Cie.(ref. IFEA : Préh 5).
    • De Morgan Jacques, 1925.- La Préhistoire Orientale. 3 tomes, Paris : Librairie Orientaliste Paul Geuthner.(ref. IFEA: HA Or Gén 1/I-II-III).
    • PréTech (Préhistoire et Technologie) : Inizan M-L., Reduron Ballinger M., Roche H., & Tixier J., 1995.- Technologie de la pierre taillée,Préhistoire de la pierre taillée tome 4, Meudon : CREP.
    • À noter l’ouvrage de référence suivant, disponible en PDF sur le site internet de l’UMR 7055, http://www.mae.u-paris10.fr/prehistoire/IMG/pdf/Technologie_de_la_pierre_taillee.
    •  Espérons que la version anglaise suivra la même voie de l’édition électronique.
    • Puisque nous débutons cette série de notes sur les approches en technologie par des références en accès libre sur internet, je vous indique le site de la Revue de l’association européenne d’archéologie des techniques : The ArkeoTek Journal qui, depuis 2011 est adossé au laboratoire « Préhistoire & Technologie » :   http://www.thearkeotekjournal.org/
  • Archéologie et histoire en Asie Mineure Méridionale : le cas des rues à colonnades dans les cités grecques et hellénisées de Pamphylie et de Pisidie

    Anne-Sophie Rivalland
    Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA)
    Université de Nantes
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    Téléchargez l'article A.-S. Rivalland - Archéologie et histoire en Asie Mineure Méridionale : le cas des rues à colonnades dans les cités grecques et hellénisées de Pamphylie et de Pisidie

    Résumé : Malgré le nombre et l’assez bon état de conservation des vestiges des anciennes cités de Pamphylie et de Pisidie, les historiens s’y sont pendant longtemps assez peu intéressés. Si la situation a beaucoup évolué ces dernières années grâce au dynamisme des recherches archéologiques et épigraphiques, la documentation reste malheureusement encore très inégale et dispersée. C'est pourquoi nous avons entrepris un travail de synthèse sur l’histoire des cités grecques et hellénisées de Pamphylie et de Pisidie. Fondée essentiellement sur le regroupement et l’analyse des données archéologiques, notre étude s’articule plus particulièrement autour de la problématique des relations entre architecture urbaine et pouvoir(s) politique(s), pour la période allant du 4e s. aC à la fin du 3e s. pC. Dans ce cadre, nous avons choisi de traiter ici d’un des éléments architecturaux les plus remarquables du paysage urbain de plusieurs cités pamphylo-pisidiennes : les rues à colonnades (plateiai). Attestées à Sagalassos, Termessos, Pergè, Sidè et Selgè, leur présence témoigne du développement de ces cités aux trois premiers siècles de notre ère. Leur tracé, par ailleurs, est révélateur de l’histoire pré-romaine –essentiellement hellénistique– des cités. Ainsi, tout en traduisant une certaine tendance à l’uniformisation des paysages urbains à l’époque impériale, les vestiges des plateiai des anciennes cités pamphylo-pisidiennes rendent compte de la singularité de chacune d’entre elles.

    Mots clés : Asie Mineure méridionale, Pamphylie, Pisidie, hellénistique, Haut-Empire, cités grecques, Pergè, Sidè, Selgè, Termessos, Sagalassos, Attaleia, urbanisme, architecture, rues à colonnades, plateia.


    Abstract: Despite the number and fairly good state of the remains of ancient cities in Pamphylia and Pisidia, historians did not show a lot of interest in them for a long time. If the situation has changed significantly in recent years thanks to the dynamism of archaeological and epigraphic research, the documentation still is unfortunately very uneven and scattered. That is why we undertook a synthesis of the history of the Greek and Hellenized Pamphylia and Pisidia. Essentially based on the collation and analysis of archaeological data, this study focuses specifically on the relationship between urban architecture and political power(s) spanning from 4th century BC to the end of the 3rd century AD. Within this framework, we chose to deal here with one of the most remarkable architectural elements of the urban landscape of many pamphylo-pisidian cities: the colonnaded streets (plateiai). Attested to Sagalassos, Termessos, Perga, Side and Selge, their presence reflects the development of these cities in the first three centuries AD. Their route, also reveals the pre-Roman history -mainly Hellenistic– of the cities. Thus, while reflecting a tendency towards uniformity in urban landscapes in imperial times, the remains of the plateiai in ancient pamphylo-pisidian cities reflect their uniqueness.

    Keywords: Southern Asia Minor, Pamphylia, Pisidia, Hellenistic, Early Roman Empire, Greek cities, Perga, Side, Selge, Termessos, Sagalassos, Attaleia, urbanism, architecture, colonnaded streets, plateia.


     

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    Archéologie et histoire en Asie Mineure Méridionale : le cas des rues à colonnades dans les cités grecques et hellénisées de Pamphylie et de Pisidie de A.-S. Rivalland est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

  • Archéologies et espaces parcourus

    Olivier Henry (éd.), Archéologies et espaces parcourus. Premières Rencontres d'Archéologie de l'IFEA Istanbul, 11-13 Novembre 2010, Istanbul, Institut Français d'Études Anatoliennes, 2012, 173p, ISBN 978-2-36245-006-8

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    Sommaire

    N. Seni

    O. Henry
     
    B. Varoutsikos / C. Chataigner

    B. Perello
     
    C. Kepinski
     
    D. Beyer
     
    N. Gailhard
     
    N. de Chaisemartin

    D. Kassab Tezgör
     
    M. Kohl
     
    J.-Ch. Moretti
     
    A.-S. Rivalland
     
    E. Goussé
  • De l’usage de l’architecture domestique dans l’approche des sociétés protohistoriques : l’exemple de l’Anatolie au Bronze Ancien

    Bérengère Perello
    Archéorient, UMR 5133
    CNRS, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon
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    Résumé : La maison est une « métaphore matérielle, sociale et mentale »[1] des sociétés ; en ce sens, elle est un outil de choix pour appréhender leur identité et pour comprendre leur fonctionnement. Mon objectif dans ce bref article est d’établir les éléments qui prévalent à la structuration de l’espace domestique des sociétés anatoliennes protohistoriques et de distinguer les facteurs déterminants des éléments subsidiaires.

    Mots clés : Anatolie, Bronze Ancien, habitat, identité culturelle. 

     

    Abstract:The house is a « material, social and mental metaphor » of societies; as such, it is a privileged tool to grasp their identity and how they operate. My aim in this short article is to establish elements that prevail in the structuring of domestic space and protohistoric Anatolian societies distinguish the determinants of subsidiary components.

    Keywords: Anatolia, Early Bronze Age, housing, cultural identity


    [1] Coudart 2011, 215.


     

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  • discours ambassadeur

    Intervention de Son Excellence Monsieur Bernard Emié, Ambassadeur de France en Turquie Pour l’inauguration des premières « rencontres d’archéologie » à l’IFEA
    Istanbul, Hôtel-Restaurant CEZAYIR
    Jeudi 11 novembre 2010 à 13h

  • discours Nora Seni

    Allocution inaugurale de Nora Seni, Directrice de l’IFEA aux Premières rencontres d’archéologie de l’IFEA
    Istanbul, Hôtel-Restaurant CEZAYIR
    Jeudi 11 novembre 2010 à 13h

  • Du Bronze au Fer : la transition entre deux métallurgies dans les civilisations antiques d'Anatolie, l’expérimentation comme moyen d’acquisition

    Nicolas Gailhard
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    Résumé : Sous l'influence de l’approche cognitive, nous allons présenter nos travaux expérimentaux sur la transition entre les métallurgies du bronze et du fer en Anatolie antique. Ce travail est replacé dans le contexte archéologie grâce à l'analyse de la production et des fonctions des fours dédiés à la métallurgie. Cet article tente d'apporter un regard différent sur la coexistence entres les objets en bronze et ceux en fer apparus à la fin du 3e millénaire. Nous essaierons de répondre à certaines questions telles que : comment comprendre les compétences des travailleurs de la métallurgie en Anatolie ? Quelle est la relation entre métallurgistes du bronze et du fer ? Quelles sont les compétences développées par ces premiers métallurgistes du fer en Anatolie ?

    L'apparition du fer dans le contexte anatolien est tout sauf une surprise compte tenu de la parfaite connaissance de la métallurgie du bronze. En outre, nous allons tenter de démontrer que le développement des techniques de transformation des minerais de fer n’a pu qu’intervenir dans un contexte de spécialisation important, ces spécialistes entretenant surement un rapport étroit avec la métallurgie du cuivre.

    Pour aider à la démonstration, nous avons choisi trois thèmes principaux illustrant notre démarche:

    • L'origine du fer et la relation avec le bronze et le cuivre;
    • Four et atelier: évidences archéologiques et leur interprétation grâce à l’archéologie expérimentale;
    • Tracéologie et compréhension des températures, éléments clés de la métallurgie.

    En conclusion, la transition entre la métallurgie du bronze et celle du fer est clairement attestée durant l'Âge du Bronze. Plusieurs facteurs peuvent expliquer le passÂge progressif d'une technique à l'autre. Nous nous sommes particulièrement intéressés à la relation entre les minerais de cuivre et de ceux de fer. Nous avons aussi examiné le rôle qu’ont joué les flux à forte concentration de fer dans la réduction du minerai de cuivre (par exemple le sable noir de la Mer Noire). Si le développement de ces technologies a lieu principalement durant l’Âge du Bronze, c’est bien le début de l'Âge du Fer Moyen qui doit être considéré comme la période où les objets du quotidien ont été fabriqués à partir de fer. Notre approche tente une voie différente pour étudier l'histoire de la métallurgie et permet de démontrer comment ces hommes sont extrêmement compétents et spécialisés. En fait, une technologie traitant de telles masses de matières premières ne peut être individuelle, mais au contraire le fait d'une équipe dont le langage corporel et la communication sont synchronisés par le rythme de la structure en cours de fonctionnement. Et si les différences entre les métallurgies du Bronze et du Fer existent, ces métallurgistes ont la même sensibilité et la même conception dans leur approche des matériaux.

    Mots clés : âge du bronze, âge du fer, métallurgie, fer, archéologie des techniques, archéologie expérimentale, Anatolie


    Abstract: Under the influence of cognitive approaches, an experimental perspective on the transition between Bronze and Iron Metallurgies in Ancient Anatolia is being replaced in archaeology by the analysis of the production and function of metal furnaces. This paper tries to provide a different look about the coexistence of bronze objects after the appearance of iron objects at the end of the 3rd millennium BC. We try to answer to some questions such as: how to understand the skills of the metalworkers in Anatolia? Can we observe some differences between Bronze and Iron metalworkers? What are the skills developed by these early iron metalworkers in Anatolia?

    It may be hypothesized that the appearance of iron in the Anatolian context is everything except a surprise in view of the perfect knowledge of bronze metallurgy. In addition, we will attempt to show that the development of techniques of transformation of iron ores could be done only by specialists.

    To demonstrate this, we have chosen three main themes illustrating our approach:

    • The origin of the iron and the relation with the bronze and copper;
    • Furnace and workshop: archaeological evidences and experimental interpretation;
    • Traceology and understanding of temperatures, key elements of the metallurgy.

    As a result, it appears that this transition between Bronze and Iron metallurgies is established during the Bronze Age. Several factors may explain the gradual shift from one technique to another. We are particularly interested in the relationship between copper ores and those of iron. We will see the role that flows with a high concentration of iron can have in the reduction of copper ore (as in black sand of the Black Sea). Iron-working technology was therefore developing during most of the Bronze Age, but the beginning of the Middle Iron age should properly be drawn at the time when everyday objects were mostly made from iron. In this paper I will try to show how we can study the history of metalworkers and see how these men are highly specialized. In fact, a technology dealing with such masses of material cannot be individual, but on the contrary the fact of a team whose body language and communication are synchronized by the rhythm of the structure during operation. And if differences exist between Bronze and Iron, metalwork’s have the same sensibility and conception of roots materials.

    Keywords: Bronze Age, Iron Age, metallurgy, iron, archaeology of technics, experimental archaeology, Anatolia


     

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    Du Bronze au Fer : la transition entre deux métallurgies dans les civilisations antiques d'Anatolie, l’expérimentation comme moyen d’acquisition de N. Gailhard est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

  • Épigraphie et histoire de la Cilicie Trachée

    Emmanuelle Goussé
    Centre de Recherche et d’Etudes Histoire et Sociétés- EA 4027

     

     

    Téléchargez l'article E. Goussé - Épigraphie et histoire de la Cilicie Trachée

    Résumé : Cet article présente de façon succincte les recherches effectuées lors de mon doctorat. Mon attention se porte plus particulièrement sur les noms de métier mentionnés dans les épitaphes. Il s’agit de montrer l’importance que revêt l’épigraphie pour la connaissance de cette région méconnue à travers un exemple précis.

    Mots clés : épigraphie, Cilicie Trachée, métiers, épitaphes.


    Abstract: This paper summarizes the research conducted during my PhD. My attention is mainly focused on the craftmanship names mentioned in epitaphs. The aim is to highlight the contributions of epigraphy in furthering the knowledge of this unknown region through a specific example.

    Keywords: Epigraphy, Cilicia Trachaea, craftsmanship


     

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  • Fouilles et projets de recherche à Sinope

    Dominique Kassab Tezgör
    Professeur, Fine Arts Department,
    Faculty of Art, Design and Architecture,
    Université de Bilkent, Ankara
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    Résumé : Les fouilles de l'atelier amphorique de Demirci, à 15 kilomètres au sud de Sinope, ont permis de connaître la morphologie des fours romains de cette région et d'établir la typologie des amphores sinopéennes produites entre le 2e  ou 3e s. et le 6e ou 7e s. pC Le suivi des exportations de ces amphores dans d'autres sites de mer Noire, en Méditerranée et même en Italie, a mis en valeur l'important réseau commercial de Sinope. D'autres recherches et projets se sont greffées à ces travaux en collaboration avec le Ministère de la Culture et du Tourisme, un four à l'identique de ceux fouillés à Demirci a été reconstruit par les étudiants de l'Université de Bilkent. Il est exposé dans la salle consacrée aux fouilles d'ateliers de la mission franco-turque. En 2009, un Symposium international a réuni à Sinope même les récents travaux dédiés à cette ville, tandis qu'une série de Tables Rondes internationales PATABS (Production and Trade of the Black Sea Amphorae) a été initiée à Trabzon et Batoumi en 2006.  Enfin, s'est greffé un nouveau projet en cours d'élaboration : la constitution d'un Corpus des amphores produites en mer Noire à l'époque romaine et conservées dans les musées de la côte nord de la Turquie.

    Mots clés : Sinope, atelier, amphore, tuile, céramique, lampe, four, pressoir, prospection sous-marine, époque hellénistique, époque romaine.


    Abstract: The excavations of the workshop of amphorae at Demirci, 15 kilometers south of Sinope, have clarified the morphology of Roman kilns in the region and established the typology of Sinopean amphorae produced between the 2nd or 3rd century and the 6th or 7th century AD. Monitoring the exports of these amphorae in other sites of the Black Sea, the Mediterranean, and even Italy, has highlighted the important commercial network of Sinope. This work has helped to develop other projects and research activities. In collaboration with the Ministry of Culture and Tourism, a kiln identical to those excavated at Demirci was reconstructed by students of Bilkent University. It is exhibited in the gallery devoted to the French-Turkish excavations of the workshops. In 2009, an International Symposium held in Sinope focused on recent research concerning this city, while a series of international Round Tables, PATABS (Production and Trade of the Black Sea Amphorae), was initiated in Trabzon and Batumi in 2006. Finally, a new project is in preparation: the creation of a Corpus of amphorae produced in the Black Sea during the Roman period and kept in the museums of the northern coast of Turkey.


    Keywords: Sinop, workshop, amphora, tile, ceramic lamp, kiln, wine press, underwater exploration, Hellenistic period, Roman period.


     

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  • II. IFEA Arkeoloji Buluşmaları 14-15/11/2011

    14-15 Kasım 2011
    tarihlerinde CEZAYİR Salonunda (Hayriye Cad 16, Galatasaray, Beyoğlu, 34425 İstanbul) düzenlenecek olan Ikinci IFEA Arkeoloji Buluşmaları’na katılmanızdan mutluluk duyacağız.

    KENTTE ÖLÜM

    Tunç Çağı başlangıcından Roma Dönemine kadar, Anadolu’da intra-muros gömüler: adetler, kontekstler ve etkiler

  • IIe Rencontres d'Archéologie 14-15/11/2011

    14-15 Novembre 2011
    2èmes Rencontres d'archéologie de l'IFEA :

    Le Mort dans la ville

    Pratiques, contextes et impacts des inhumationsintra-muros en Anatolie, du début de l’Age du Bronze à l’époque romaine.

     

    L'IFEA organise cette année la deuxième session des "Rencontres d'Archéologie". Le thème de ces rencontres portera sur les sépultures intra-muros du début de l'âge du bronze à la fin de la période romaine.

    Les Rencontres d'Archéologie de l'IFEA bénéficient du soutien financier de TOTAL Turquie.TOTAL_LOGO_COUL_Q

  • Introduction

    Olivier Henry
    Pensionnaire scientifique archéologue
    IFEA Istanbul
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    Téléchargez l'introductionO. Henry - Introduction

    Les ‘Rencontres d’Archéologie de l’IFEA’ ont une double vocation : remettre l’archéologie au cœur des préoccupations de l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes et offrir à l’archéologie française en Turquie, dont on verra le dynamisme dans les pages qui suivent, une tribune digne de son statut. Tel est l’état d’esprit qui a présidé à l’organisation, en 2010, de la première de ces rencontres, qui ont pour ambition de devenir un rendez-vous annuel[1].

    Mais, avant d’entamer un cycle de colloques internationaux destinés à mettre en valeur l’archéologie française, il nous a semblé nécessaire de procéder à un état des lieux. C’est pourquoi nous avons choisi de réunir, dans le cadre des premières Rencontres, qui se tinrent à Istanbul du 11 au 13 novembre 2010, sinon l’ensemble, du moins une grande partie des acteurs français de cette archéologie ‘turque’ autour du thème : Archéologies et espaces parcourus. Le pluriel est important, car il témoigne des chemins empruntés et de l’étendue territoriale couverte depuis les premières fouilles françaises menées sur le sol turc. Le programme et les contributions  qui suivent révèlent une archéologie anatolienne qui s’entend dans l’acception la plus large du terme, une archéologie qui s’étend du monde égéen aux hauts plateaux centraux et orientaux et qui couvre les périodes de la préhistoire à Byzance. Une archéologie riche, ou plutôt des archéologies, car ce domaine qui ne cesse de se transformer et d’évoluer est exigeant. Non seulement la spécialisation est aujourd’hui un pré-requis pour qui veut intervenir sur le terrain, mais nos chercheurs se montrent, ici encore, à l’avant-garde des derniers développements techniques, sans pour autant abandonner les matières traditionnelles que sont l’épigraphie, la numismatique ou encore l’architecture, qui ont fait la réputation de l’archéologie française.

    C’est sans doute cette large palette de compétences qui vaut à nos spécialistes d’être invités à participer à de nombreux projets internationaux. Cet esprit de collaboration est du reste également une des spécificités de l’archéologie française. Certes, des esprits chagrins y verront une dilution de nos compétences, au détriment notamment du développement de grandes fouilles nationales et d’une certaine visibilité. Mais il est clair que l’archéologie actuelle n’a plus rien à voir avec celle que nos aînés faisaient il y encore vingt ans. La mondialisation n’épargne pas nos disciplines ; il s’agit aujourd’hui de travailler dans un esprit d’échanges et d’enrichissements mutuels, qu’ils soient humains ou scientifiques. Quels que soient les paramètres que l’on invoque, l’archéologie actuelle se doit d’être aussi une archéologie de l’intégration, scientifique, économique, politique et culturelle.

    Ces notions, la plupart des archéologues français les ont intégrées depuis bien longtemps. À preuve, le succès de ces premières rencontres, qu’il nous a fallu prolonger d’une journée pour répondre à l’afflux des propositions qui ont suivi notre appel à contributions, afflux qui nous a surpris et ravis. De Harvard à Ankara, en passant par Uppsala, Paris, et Istanbul, nombreux sont les archéologues, français ou associés à des Français, qui ont répondu présents à ces premières rencontres.

    Le nombre des contributions publiées ici peut paraître relativement réduit en regard des trente-trois communications qui furent présentées lors des ‘Rencontres’. Ce déséquilibre est dû au principe même de ces dernières, qui visaient à faire connaître des travaux en cours et n’avaient donc pas forcément vocation à être publiées en l’état. Par gratitude envers ceux qui y ont participé et afin de faire connaître l’ensemble des intervenants, je me permets néanmoins de reproduire ci-dessous la liste des communications telle qu’elle apparaissait dans le programme :

    Mehmet Korhan Erturaç (Univ. technique d’Istanbul), Catherine Kuzucuoğlu (CNRS UMR 8591), Damase Mouralis (Univ. de Rouen)
    Le Göllüdağ : Histoire d’un volcan et de ses rapports avec les sociétés préhistoriques de Cappadoce.

    Christine Chataigner (CNRS UMR 5133) et Bastien Varoutsikos (Univ. de Harvard)
    Collecting and organizing data on Prehistoric Near Eastern Obsidian.

    Elizabeth Healey (Univ. de Manchester), Laurence Astruc (IFEA, CNRS), Roberto Vargiolu (LTDS, Ecole Centrale de Lyon), Mohamed Ben Tkaya (LTDS, Ecole Centrale de Lyon), Athina Boleti (ArScan, UMR 7041, Nanterre), Stuart Campbell (Univ. de Manchester)
    Shiny, colorful and valuable Obsidian non-utilitarian objects: technical inputs and social implications.

    Marie Le Mière (CNRS UMR 5133)
    Circulation des premières céramiques d'Anatolie orientale.

    Martin Godon (TÜBITAK, IFEA), Erhan Bıçakçı (Univ. d'Istanbul)
    Les fouilles de Tepecik-Çiftlik.Vers une redéfinition du Néolithique centro-anatolien.

    Rozalia Christidou (American School of Classical Studies at Athens)
    Study of manufacturing and use damage on the bone artifacts from Aşıklı/Musular and Güvercinkayası in Cappadocia.

    Catherine Kuzucuoğlu (CNRS UMR 8591)
    Phases climatiques, ‘événements brutaux' et transitions culturelles depuis 6000 ans en Anatolie centrale. Apports à haute résolution de la séquence du Lac de Tecer (Sivas).

    Catherine Marro (CNRS UMR 5133)
    Recherches archéologiques sur la mine de sel de Duzdağı.

    Bérengère Perello (Univ. de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
    De l’usage de l’architecture domestique dans l’approche des sociétés protohistoriques : l’exemple de l’Anatolie au Bronze Ancien.

    Christine Kepinski (CNRS UMR 7041)
    Tilbeshar au carrefour d’échanges entre la vallée de l’Euphrate et la côte méditerranéenne.

    Eric Jean (Univ. de Galatasaray), Isabella Caneva (Univ. de Lecce)
    Terre de frontières : Mersin-Yumuktepe du néolithique à l'âge du Bronze récent

    Dominique Beyer (Univ. de Strasbourg), Aksel Tibet (IFEA)
    Zeyve höyük-Porsuk : bilan des recherches sur les niveaux du Bronze et du Fer

    Nicolas Gailhard (Univ. de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
    Du Bronze au Fer, la transition entre deux métallurgies dans les civilisations antiques d'Anatolie, l’expérimentation comme moyen d’acquisition.

    Stéphane Verger (EPHE UMR 8546)
    Les objets métalliques de Klaros issus des fouilles de 1988-1997

    Rossella Pace (Université de la Calabre, Histara-EPHE)
    À la périphérie des recherches sur la Grèce de l’Est : l’Éolide archaïque et ses nécropoles.

    Olivier Henry (IFEA), Lars Karlsson (Univ. Uppsala)
    Espace sacré, espace funéraire : une particularité carienne.

    Damien Aubriet (Collège de France)
    Recherches sur Mylasa et ses sanctuaires extra-urbains à l’époque hellénistique.

    Nathalie De Chaisemartin (Univ. de Paris Sorbonne)
    Le théâtre d'Aphrodisias, espace civique et identitaire.

    Askold Ivantchik (CNRS UMR 5607), Alexander von Kienlin (Univ. de Zurich), Latife Summerer (Univ. de Munich)
    Kélainai – Apamée Kibôtos. Trois ans de recherches.

    Dominique Kassab Tezgör (Univ. de Bilkent)
    Les amphores de Mer Noire : fouille d'un atelier amphorique à Sinope et constitution d'un corpus.

    Claire Barat (Univ. de Valenciennes), Jean-Francois Pichonneau (DRAC Aquitaine)
    Le projet Sinope : histoire et archéologie d’une cité des rives de la mer Noire

    Markus Kohl (Univ. de Lille 3)
    Sulusaray : Premiers éléments d’un parcours de visite.

    Jacques des Courtils (Univ. de Bordeaux 3)
    La fouille de Xanthos : entre archéologie et patrimoine

    Laurence Cavalier (Univ. de Bordeaux 3)
    Retour au Létôon

    Laurence Cavalier (Univ. de Bordeaux 3), Serdar Hakan Öztaner (Univ. d’Ankara)
    Le monument des Arruntii : nouvelles données

    Raymond Descat (Univ. de Bordeaux 3, IFEA)
    Les parfums de Carie. Interprétation d’une énigme archéologique

    Didier Laroche (Univ. de Strasbourg), Jean-Charles Moretti (CNRS USR 3155)
    Le temple oraculaire d'Apollon à Claros.

    Mehmet Kürkçü (Univ. de Paris Sorbonne)
    Les aménagements hydrauliques de Termessos.

    Anne-Sophie Rivalland (Univ. de Nantes)
    L’Asie Mineure méridionale à l’époque gréco-romaine : approche de l’histoire de la Pamphylie-Pisidie à travers l’étude urbanistique et architecturale des sites.

    Isabelle Pimouguet-Pédarros (Univ. de Nantes)
    Le système défensif de Myra-Andriaké en Lycie (fortifications et défense du territoire).

    Emmanuelle Goussé
    Epigraphie et histoire de la Cilicie Trachée (IVe siècle a.C.-VIe siècle p.C.).

    Hatice Pamir (Univ. de Hatay)
    A Central Space of Antioch on the Orontes: the 2010 campaign results in the island.

    Catherine Abadie-Reynal (Univ. de Nancy)
    Zeugma et l'Italie (Ier s. ap. J.-C.-IIIe s. ap. J.-C.)

    Anaïs Lamesa (EPHE, IFEA)
    Parcourir un espace pour étudier un mode de vie : L’archéologie des techniques, instrument pour examiner le comportement troglodytique en Cappadoce rupestre.

    L’organisation du présent volume, qui inaugure aussi les publications électroniques de l’IFEA, suit le déroulement des communications tel qu’il est donné ci-dessus.

    Enfin, je me dois de remercier ici l’entreprise TOTAL Turquie et son directeur général, Olivier Chalvon-Demersay, dont le soutien financier a été décisif pour l’organisation de ces rencontres.



    [1] Les ‘Rencontres 2011’ se sont tenues du 14 au 15 novembre 2011 et portaient sur les Pratiques, contextes et impacts des inhumations intra-muros en Anatolie, du début de l’Age du Bronze à l’époque romaine.

  • Le temple de l'oracle d'Apollon à Claros

    Jean-Charles Moretti
    Directeur de la mission archéologique française de Claros (MAEE)
    Institut de recherche sur l'architecture antique (IRAA), CNRS, MOM
    Université Lumière Lyon 2
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    Téléchargez l'article J-C. Moretti - Le temple de l'oracle d'Apollon à Claros


    Résumé : Le temple d'Apollon mis en chantier dans le sanctuaire de Claros à la fin du 4e siècle aC était un temple dorique périptère à cinq degrés de crépisdestinés à porter six colonnes sur les petits côtés et onze sur les longs. Son sékos comportait un vestibule et une cour hypèthre, où se trouvait un puits, dont l'eau était la source d'inspiration de l'oracle. Des travaux en cours au 2e siècle aC conduisirent à l'installation d'une crypte à deux salles à l'emplacement de la cour. Un couloir construit sous le pronaosy conduisait. Au-dessus de la crypte fut aménagé un naos au fond duquel fut érigé un groupe statuaire représentant la triade apollinienne. Mise en chantier à la fin de l'époque hellénistique, la colonnade de la peristasis, ne fut jamais achevée. Hadrien finança l'entablement des six colonnes de la façade et de cinq autres sur chacun des longs côtés.

    Mots clés : temple, sanctuaire, oracle, architecture grecque, ordre dorique, époque hellénistique, époque impériale, Ionie, Apollon.

    Abstract: The temple of Apollo whose construction began in the sanctuary of Claros in the late 4th century BC was a roughcast-hewn five degrees peripteral Doric temple designed for six columns on the short sides and eleven on the long ones. His sékos included a vestibule and a hypaethros courtyard, where stood a well, whose water was the inspiration for the oracle. Ongoing work in the 2nd century BC led to the installation of a two-room crypt at the location of the court. A corridor built under the pronaos led to it. Above the crypt a naos was created, at the bottom of which a group of statues representing the Apollonian triad was erected. The colonnade of peristasis, whose construction began at the end of the Hellenistic period, was never completed. Hadrian financed the entablature of the facade of six columns and five on each long side.

    Keywords: temple, shrine, oracle, Greek architecture, Doric, Hellenistic, Imperial Age, Ionia, Apollo


     

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  • Le théâtre d'Aphrodisias, espace civique et identitaire

    N. de Chaisemartin
    Université Paris-Sorbonne
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    Résumé : En tant que cite grecque, Aphrodisias a construit son théâtre au début de la période augustéenne, utilisée en tant qu'ekklesiasterion pour les assemblées publiques de la politeia. Le corpus épigraphique retrouvé dans le theâtre, comparé à quelques éléments architecturaux du monument aident à comprendre son rôle politique et civique, particulièrement en tant que mémorial de l'histoire et l'identité de la ville.

    Mots clés : Théâtre, institutions helléniques, ekklesiasterion, Carie, Phrygie, tribune, grands hommes, évergètes, mémorial, identité civique.

     

    Abstract: As an Hellenic city, Aphrodisias has built in the early Augustan age  his theatre, used as ekklesiasterion for the public assemblies of the politeia. The epigraphic corpus found in the theatre compared with some architectural features of the monument help to understand his political and civic role, particularly as memorial of the history and identity of the city.

    Keywords: theatre, Hellenic institutions, ekklesiasterion,Caria, Phrygia, forum, great men, benefactors, memorial, civic identity.


     

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  • Martin GODON (éd.), Merging Techniques & Cultures. Technological Approaches in Archaeology, Istanbul 24-25 Novembre 2015, 6e Rencontres d'archéologie de l'IFÉA

    Martin GODON (éd.), Merging Techniques & Cultures. Technological Approaches in Archaeology, Istanbul 24-25 Novembre 2015, 6èmes Rencontres d'archéologie de l'IFÉA, Istanbul, 2018. ISBN 978-2-36245-071-6

    This edition of the Sixth IFEA Archaeological Meeting presents a compilation of texts dedicated to technological approaches in material studies. The central subject of this book is to show some of the diversity of researches in this field, paying particular attention to Anthropology of techniques, methodology, and development of technological processes’ studies in Turkey. Technological choices, cultural implications and environmental or technical determinism in the development of technological processes are also discussed throughout the different articles.

    We conceived this book as an educational support for students and researchers eager to discover the Anthropology of techniques and its related research methodologies. While delivering specific examples from lithic, rock cutting, ornaments making and pottery studies, a specific care is given to the bibliographical references, some of them available in the IFÉA’s library, to help the reader develop his knowledge and accompany him further in his research.

    116 pp, pb, articles in English and French.

    • Introduction / Martin Godon 
    • Martin Godon / In the Maze of Ceramic Studies: How to Address Archaeological Productions? 
    • Orlene McIlfatrick - Jennifer Ross / Portable X-Ray Fluorescence Analysis of Middle and Late Iron Age Pottery Paint Pigments from Çadır Höyük, Yozgat Province, Central Anatolia
    • Denis Guilbeau / The Organisation of the Aegean first Farming Communities Through the Technological Study of the Chipped Stones. The Example of Uğurlu-Zeytinlik (Gökçeada Island, Turkey)
    • Jean-Claude Bessac / La Taille Rupestre en Asie Mineure Antique : Ébauche d’un Classement du Difficultes Techniques dans les Roches Sedimentaires
    • Anaïs Lamesa / Rock-Cut Tombs and Churches in Cappadocia During the Roman and Byzantine Periods. The Analaysis of Chaines Operatoires to Understand the Economy and Sociology of the Building Sites 
    • Emma L. Baysal / Chalcolithic Personal Ornaments: Transformative Technologies, Speciliazition and Long Distance Contacs
    • ANNEXES

    • Martin Godon / Bibliographic Digression Among IFEA’S Library References
    • Martin Godon / Short Multilingual Vocabulary
  • Obsidatabase : Collecter et organiser les données relatives à l’obsidienne préhistorique au Proche-Orient et en Transcaucasie

    Bastien Varoutsikos
    Harvard University
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    et

    Christine Chataigner
    Archéorient, CNRS UMR 5133
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    Téléchargez l'article sur HAL-SHSB. Varoutsikos/C. Chataigner - Obsidatabase : Collecter et organiser les données relatives à l’obsidienne préhistorique au Proche-Orient et en Transcaucasie

    Résumé :L’étude du « phénomène obsidienne » a depuis longtemps permis d’aborder les interactions entre groupes géographiquement et culturellement distants. L’accumulation des données concernant l’obsidienne préhistorique au Proche-Orient et en Transcaucasie et le développement de nouvelles techniques de caractérisation physico-chimiques ont permis la création d’une quantité considérable d’informations de natures diverses. Obsidatabase est un projet permettant la collecte et consultation de données géologiques, géochimiques et archéologiques liées à l’obsidienne préhistorique dans cette région, facilitant l’accès et le partage des informations, ainsi que leur exportation vers des Systèmes d’Information Géographique.

    Mots clés : obsidienne ; base de données ; Proche-Orient ; Levant ; Transcaucasie ; SIG

    Abstract:The study of the phenomenon "obsidian" has long made possible to address the interactions between geographically and culturally distant groups. The accumulations of data concerning the prehistoric obsidian in the Middle East and Transcaucasia, as well as the development of new techniques for physicochemical characterization have created a considerable and very diverse amount of information. Obsidatabase is a project for collecting and consulting geological, geochemical and archaeological data related to prehistoric obsidian in this region, facilitating access and sharing of information, and their export to Geographic Information Systems.

    Keywords: obsidian, database, Middle East, Levant, Transcaucasia, GIS

    La participation à cette conférence a été rendue possible par l’obtention de bourses attribuées par le Graduate Student Council ainsi que le Harvard University Anthropology Department.


     

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    Obsidatabase : Collecter et organiser les données relatives à l’obsidienne préhistorique au Proche-Orient et en Transcaucasie de B. Varoutsikos - C. Chataigner est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

  • Préface

    Allocution inaugurale de Nora Şeni
    Directrice de l’IFEA,
    aux Premières Rencontres d’Archéologie de l’IFEA
    11 novembre 2010

    Téléchargez la préfaceN. Seni- Préface

    Monsieur l’Ambassadeur,
    Monsieur le Consul Général,
    Chers collègues, chers amis,

    Je suis extrêmement heureuse de vous accueillir pour ces premières rencontres de l’archéologie en Turquie.

    Pourquoi premières rencontres ? Non pas parce qu’il n’y aurait pas eu de rencontres archéologiques auparavant entre chercheurs français en Turquie ou entre chercheurs turcs et français, mais bien parce que j’ai souhaité que ces rencontres soient organisées annuellement afin d'offrir une tribune en Turquie à l'archéologie française et à ses partenaires turcs. Ces rencontres annuelles ont pour ambition de permettre aux uns et aux autres de suivre la progression des travaux de leurs collègues, de donner à vos activités la visibilité qu’ils méritent, de favoriser le vivier de jeunes chercheurs orientant leurs recherches vers le territoire turc. Cette initiative s’inscrit au cœur de la restructuration des activités de l’IFEA autour de trois pôles (archéologie, histoire, études contemporaines) et j’ai voulu que chaque pôle organise désormais des rencontres annuelles avec les mêmes objectifs.

    En remettant au centre de ses préoccupations l’archéologie, c’est à dire vos activités, vos efforts, vos avancées, vos découvertes, l’IFEA qui fut fondé en tant qu'institut d'archéologie voici 80 ans, retrouve une place et un rôle centrale qui lui sont familiers, qui lui sont naturels, et je dirai essentiels. Cela consiste certes à animer des recherches au sein de l’Institut mais aussi à accompagner, à soutenir et à promouvoir vos projets.  Ainsi, je vous demande de ne pas hésiter à prendre contact avec nous (par l'intermédiaire d'O. Henry) afin que nous puissions voir ensemble comment l’IFEA peut aider, par ses réseaux, son expérience, à faciliter vos travaux actuels et à faire émerger de nouveaux projets.

    Le potentiel, les ressources de l’IFEA en archéologie et en histoire de l’art se son considérablement renforcées depuis 2009 : 6 chercheurs travaillent actuellement à l’institut dans votre domaine, dont une doctorante et un post-doc de l’Université d’Istanbul. Un programme ANR domicilié à l’IFEA est en cours, mené en collaboration toujours avec l’Université d’Istanbul. Et je suis particulièrement fière d’annoncer, pour l’année 2010, en plus du numéro annuel de la revue Anatolia Antiqua, cinq publications dans la série Varia anatolica, et un ouvrage coédité avec les éditions Kitapyayinevi qui réunit les traductions en turc des conférences byzantines organisées il y a quelques années par l’IFEA.

    Une autre façon pour l’IFEA d’accompagner votre travail, d’en accroître la visibilité, de l’ouvrir aux débats est de les rendre accessibles en publiant sur des archives ouvertes (calenda, revues org etc) et/ou sur le site de l’IFEA vos résultats d’étape, votre work in progress. Je vous demanderai pour cela de déposer vos rapports et documents d’étape à l’IFEA qui bénéficie, à partir de décembre 2010, des compétences d’une documentaliste à plein temps. J’ajouterai que l’IFEA organise le mois prochain pour ses chercheurs une formation audiovisuelle qui leur permettra de filmer et éventuellement de réaliser des documentaires sur leurs activités de terrain. Voyez là une compétence supplémentaire dont vos collègues de l’IFEA pourront vous faire bénéficier.

    Pour que l'IFEA préserve la mémoire de votre travail passé et futur, pour que vous participiez à la construction matérielle de cette mémoire il est aussi important que vous déposiez à la bibliothèque de l’Institut copies de vos archives passées et à venir (rapports d'activité, photos de terrain, etc.). Ces archives, qui seront bien entendu protégées, permettront aux générations futures de prendre connaissance, en détail, des travaux menés par leurs aînés.

    Ces générations futures nous devons, nous tous, les aider à voir le jour en essayant de redynamiser le vivier des jeunes chercheurs, archéologues, historiens, historiens de l'art, en Turquie. C'est, je crois, en associant nos forces, nos expériences et nos ressources que nous arriverons à développer ce vivier qui est absolument vital à la recherche française.

    Ces questions nous les aborderons ensemble et je viendrai le faire avec vous ce samedi à partir de 14:30h au cours des rencontres institutionnelles qui se tiendront dans les locaux de l'IFEA.

    Je dirai pour conclure, nous le savons tous, les conditions de la recherche sont en pleine mutation, elles n’en finissent pas de se transformer. Nous les percevons à travers les coupes budgétaires qui nous affligent, les nouvelles méthodes d’évaluation, les nouvelles réglementations qui encadrent nos activités. Mais il n’y a pas que ces aspects qui changent. L’époque est révolue où l’on faisait ses recherches dit de « terrain à l’étranger » (à l’international) – que ce soit en histoire, en sociologie ou en archéologie – comme on fait son marché, comme on remplit son panier et s’en revient, en toute indifférence pour l’environnement local et sans rien lui devoir. Cette époque là est derrière nous. Cela tient aussi à l’histoire et à la façon qu’a eu l’archéologie de se développer. Quant à « l’indifférence » dont je parlais je voudrais, pour illustrer mon propos, vous faire part d’une découverte qui m’a surprise cette année. Je consultais les notices des membres de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettreset j’ai remarqué que celle rédigée pour Louis Robert, grande figure, « icône » comme vous le savez de l’érudition en histoire de l’antiquité, qui a fondé sa gigantesque œuvre sur ses travaux en Anatolie et directeur de l’IFEA pendant huit ans, j’ai remarqué donc que cette notice ne mentionnait à aucun moment les vocables Turquie, Istanbul ou Institut français d’archéologie d’Istanbul (ancêtre de l’IFEA). Certes Louis Robert avait fouillé en « Asie mineure »… Un peu comme si l’on disait que tel archéologue contemporain travaille sur Lutèce et vit non pas à Paris, non pas en France mais en Gaule.

    Pour revenir à la mutation des conditions de la recherche, autant dans les sciences humaines qu’en archéologie, il faut bien comprendre que la figure du chercheur qui vient travailler en Turquie, année après année, pendant des décennies, sans élargir ses réseaux de partenaires, sans échanges scientifiques avec les universitaires et conservateurs des musées turcs, sans collaborations éditoriales avec eux, et sans apprendre un mot de turc cette figure là appartient au passé. J’ai une phrase, une espèce de motto pour exprimer ma position en ce domaine et je demande pardon à ceux qui m’ont  déjà entendu l’énoncer : Nous ne travaillons pas SUR la Turquie nous travaillons AVEC la Turquie.

    Je vous souhaite de très féconds travaux pour ces Rencontres.

  • Sulusaray / Sebastopolis’te ziyaretçiler için bir gezi güzergahı oluşturulmasında ilk adımlar

    Markus Kohl
    Université Lille 3[1]
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    Résumé : Dans la vallée de la rivière Çekerek, l’antique Skylax, au croisement d’anciennes et importantes routes d’ouest en est et du nord au sud s’élève un höyük aujourd’hui occupé par Sulusaray. Investigations historiques et fouilles archéologiques ont montré que le lieu était occupé au moins depuis les temps hittites et correspond à l’antique Sebastopolis/Héracléopolis. Une occupation probablement permanente peut être déduite des sources textuelles et des vestiges archéologiques.

    Le patrimoine culturel du site et de ses environs, autant du point de vue géologique et biologique, que du point de vue archéologique et architectural ainsi que urbanistique nous a inspiré le développement de quelques propositions d’aménagement touristiques. Nous avons commencé la conception de tours de visites de différents types, selon la disponibilité et les intérêts des voyageurs, et une série de panneaux signalétiques et explicatifs en adéquation. Le but étant de produire un logo identitaire du lieu, une mise en page alléchante avec des couleurs en harmonie avec la nature du site, des textes concis et aisément assimilables, des illustrations complémentaires et surtout une frise avec une échelle chronologique sur chaque panneau afin de pouvoir cerner chaque élément dans son contexte historique.

    Mots clés : Sulusaray/Tokat, patrimoine culturel, patrimoine naturel, patrimoine historique. Höyük, Hittites, Phrygiens, Grecs, Romains, Auguste, Arabes, Mongols, Seldjoukides, Ottomans, mise en valeur touristique, valorisation.

     

    Abstract: In the valley of the river Çekerek, the ancient Skylax, at the crossroads of ancient and important east-west and north-south roads stands a höyük now occupied by Sulusaray. Archaeological and historical investigations have shown that the place has been inhabited since at least Hittite times and corresponds to the ancient city of Sebastopolis / Heracleopolis. A probable permanent occupation can be inferred from textual sources and archaeological remains. The strong cultural heritage of the site and its surroundings, its interest in terms of geology, biology, archaeology, architecture and urban planning inspired us to design some proposals for tourism development. We started developing proposals for some tours in adequacy with the availability and interests of travelers, and produced a series of boards, providing at the same time signage and explanations. The goal is to create a logo identity for the place, an attractive layout with colors harmonizing with the nature of the site, concise and easily assimilable text, additional graphics and especially a frieze with a time scale at the bottom of each panel in order to identify each item in its historical context.

    Keywords: Sulusaray/Tokat, cultural heritage, natural heritage, historical heritage. höyük, Hittites, Phrygians, Greeks, Romans, August, Arabs, Mongols, Seljuks, Ottomans, touristic enhancing, valorization.



    [1] UFR des Sciences Historiques, Artistiques et Politiques, Domaine universitaire du "Pont de Bois", Rue du Barreau - BP 60149, 59653 Villeneuve d'Ascq Cedex.


     

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  • Tilbeshar, au carrefour d’échanges entre la vallée de l’Euphrate et la côte méditerranéenne à l’âge du Bronze

    Christine KEPINSKI
    CNRS, ArScAn UMR 7041
    Maison René-Ginouvès
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    Résumé: Avec une superficie maximum de 56 hectares, Tilbeshar est une ville majeure du Sud-Est anatolien à l’âge du Bronze. Elle est au centre d’un petit territoire et appartient au vaste réseau d’échanges, particulièrement actif au troisième puis début du second millénaire, qui relie entre elles différentes régions d’Orient.

    Mots clés: ville, âge du Bronze, échanges, Euphrate, Méditerranée, Mésopotamie du Nord


    Abstract: With a maximum area of 56 hectares, Tilbeshar is a major city of Southeast Anatolia in the Bronze Age. It is the center of a small territory and belongs to the vast network of exchanges, particularly active in the third and early second millennium, which interconnects different parts of the Eas

    Keywords: city, Bronze Age, exchanges, Euphrates, Mediterranean sea, North Mesopotamia


     

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  • VII Rencontres archéologiques de l'IFEA - "Preservation, Restoration, Valorisation: Diversities and Ambiguities of cultural heritage policies in urban contexts" - 22-23/11/2016

    Mardi 22 & Mercredi 23 novembre 2016 à l'IFEA
    VII Rencontres archéologiques de l'IFEA
    Organisées par Martin GODON & Clémence SCALBERT-YÜCEL
    Interventions en anglais

    Inscription avant le 21 novembre : https://www.inscription-facile.com/form/nsWxiy3B6ztc7vbIj1Kq

    "Preservation, Restoration, Valorisation: Diversities and Ambiguities of cultural heritage policies in urban contexts"

    The Seventh “IFEA Archaeological Meetings” will be held next autumn on Tuesday 22 and Wednesday 23 November 2016.
    In the frame of the “IFEA Cultural Heritage studies programme” launched in 2014, this year’s Meetings will be dedicated to cultural heritage policies in urban environments.
    How to merge local society, inhabitants, local business, together with historical heritage’s rehabilitation and valorisation? How to distinguish between protection policies, economic growth, and tourism trade?

    Our aim is to look at the diversity of researches in this field, paying particular attention to social and anthropological approaches, relationships, even conflicts, between material and immaterial heritage’s preservation.

    The Meetings will also focus on conflicts of interest upon urban material and immaterial heritage, such as political, financial, or diplomatic ones, and conflicts involving local populations, and/or historical heritage.

    Case studies will be presented from across Turkey, including cities praised by UNESCO for their Cultural Heritage values, like Diyarbakır and Gaziantep, comparative studies will be proposed, from Lebanon to France. The common thread will be to show both the complexity of cultural policies in a growing environment, the diversity of actors while enhancing the role of the civil society, through non-profit organisations and professional associations.

    Full programme coming soon

    For people wishing to come as external audience, note that for security reasons, access to the IFEA-French Palace is restricted to registered people. Remember to bring an ID for admission.

  • Zeyve höyük-Porsuk : Bilan des recherches sur les niveaux du Bronze et du Fer

    Dominique Beyer
    Université de Strasbourg, UMR 7044
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    Résumé : Ce site de Cappadoce méridionale, au pied de la chaîne du Taurus, a fait l’objet de recherches archéologiques depuis la fin des années 60. Fondé aux environs de 1600 aC, il est occupé durant toute la période hittite, celle de l’ancien royaume comme celle de l’empire. L’un des intérêts du site est de présenter également, sous des niveaux hellénistiques et romains, une occupation de l’Âge du Fer, mais dont les débuts sont encore difficiles à fixer dans le temps de manière précise, après un hiatus consécutif à la destruction violente au Bronze Récent. Les recherches les plus récentes mettent surtout en lumière l’importance inattendue de la période hittite ancienne.

    Mots clés : Cappadoce méridionale, bas pays hittite, période hittite ancienne, période hittite impériale, Âge du Fer, Âge du Bronze, fortifications, Tunna/Dunna, inscription louvite hiéroglyphique


    Abstract: This site south of Cappadocia, at the foot of the Taurus, is the subject of archaeological research since the late 60s. Founded around 1600 BC, it is a settlement throughout the Hittite period, the ancient kingdom as well as the empire. One of the site's advantages is the presence, under the Roman and Hellenistic period, of an Iron Age settlement, whose origins are still difficult to fix in time precisely, after a hiatus resulting from the violent destruction of the Late Bronze Age. The latest works show the unexpected importance of the ancient Hittite period.

    Keywords: Southern Cappadocia, Hittite low land, Ancient Hittite period, Imperial Hittite period, Iron Age, Bronze Age, Fortifications, Tunna/Dunna, Luwian hieroglyphic inscription


     

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